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Pétition

Les gestionnaires en colère

Les gestionnaires en colère Pétition
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Auteur(s) :
Les gestionnaires en colère
Destinataire(s) :
aux gestionnaires de micro-crèche
La pétition

Micro-crèches : on nous augmente les obligations, on nous bloque les ressources, puis on nous demande de tenir.


Gestionnaires de micro-crèches, faisons entendre notre voix.


Nous ne pouvons plus accepter de financer toujours davantage d’obligations avec des ressources dont les principaux leviers restent plafonnés.


Nous avons investi, emprunté, créé des emplois et ouvert des places d’accueil. Nous avons engagé notre argent, notre responsabilité et souvent plusieurs années de notre vie. Pourtant, les conditions de fonctionnement évoluent sans que les moyens nécessaires pour maintenir nos structures suivent.


Cette pétition porte une demande claire : que les pouvoirs publics prennent enfin en compte la réalité économique des micro-crèches et nous donnent les moyens de poursuivre notre mission auprès des enfants et des familles.


Un modèle de proximité dont les conditions d’existence s’effacent progressivement.


Les micro-crèches sont apparues à titre expérimental en 2007, avant d’être intégrées au cadre réglementaire en 2010. En 2012, elles fonctionnaient déjà avec une capacité de dix places et des règles adaptées à leur petite taille.


Leur intérêt était concret : proposer un accueil de proximité, développer des solutions pour les familles et permettre l’ouverture de petites structures là où une crèche plus importante était difficile à installer.


Ce modèle reposait sur un équilibre. Des exigences de sécurité et de qualité, évidemment, mais aussi des dispositions spécifiques concernant la direction et les qualifications du personnel. La présence d’un référent technique permettait un fonctionnement différent de celui des établissements plus importants.


Nombre d’entre nous ont construit leur projet sur ce cadre.


Aujourd’hui, nos obligations sont progressivement rapprochées de celles des autres crèches, alors que nous restons de très petites structures. Chaque dépense supplémentaire doit être absorbée par un nombre limité de places. Chaque heure retirée à l’accueil pour remplir une autre mission doit être financée.


Le mot « micro » reste sur nos enseignes. La proportionnalité disparaît de nos obligations.


En 2012, un cadre adapté. Aujourd’hui, un empilement permanent.


Depuis 2021, les textes se succèdent : réforme du fonctionnement, ajustements des règles de personnel, dispositifs d’honorabilité, nouvelles procédures d’autorisation, évaluation de la qualité, organisation des inspections et renforcement des exigences de direction.


Décrets du 30 août 2021, du 30 août 2022, du 30 décembre 2022, du 28 juin 2024, du 4 mars 2025, du 1er avril 2025, du 28 avril 2025 : nous devons suivre une succession de changements, auxquels s’ajoutent arrêtés, référentiels et consignes d’application.


Tous n’imposent pas la même charge, mais tous participent à un environnement devenu plus complexe et plus instable.


La réforme de 2021 a notamment imposé un référent Santé et Accueil inclusif, avec dix heures annuelles d’intervention en micro-crèche, ainsi qu’un minimum de six heures d’analyse des pratiques par professionnel et par an. Ces dispositifs mobilisent des intervenants, du temps de travail et de l’organisation. Ils ont un coût.


Le décret du 1er avril 2025 porte le temps consacré à la direction à un demi équivalent temps plein à compter de septembre 2026, contre un minimum de 0,2 auparavant. Pour une structure qui fonctionnait au minimum réglementaire, cela représente 0,3 ETP supplémentaire à consacrer à cette mission.


Qui finance cette différence ?


Une obligation ne devient pas gratuite parce qu’elle figure dans un décret. Nos budgets n’augmentent pas parce qu’une administration nous demande une nouvelle procédure.


Le Conseil d’État a d’ailleurs annulé, le 27 mai 2026, la suppression prévue pour septembre 2026 d’une dérogation concernant certains professionnels expérimentés. Cet épisode montre aussi combien le cadre peut devenir difficile à anticiper lorsque nous devons recruter et organiser nos équipes.


