À l’attention du ministère de la Justice et des autorités compétentes,
Trop c’est trop. En tant que citoyens, notre patience et notre tolérance face à l’inacceptable ont atteint leurs limites.
Salah Abdeslam ose une nouvelle fois réclamer la fin de son isolement à la prison de Vendin-le-Vieil. Il ose se plaindre, prétendre que sa vie n’a plus de sens, gémir sur l'éloignement de sa famille et exiger un régime de détention plus doux. C’est une provocation de plus.
Mais moi, comme beaucoup de citoyens, j’ai une question toute simple : et les victimes, elles ?
Le 13 novembre 2015, des vies ont été détruites. Des personnes sont sorties pour boire un verre, écouter de la musique, assister à un concert, dîner entre amis ou simplement rentrer chez elles. Certaines ne sont jamais rentrées. D’autres sont revenues avec des blessures physiques et psychologiques pour toujours…
Et il y a toutes ces familles qui vivent encore avec une chaise vide à table.
Pour elles, il n'y aura jamais aucun aménagement de peine. Leur calvaire est à perpétuité.
Alors oui, le droit s'applique. Oui, il est sous verrou. Mais il ne faudrait quand même pas inverser les rôles.
Salah Abdeslam a été condamné par la République à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour ces massacres. C'est la peine la plus lourde de notre code pénal.
Comment peut-on ignorer les faits qui ont justement conduit au renforcement de ses conditions de parloir ? En novembre 2025, une clé USB contenant, selon le Parquet national antiterroriste, de la propagande djihadiste lui a été remise lors d'un parloir par son ex-compagne.
C'est un danger direct et permanent. De quel droit faudrait-il lui accorder le moindre confort, la moindre liberté au sein de la prison ?
Beaucoup disent "Il aurait mieux valu qu'on le tue"
Je comprends la colère qui peut pousser à penser cela. Mais personnellement, je ne veux pas de cette solution.
Hors de question de lui offrir cette porte de sortie. Parce que mort, Salah Abdeslam serait peut-être devenu un martyr aux yeux de ceux qui adhèrent à cette idéologie.
Je préfère qu'il soit vivant. Je préfère qu'il soit en prison. Qu'il subisse chaque jour, chaque minute, le poids d'une peine exemplaire.
Et s'il ose trouver l’isolement difficile, qu’on lui rappelle une réalité : les victimes, elles, n’ont jamais eu le choix.
Elles n'ont pas demandé à perdre un frère, une sœur, un enfant, un parent, un compagnon ou une amie.
Elles n'ont pas demandé à revivre cette nuit dans leur tête pendant des années.
Et 130 d'entre elles ne sont plus là pour demander quoi que ce soit.
Nous demandons que la protection de la société et la mémoire des victimes restent au cœur des décisions concernant Salah Abdeslam.
Son procès a déjà montré à quel point son attitude hautaine pouvait heurter les parties civiles.
Aujourd'hui encore, il demande que ses conditions de détention soient assouplies.
Nous demandons exactement l'inverse.
Une prison n’est pas un hôtel. Une peine pour terrorisme n'a pas à être confortable. La République n'a pas à plier devant les exigences d'un assassin.
Nous pensons aussi à toutes celles et ceux qui vivent encore avec les conséquences du 13 novembre 2015.
À ceux qui ont perdu quelqu'un.
À ceux qui ont été blessés.
À ceux qui ont survécu mais dont une partie de la vie s'est arrêtée cette nuit-là.
À ceux qui doivent encore apprendre à vivre avec ce qu'ils ont vu.
Nous demandons au ministère de la Justice et aux autorités compétentes de ne pas mettre fin à l'isolement de Salah Abdeslam.
Tant que la sécurité de la société l'exige, pas un pouce de terrain ne doit lui être cédé.
Nous n'oublierons jamais les 130 morts du 13 novembre, ni les survivants qui luttent encore. Pas de répit pour les terroristes.
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