Nous sommes une dizaine d'habitants et d'habitantes à vivre dans un camping de la vallée de Drôme depuis plusieurs années. Dès le départ du projet et le rachat du terrain, le gérant a fait le choix de consacrer une partie des emplacements à l'accueil de personnes rencontrant des problèmes de logement plus ou moins critiques. Mais le 20 mars, la justice a ordonné au propriétaire de démanteler entièrement le site et d’exécuter la décision sous trois mois.
Nous sommes bouleversés et inquiets. Nous nous retrouvons expulsés de fait, sans procédure effective de relogement ni avis clair pour les habitants. Nous sommes des victimes collatérales et oubliées d'une bataille urbanistique. Ce qui nous révolte, c'est le choix du juge d'assujettir sa décision d'une exécution provisoire, ce qui rend l’appel inutile. La justice a choisi de détruire, puis de se demander plus tard s'il fallait détruire ! Trois mois, c'est bien trop peu de temps pour trouver un logement dans cette vallée qui connaît une crise du logement importante et reconnue.
Nous demandons l’annulation immédiate de cette exécution provisoire. Cette demande vise à protéger les droits et la dignité des personnes qui vivent sur ce site. Elle vise aussi à permettre à notre propriétaire d'exercer son droit à un recours effectif en appel, avec suspension de toute démolition tant que le litige n’est pas tranché. Si nous restons chez nous jusqu'à l'appel, le préjudice pour la mairie est nul. Si en revanche, les infrastructures du camping sont détruites, le préjudice pour les habitants comme pour le gérant est énorme !
Nous demandons que les juridictions compétentes suspendent l’exécution provisoire jusqu’à l’issue de l’appel. Nous demandons que le tribunal statue sur une mesure conservatoire permettant au propriétaire de se défendre et à nous, d’obtenir un délai raisonnable pour trouver une solution. Il y a notamment parmi nous un retraité souffrant de la maladie d'Alzheimer et placé sous le régime de curatelle renforcée. Nous voulons rappeler à la justice qu'il est illégal d'expulser un majeur protégé sans en être passé par le juge des tutelles. Nous voulons aussi rappeler à la justice que nos mobil-homes ne sont pas de simples meubles. Ce sont nos foyers. Enfin, nous souhaitons que les communications aux habitants soient obligatoirement formalisées pour éviter des expulsions indirectes et un flou juridique aux conséquences graves pour les familles concernées. En somme, nous voulons être reconnus dans cette affaire.
Ensemble, appelons les élus et les magistrats à entendre notre détresse, et rappelons-leur que ce n'est pas en mettant à la rue dix personnes qu'ils honorent leur engagement à servir le peuple !
Signez et partagez cette pétition pour obtenir l’annulation de l’exécution provisoire en attendant l’appel. Signez-la aussi pour soutenir ceux qui trouvent des solutions là où les services publics ont échoué, mais qui se heurtent à des administrations délétères. Car le logement est un droit et le délai de trois mois est absolument insuffisant pour reloger dix personnes dans notre vallée.
Merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent et qui nous soutiendront !
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