En tant qu’élève de 4ème année de l’Athenée Royal Air Pur de Seraing, je vais vous ouvrir les yeux sur ce que les élèves subissent réellement.
Cette année scolaire 2025-2026 se termine dans le chaos. Entre les nombreux jours fériés, les grèves du TEC, les multiples grèves de l’enseignement et maintenant une grève qui se prolonge jusqu’à la période des examens, notre année a été constamment perturbée.
Je comprends les enseignants qui manifestent pour défendre leurs droits et pour être entendus. Mais aujourd’hui, qui écoute les élèves ?
Depuis des mois, nous accumulons du retard. Des matières n’ont pas été vues entièrement. Les questions que nous avons restent parfois sans réponse. Les lacunes s’installent dans presque toutes les matières. Et pourtant, c’est nous qui allons être évalués comme si l’année s’était déroulée normalement.
Certains nous diront que nous pouvons contacter nos professeurs via Teams. Pourtant, dans la réalité, nos questions ne reçoivent pas toujours de réponse. Et même lorsqu’une réponse est donnée, quelques messages écrits ne remplacent pas une véritable explication en classe. Il est souvent difficile de comprendre une notion complexe sans les exemples, les démonstrations et les échanges qui permettent réellement d’apprendre. Nous ne pouvons pas être laissés seuls face à nos difficultés puis être évalués comme si l’enseignement avait été assuré normalement.
Il y a quelques jours, on nous disait que les examens pouvaient être suspendus. Puis, deux jours plus tard, on nous annonce finalement qu’ils auront bien lieu. Comment est-ce possible ? Comment peut-on demander à des élèves de se préparer correctement alors que nous sommes encore en pleine grève ?
Les réunions pour décider si nous aurons ou non les examens se font dans le silence total. Nous sommes les principaux concernés, et pourtant nous ne savons rien. Nous ne sommes même pas informés des décisions en cours. Nous pourrions apprendre si les examens ont lieu seulement la veille, sans avoir eu le temps de nous préparer correctement. On nous laisse dans une incertitude totale, sans aucune visibilité ni organisation claire.
Nous n’avons même plus nos périodes de révision. Certains n’ont pas reçu toute la matière. D’autres n’ont aucun moyen de poser leurs questions aux professeurs. On nous demande de nous débrouiller seuls face à des chapitres parfois incomplets, face à des cours que nous n’avons pas eu l’occasion de voir correctement.
Dans ces conditions, nous estimons que la tenue des examens n’est ni juste ni raisonnable. Comment pouvons-nous être évalués sur une matière que nous n’avons parfois pas terminée, ou sur des chapitres qui n’ont jamais été expliqués correctement ? Maintenir les examens malgré les nombreuses perturbations de cette année revient à ignorer la réalité vécue par les élèves.
Nous demandons donc l’annulation des examens de cette fin d’année. Nous ne refusons pas l’évaluation par facilité ou par manque de travail. Nous demandons simplement que les décisions prises soient cohérentes avec la situation exceptionnelle que nous avons traversée. Évaluer les élèves comme si l’année s’était déroulée normalement serait injuste et ne refléterait ni notre investissement ni les obstacles qui nous ont été imposés pendant des mois.
Est-ce vraiment juste ? Est-ce vraiment normal ? Est-ce cela, l’égalité des chances ?
Aujourd’hui, nous ne demandons pas des privilèges. Nous demandons simplement des conditions d’évaluation justes et cohérentes avec la réalité que nous avons vécue cette année.
Alors oui, nous sommes en colère. Oui, nous sommes inquiets pour notre avenir et pour nos résultats. Parce que lorsque nous échouons, ce sont nos bulletins qui parlent. Mais personne ne voit toutes les difficultés qui nous ont été imposées pendant des mois.
Nous refusons de rester silencieux. Nous refusons que notre voix soit ignorée. Il est temps que les élèves soient enfin entendus. Il est temps que nos difficultés soient reconnues et que des décisions justes soient prises. Notre demande est simple : l’annulation des examens de cette fin d’année afin que les élèves ne soient pas pénalisés pour une situation qu’ils n’ont ni choisie ni provoquée.
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