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Pétition

Pour des conditions dignes d'hébergement d'urgence à Montpellier - Mobilisons-nous !

Pour des conditions dignes d'hébergement d'urgence à Montpellier - Mobilisons-nous ! Pétition
5.725 signatures
Avec 4 302 signatures de plus, cette pétition aura plus de chance d'être victorieuse. On y est presque !
Auteur :
Auteur(s) :
La coordination contre les coupes budgétaires - Montpellier
Destinataire(s) :
Professionel.les du secteur social et médico-social, associatif, citoyen.es, soutiens
La pétition
Pétition de la Coordination contre les coupes budgétaires ! 

Nous, salarié-e-s du secteur social et médico-social, citoyen-ne-s solidaires ou personnes concernées par ces problématiques, nous revendiquons :

● que chaque adulte et enfant puisse bénéficier d’un logement, en commençant par la création de 1 468 places d'hébergement d’urgence salubres et dignes afin de rattraper le sous-équipement structurel du département de l’Hérault.

● qu’il y ait une transformation des 1000 places de mises à l'abri à l’hôtel dans le département de l’Hérault en 2000 places d’hébergement pérennes, dignes et salubres, au même coût.

● que chaque personne, en situation de précarité, puisse bénéficier d’un accompagnement social et médical de qualité.

● que chaque personne puisse bénéficier d’un hébergement inconditionnel sans remise à la rue.

● que chaque personne puisse accéder à des soins remboursés.

● qu’il y ait des représentant.es des salarié.es et des personnes accompagnées associées aux prises de décisions de notre secteur.

● que les salaires de notre secteur soient rehaussés avec un premier échelon au niveau du SMIC.

● que les 18 jours de congés trimestriels permettant de compenser la pénibilité du travail soient étendus à tous les salarié.es du secteur.

Quel que soit notre engagement personnel, notre employeur, notre appartenance ou non à un syndicat, nous refusons de rester silencieux.ses face à la dégradation constante des conditions de vie et d’accompagnement imposées aux personnes que nous avons pour mission de soutenir. Nous ne tolérons pas la précarisation des salarié.es du social et du médico-social.

Par la signature de cette pétition, des mouvements de sensibilisation, des mouvements sociaux ou des actions judiciaires pour faire respecter les droits des personnes, nous souhaitons contribuer, dans une démarche humaniste et engagée, à transformer notre modèle sanitaire et social.

Contact : [email protected]


                        TRIBUNE POUR DES CONDITIONS DIGNES FACE AU SANS ABRISME


« Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. »
Code de l’action sociale et des familles, article L345-2-2

L’hébergement d’urgence est un droit inconditionnel pour les personnes vulnérables. C’est même une liberté fondamentale, consacrée par le Conseil d’Etat. Et pourtant.
En juillet dans l’Hérault, le 115 a reçu en moyenne 225 demandes d’hébergement d’urgence par jour ; 85% de ces demandes n’ont pas été pourvues. Fin août, à quelques jours de la rentrée, 234 enfants se trouvaient à la rue avec leurs familles en Occitanie, un chiffre en hausse de 18% en un an.

Comment répondre à ces situations quand notre département, qui est le 7e plus pauvre de France, est parallèlement un des moins bien dotés en termes d’hébergement d’urgence ? Victime d’un sous investissement chronique en la matière, il dispose de 1,4 place pour 1 000 personnes. C’est moitié moins que la moyenne nationale (3 pour 1 000), déjà insuffisante pour répondre aux besoins.

Pour combler le retard, il faudrait créer 1 468 places dans l’Hérault. En réponse à ce besoin criant, les services de l'État ont décidé au contraire d’en supprimer.
Ainsi, à Montpellier, Coallia va devoir fermer le Centre d’accueil d’urgence de nuit (CAUN) dès le 1er octobre prochain. Quarante places vont ainsi disparaître. En juin, le centre d’hébergement des Rives du Lez de Gammes a perdu 20 places. Bien qu’un certain flou soit entretenu par les autorités de tutelle, d’autres fermetures semblent bel et bien programmées dans les mois à venir.

Non content de fragiliser le dispositif d’hébergement, l’Etat coupe également dans les budgets dédiés à l’accompagnement des plus fragiles. Début juin a ainsi été annoncé l’arrêt brutal, avec effet au 30 juin, du financement dédié à l’accompagnement des 18-25 ans à la rue, un dispositif grâce auquel 4 salariés accompagnaient 600 jeunes en grande précarité sociale.

