Les épisodes de canicule se multiplient. Chaque année, ils frappent plus durement les populations les plus vulnérables.
Pourtant, certains continuent à présenter la canicule comme une épreuve qui toucherait tout le monde de la même manière.
En ce sens, le 24 juin sur le plateau de Quotidien, Yann Barthès a tenu des propos laissant entendre que face à la chaleur, nous serions tous égaux : milliardaires, ministres, cadres, travailleurs précaires, habitants de logements insalubres ou de chambres sous les toits.
Présentée apparemment sous le registre de l’humour, cette idée n’en reste pas moins profondément fausse et problématique.
Non, tout le monde ne souffre pas de la chaleur de la même manière.
Les travaux scientifiques montrent au contraire que les conséquences des canicules sont fortement marquées par les inégalités sociales.
Les personnes les plus modestes vivent plus souvent dans des logements mal isolés, parfois dans des passoires thermiques qui deviennent inhabitables en été. Elles disposent moins souvent d’équipements de rafraîchissement, d’espaces verts à proximité ou de la possibilité de quitter les zones les plus exposées.
De nombreux travailleurs exercent également leur activité en extérieur ou dans des conditions difficiles : ouvriers du bâtiment, agents d’entretien, livreurs, employés de voirie, travailleurs agricoles et bien d’autres. Pour eux, la chaleur n’est pas un simple inconfort : elle constitue un risque concret pour leur santé.
Affirmer ou suggérer que Bernard Arnault, un ministre et un habitant d’une chambre sous les toits vivent la canicule de façon comparable revient à invisibiliser ces réalités.
C’est nier l’existence des inégalités climatiques et sociales pourtant largement documentées.
Ce type de discours est d’autant plus préoccupant qu’il banalise les conséquences du réchauffement climatique.
En minimisant les différences d’exposition et de vulnérabilité, il contribue à affaiblir la prise de conscience collective nécessaire pour protéger les populations les plus touchées.
Notre demande est simple : que Yann Barthès reconnaisse publiquement que les canicules aggravent les inégalités sociales et que tout le monde n’est pas exposé aux mêmes risques face à la chaleur.
Enfin, parce qu’il semble convaincu que milliardaires, ministres et habitants de chambres de bonne vivent les canicules dans les mêmes conditions, nous demandons symboliquement la coupure de la climatisation de Yann Barthès.
Non par cruauté, mais dans un souci d’expérimentation scientifique : il est parfois utile de confronter les théories à la réalité.
Parce qu’en matière de climat, l’égalité n’est pas un slogan : c’est un combat.
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