Nous avons besoin de règles compréhensibles, stables et applicables, ainsi que des moyens de les respecter.


Dix euros : le plafond reste immobile pendant que nos factures augmentent.


Pour les micro-crèches PAJE, le seuil tarifaire permettant aux familles de bénéficier du complément de libre choix du mode de garde est fixé à dix euros par heure depuis le 1er septembre 2016.


Dix ans plus tard, ce seuil reste à dix euros.


Pendant ce temps, les salaires ont été revalorisés, les prix alimentaires ont fortement augmenté et les contrats d’énergie ont subi des hausses. Les loyers indexés ont également évolué.


Bien sûr, nous pouvons juridiquement dépasser dix euros. Mais si ce dépassement prive les familles du CMG, cette liberté devient, pour beaucoup de nos structures, inutilisable.


Nous accueillons des familles qui ont besoin de cette aide pour financer la garde de leurs enfants. Nous ne pouvons pas leur demander d’absorber seules les conséquences d’un financement devenu inadapté.


Nos recettes restent contraintes, tandis que les exigences qui déterminent nos dépenses augmentent.


Le résultat est prévisible : lorsque les coûts progressent plus vite que les recettes, notre marge diminue. Et lorsque cette marge disparaît, ce sont nos capacités de remplacement, d’investissement et de résistance aux imprévus qui disparaissent avec elle.


Les douze places de 2021 ne paient pas indéfiniment les charges de 2026.


Le passage de dix à douze places est entré en vigueur le 1er septembre 2021. Cela fait cinq ans. La capacité autorisée maximale de la catégorie micro-crèche reste de douze places.


Présenter encore ces deux places comme une compensation aux charges actuelles revient à ignorer notre réalité économique.


Pour les structures existantes, cette possibilité a déjà été intégrée à leur modèle lorsqu’elles ont obtenu l’autorisation nécessaire. Pour celles ouvertes directement avec douze places, elle n’a jamais constitué un gain supplémentaire : c’était leur capacité de départ.


Nous pouvons améliorer notre remplissage ou ajuster nos tarifs lorsque nous disposons encore de cette marge de manœuvre. Mais une structure déjà remplie, proche du seuil tarifaire du CMG, ne peut pas inventer de nouvelles recettes pour répondre à chaque obligation supplémentaire.


Une mesure de 2021 ne constitue pas un financement permanent de toutes les réformes suivantes.


La comparaison avec les MAM pose une question de cohérence.


Les maisons d’assistants maternels peuvent accueillir jusqu’à vingt enfants simultanément, dans le respect des agréments individuels et de leurs propres règles. Elles ne sont pas des établissements d’accueil collectif au sens du code de la santé publique et ne relèvent donc pas du même cadre que les micro-crèches. Les assistants maternels y sont employés directement par les parents.


Nous reconnaissons ces différences. Les MAM ont leurs responsabilités, leurs contraintes et toute leur place dans l’offre d’accueil.


Mais comment comprendre qu’un lieu pouvant accueillir jusqu’à vingt enfants relève d’un cadre distinct, tandis que nos structures de douze places voient leurs obligations de direction et d’organisation se renforcer ?


Nous demandons une justification claire de ces différences et une réelle proportionnalité des charges imposées à chaque modèle.


La sécurité et le bien-être d’un enfant doivent être garantis partout. La cohérence des politiques publiques doit l’être aussi.


Les PMI doivent protéger les enfants et appliquer les textes avec mesure.


Nous connaissons la nécessité des contrôles. Les manquements qui mettent les enfants en danger doivent être identifiés et corrigés.


Mais lorsqu’une prescription repose sur une préférence locale plutôt que sur une obligation clairement identifiable, lorsqu’une recommandation est présentée comme impérative ou lorsque des exigences changent selon l’interlocuteur, le contrôle devient une source d’insécurité pour nos structures.