Face au poids de la dette publique, l’Etat doit faire des économies, nous répète-t-on. Mais le fait-il seulement à bon escient ? En remplaçant le recours à l’hôtel par des places d’hébergement pérennes, il serait possible d’héberger deux fois plus de personnes à coût constant et dans des conditions d’accueil plus dignes. Cela viendrait également diminuer les durées de prise en charge.
En 2025, une mission conjointe des inspections générales des Finances, des Affaires sociales, et de l’Administration, chargée par le Premier Ministre de trouver des pistes d’économies, se prononçait contre une diminution du parc de l’hébergement d’urgence. Elle mettait en évidence le décalage entre le besoin et l’offre, qui contraint déjà “à définir des critères de priorité d’accès restrictifs, reposant sur une analyse de la vulnérabilité des demandeurs parfois poussée à l’extrême”.

Ce rapport rappelait aussi utilement que l’hébergement d’urgence permet d’éviter des coûts de prise en charge “plus importants supportés par d’autres services publics, notamment l’hôpital”. Car oui, ne pas loger, ne pas accompagner les personnes sans-abri coûte au final plus cher à la société !

Quand l’équipe du 115 doit prioriser, chaque jour, entre des situations plus dramatiques les unes que les autres, quand les travailleurs.ses sociaux.ales croulent sous le nombre de ménages accompagnés, ce sont aussi les professionnel.les qui souffrent. Des professionnel.les diplômé.es, à bac+2, +3, +5 parfois, dont les salaires n’ont pas suivi l’inflation : les quatre premiers échelons de nos conventions collectives sont inférieurs au Smic. Un comble : de nombreux collègues en début de carrière se retrouvent eux-mêmes en situation de précarité et sans logement stable !

Le manque de moyens et de réponses à donner, les conditions de travail dégradées favorisent un turn over massif, déjà pointé en 2023 par le Livre blanc du travail social. Les arrêts maladie répétés succèdent aux démissions et aux burn-out.

Face à une détresse sociale qui s’intensifie, les choix financiers et politiques actuels fragilisent profondément notre secteur. Cette réalité affecte le champ de l’hébergement d’urgence comme de nombreux domaines de l’intervention sociale et médico-sociale : protection de l’enfance, accompagnement des demandeurs d’asile, prévention spécialisée, …

Ces choix, au-delà des conséquences concrètes pour les personnes que nous accompagnons, nous les interprétons non plus seulement comme une remise en cause progressive mais comme une volonté clairement assumée de démantèlement du travail social.

Il est plus que temps, pour l’ensemble des acteurs concernés, de se mobiliser. Du 30 juin au 18 août, les salarié.es du Samu social de Paris ont dénoncé le manque de places d’hébergement d’urgence et leurs conditions de travail dégradées. Au fil de ces 57 jours de grève, en occupant leurs locaux et l’espace public avec le soutien de nombreuses personnes à la rue, ils ont montré la voie.

La Coordination contre les coupes budgétaires dans le social, qui réunit professionnel.les, bénévoles et personnes accompagnées, soutient les mouvements de grève à commencer par ceux du 15 et du 29 septembre prochains. Elle appelle à amplifier le mouvement par toute action d’interpellation des citoyen.nes, des politiques et des pouvoirs publics.
Cette mobilisation apparaît comme le sursaut nécessaire pour défendre le cœur de nos métiers et de nos engagements, pour rappeler leur nécessité vitale, ainsi que le sens et les valeurs républicaines qui fondent notre action auprès des personnes les plus vulnérables.


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34 commentaires
Coralie - Le 10/09/2026 à 16:05:08
Je signe cette pétition parce que l’hébergement est un droit et que personne ne devrait être contraint de dormir à la rue, encore moins des enfants.

Les coupes budgétaires dans le social ne sont pas des économies : elles aggravent la précarité et fragilisent celles et ceux qui accompagnent au quotidien les personnes les plus vulnérables.

Soutien plein et entier à cette mobilisation.
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Jacques - Le 10/09/2026 à 08:33:41
Je signe parce que je suis scandalisé par les conditions d'accueil et d'accompagnement des publics fragiles, qu'ils soient migrants ou non. Pour avoir hébergée des migrants, je sais quelles galères les attendent !
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Murielle - Le 09/09/2026 à 19:04:09
La priorité des priorités : assurer ce droit fondamental d'un hébergement inconditionnel pour assurer tous les autres. Droit la santé, droit à l'éducation, droit à la dignité... Il y urgence à s'occuper de logement et réouvrir des places d'hébergement d'urgence. Cet été a été un désastre.
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