LETTRE OUVERTE DU PEUPLE DE L'OMBRE : Quand le strass du District étouffe le sifflet des terrains
Camarades arbitres, amoureux du football amateur, ouvrez les yeux.
Regardez notre cher Président du District 47. Admirez-le sur nos écrans. Voyez-le se mettre en scène, grandiloquent, grand défenseur des arbitres devant l’éternel. Écoutez-le proclamer à qui veut l'entendre qu’il nous aime, qu’il nous protège, qu’il est notre bouclier. Tout cela n'est qu'un mirage numérique. Une communication bien huilée pour servir ses propres desseins. Car derrière les sourires de façade et les publications flatteuses, la réalité du terrain porte le goût amer de la trahison.
En fin d'année dernière, dans le secret des bureaux, une décision est tombée comme un couperet.
Rappelez-vous : jusqu’alors, chaque arbitre avait un droit fondamental, un rempart de justice : un forfait kilométrique minimal garanti de 26,76 €. Une sécurité financière assurée pour tout déplacement allant jusqu'à 60 km aller-retour autour du domicile (sur une base de 0,446 € / km), même si le match se jouait à votre porte. C'était le strict minimum pour que notre passion ne nous coûte rien. C'est terminé. Rayé de la carte.
Et quelles excuses ose-t-on nous servir ? Monsieur le Président s'est lâchement abrité derrière les lois de la fiscalité française. Pire encore, il a osé affirmer sans trembler que l'indemnité de 0,446 € du kilomètre ne serait pas réévaluée sous prétexte « qu'il n'y avait pas d'inflation cette année ».
Mais Monsieur le Président, dans quel monde parallèle vivez-vous ? Regardez les stations-services ! Le gasoil subit une flambée historique et culmine au-dessus des 2,40 € le litre ! Comment pouvez-vous ignorer la détresse de vos bénévoles ?
La réponse est simple : vous ne vivez pas dans le même monde que nous.
Pendant que nos arbitres comptent leurs centimes pour se rendre sur un match de village, vous arpentez les routes du Lot-et-Garonne à bord d'une magnifique voiture de fonction, toute neuve et fièrement floquée du logo du District. Un véhicule de luxe financé par les cotisations de nos petits clubs, par le sponsoring et les subventions de la FFF.
Pendant que nous subissons les sifflets sous la pluie, vous savourez le grand train de vie que vous offrent vos responsabilités. Vos réseaux sociaux débordent de vos privilèges : voyages officiels au Stade de France pour les finales Lens-Nice ou PSG-Reims, matchs d'exception comme France-Ukraine en futsal, soirées VIP au Matmut Atlantique ou à Lorient contre le TFC... Sans oublier les séjours dorés à Clairefontaine ou les congrès de l'ANDPF, où vous affichez sans pudeur les hôtels luxueux qui vous logent et les magnifiques cadeaux qui attendent votre épouse et vous-même dans vos chambres. Pourquoi se priver quand le football amateur régale ?
Vous n’êtes plus un bénévole investi au grand cœur. Vous êtes devenu un politicien de salon. Et la politique vous connaît bien, vous qui figuriez sur la liste Marmande Avenir lors des municipales de Marmande – une liste qui a arraché trois sièges au conseil municipal. Attention à ne pas jouer sur tous les fronts, car le cumul des ambitions finit toujours par aveugler.
Monsieur le Président, si vous aimez tant les arbitres, pourquoi cherchez-vous à les dégoûter et à tuer les vocations en rognant sur leurs indemnités ?
Où est passée votre légendaire impartialité ? Est-il digne d'un grand patron du football de descendre en personne dans le vestiaire des arbitres, lors du match sous haute tension entre Sainte-Livrade et le FC Savérien, pour exiger de l'arbitre central un carton rouge contre un joueur de Sainte-Livrade ? Était-ce pour favoriser votre fidèle ami et colistier du District, qui se trouve être le président du club adverse ? Ce même club qui, malgré le non-respect flagrant des obligations pour figurer en championnat départemental, bénéficie d'une impunité totale là où d'autres clubs ont vu leur montée historique brisée quelques années plus tôt pour les mêmes raisons.
C'est la politique du deux poids, deux mesures. Soit vous êtes du côté du pouvoir et protégé, soit vous êtes écrasé. Nous n’oublierons pas non plus vos interventions directes lors des tests physiques officiels pour repêcher et protéger des visages chers à votre cœur.
Le peuple du sifflet est fatigué d'être la variable d'ajustement de vos privilèges. Nous exigeons le rétablissement immédiat du forfait minimal garanti et une revalorisation nette des indemnités kilométriques pour TOUS les déplacements. Il est temps de partager le gâteau.
Sachez-le : le spectre d'une grève générale des arbitres plane désormais au-dessus de votre tête. La presse locale se fera un plaisir de vous remettre au centre de l'attention, mais cette fois-ci, ce sera pour votre gestion désastreuse et non pour vos selfies de gala.
Et si cette lettre ouverte reste anonyme, ce n’est pas par lâcheté. C'est parce que dans votre système, tout le monde sait qu'il est extrêmement dangereux de se mettre en travers de votre chemin. Les représailles et les suspensions arbitraires guettent quiconque ose lever la voix.
Mais le silence est rompu. La révolte est en marche. Arbitres, signez, partagez, relevez la tête !
Vous êtes sûr ? Votre mobilisation est importante pour que les pétitions atteignent la victoire !
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