Nous dénonçons le zèle administratif lorsqu’il ajoute des contraintes sans fondement explicite ni proportion avec le risque réel.


Chaque demande doit pouvoir être expliquée, motivée et rattachée à un texte ou à un risque précis. Nous devons pouvoir distinguer ce qui est obligatoire, ce qui est recommandé et ce qui relève de l’appréciation du service.


La viabilité de nos crèches ne doit pas dépendre de la manière dont une règle est interprétée dans notre département.


Nous devons également pouvoir exprimer nos difficultés et contester une prescription de manière argumentée, sans craindre de dégrader nos relations avec les services de contrôle.


La qualité de l’accueil nécessite des structures qui ont les moyens de fonctionner.


Des équipes stables, des professionnels accompagnés, des remplacements possibles et des locaux entretenus nécessitent des moyens.


Une structure financièrement étranglée dispose de moins de ressources pour assurer précisément ce qui lui est demandé.


Nous portons chaque jour la responsabilité de l’accueil des enfants, de l’accompagnement des familles et du maintien des emplois. Cette responsabilité doit être soutenue par un cadre économique viable.


En signant cette pétition, nous demandons aux pouvoirs publics :



  • Une revalorisation du seuil tarifaire de dix euros, accompagnée d’une adaptation des aides pour préserver l’accès des familles.




  • Une évaluation économique préalable de chaque nouvelle obligation.




  • Des financements identifiés lorsqu’une réforme impose davantage de temps de direction, de personnel ou d’interventions.




  • Une stabilisation des règles et des délais réalistes de mise en conformité.




  • Une application nationale cohérente, avec des prescriptions départementales motivées et traçables.




  • Une comparaison transparente des exigences et des financements entre micro-crèches, MAM et autres modes d’accueil.




Nos micro-crèches ont été encouragées pour créer des places, soutenir les familles et répondre à des besoins locaux. Elles ne peuvent pas devenir la variable d’ajustement d’une politique qui multiplie les exigences sans garantir les moyens de les respecter.


Les pouvoirs publics ont encouragé nos ouvertures. Ils doivent aujourd’hui assumer les conditions de notre maintien.


À force d’imposer davantage avec des ressources contraintes, ils font porter aux gestionnaires, aux salariés et aux familles le coût de leurs décisions.


Lorsqu’une micro-crèche ferme, les conséquences sont très concrètes : des emplois disparaissent, des parents perdent leur solution de garde et des enfants doivent changer de lieu d’accueil.


La responsabilité publique ne s’arrête pas à la publication d’un décret. Elle inclut ses conséquences.


Gestionnaires de micro-crèches, cette pétition nous permet de porter ensemble ces demandes et de rendre visibles les difficultés que nous rencontrons.


Signez, partagez auprès de vos équipes et des familles, transmettez à vos députés et à vos élus locaux. Faisons entendre notre voix avant que d’autres places d’accueil disparaissent.


Les gestionnaires en colère

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19 commentaires
Pauline - Le 08/10/2026 à 23:35:09
Merci, en effet c'est de plus en plus dur et nous avons du mal à voir l'avenir. D'accord également sur les MAM aucun soucis pour qu'elles existent mais il est temps de nous justifier toutes les différences très fortes. Merci
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Joelle - Le 09/10/2026 à 12:36:19
Je soutiens le savoir de ces établissements qui ont le souci du bien être de nos petits , toujours accueillants, dévoués et l écoute de nos petits
J ai entièrement confiance en leur bienveillance. Il faut qu ils puissent perdurer dans des conditions salutaires
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Sandrine - Le 09/10/2026 à 07:12:22
Surtout contre "le non-sens" de porter le temps de la direction de 0.2 à 0.5 ETP! C'est du temps en moins auprès des enfants.
Prendre les personnes titulaires du CAP AEPE comme incompétentes en leur disant qu'elles ne sont pas capables d'accueillir seules 3 enfants (à partir du 01 septembre 2027) ! Il y aurait encore pas mal de choses à dire...
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