À l'attention des élèves du Collège de Saint-Vincent.
Depuis bientôt une année scolaire, nos enseignants se battent pour défendre leur métier, leurs collègues, leurs conditions de travail et l'avenir de l'enseignement. Comme vous avez pu le remarquer, notre école est touchée depuis plusieurs semaines par les mouvements de grève. Nous avons vu nos professeurs manifester devant l'établissement, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour les générations d'élèves actuelles et futures. Car oui, nous sommes également concernés par cette réforme.
Tout d'abord, la hausse du minerval dans l'enseignement supérieur touchera prochainement de nombreux élèves, notamment les rhétoriciens et les élèves qui poursuivront des études supérieures dans les années à venir. Selon les projets annoncés, ce montant pourrait augmenter en fonction de la situation financière du ménage. Pour certaines familles, cette hausse pourrait atteindre 43 %, faisant passer le minerval de 835 € à 1 194 €. Cette situation inquiète de nombreux étudiants et parents, qui craignent de voir les études supérieures devenir moins accessibles pour une partie de la population.
Ensuite, la réforme prévoit la fin progressive des nominations des enseignants. Cette mesure pourrait rendre certains emplois moins stables et fragiliser davantage une profession déjà confrontée à une pénurie importante. De plus, certaines mesures budgétaires pourraient entraîner une réduction du nombre d'heures disponibles ou la suppression de certains postes. Derrière chaque poste supprimé se trouve un enseignant, mais aussi une relation humaine construite avec ses élèves. Les professeurs ne nous transmettent pas seulement des connaissances ; ils nous accompagnent, nous encouragent et participent à notre développement personnel. Beaucoup d'entre eux connaissent nos difficultés, nos qualités et nos progrès. Leur présence compte dans notre parcours scolaire.
Cette réforme pourrait également augmenter la charge de travail de certains enseignants. Des professeurs plus fatigués, avec davantage d'heures à assurer, risquent de disposer de moins de temps pour préparer leurs cours, aider les élèves ou organiser des remédiations. À cela s'ajoute la pénurie d'enseignants, qui pourrait encore s'aggraver si le métier devient moins attractif.
Par ailleurs, certaines économies pourraient toucher certaines options ou sections. Des enseignants craignent la fermeture de certaines formations, une diminution du nombre d'heures de cours et la perte de postes. Ces mesures auraient un impact direct sur les élèves concernés.
Mais aujourd'hui, comment cette situation nous touche-t-elle concrètement ?
Depuis plusieurs semaines, les cours sont régulièrement perturbés. Certaines matières doivent être vues plus rapidement, parfois sans pouvoir être approfondies comme elles le devraient. Pourtant, les examens approchent à grands pas. Tout le monde ne dispose pas des mêmes facilités d'apprentissage. Certains élèves sont dyslexiques, dyscalculiques ou dysorthographiques. D'autres rencontrent simplement davantage de difficultés dans certaines matières.
Il devient difficile d'assimiler correctement une matière lorsque celle-ci est interrompue ou accélérée par manque de temps. Malgré cela, les évaluations continuent et les examens porteront sur l'ensemble du programme. Certains enseignants doivent même réintégrer dans leurs révisions des matières datant de plusieurs mois afin de maintenir un examen complet.
Cette situation risque d'augmenter le stress, la pression scolaire et les inégalités entre élèves. Beaucoup craignent de ne pas pouvoir démontrer leur véritable niveau dans ces conditions exceptionnelles. Or, dix mois d'efforts, de travail et d'investissement devraient être pris en considération.
Nous comprenons et respectons les revendications de nos enseignants. Nous les remercions pour leur engagement et pour la défense de leur profession. Cependant, nous demandons également que les conséquences de ces perturbations ne retombent pas sur les élèves.
C'est pourquoi nous proposons que les examens non officiels puissent être adaptés ou supprimés dans les matières où l'élève n'est pas en échec, afin de tenir compte des circonstances exceptionnelles vécues cette année scolaire. Cette mesure permettrait de préserver l'équité tout en reconnaissant le travail fourni par les élèves tout au long de l'année.
Nous remercions une nouvelle fois les enseignants qui se mobilisent pour défendre leur métier et l'avenir de l'enseignement
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