Sur les conseils de l’ALMA, association spécialisée dans la lutte contre les maltraitances envers les personnes âgées et adultes vulnérables, un dossier a été transmis à l’Agence régionale de santé (ARS), au début du printemps. En cause, de sérieuses suspicions de maltraitance à l’Ehpad Marescot, établissement public accueillant une centaine de résidents à Vimoutiers (Orne).
Mais qu’en est-il vraiment ?
« J'aurais démissionné coûte que coûte »
A l'origine de l'alerte, Caroline Bigot, aide soignante depuis 9 ans au sein de la structure. Une professionnelle « a bout », mise en disponibilité début avril.
« J'aurais démissionné coût que coûte. On finit par devenir maltraitants malgré nous. Je rentrais chez moi le soir, je n'en dormais plus, relate-t-elle.
Selon caroline Bigot, la situation se serait fortement dégradée après la crise Covid. « On avait obligation de faire autrement, avec des méthodes différentes. Mais depuis, on n'a jamais vraiment retrouvé des conditions normales », évoque -t-elle soulignant des effectifs insuffisants, un manque de matériel et des pratiques qu'elle considère comme indignes.
Des signalements laissés sans réponse
La goutte d'eau ? Le cas d'une résidence en grande souffrance, atteinte d'un sévère problème dermatologique. Douleurs, insomnie, comportement qui, au fil des jours, devient agressif, lié à ce qu'on nous décrit comme « un manquement aux soins prescrits ».
Caroline assure avoir alerté la médecin coordonnatrice à ce sujet, sans réponse adaptée. « Elle m'a rapelé que c'était normal de souffrir à son âge puis m'a dit, vous ne voulez pas qu'on l'euthanasie non plus ? », rapporte l'aide soignante.
Caroline Bigot dit avoir multiplié les signalements en interne. Infirmières, cadre de santé, médecin coordonnateur, service RH, direction... Autant de niveaux hiérarchiques sollicités, sans retour.
« On remplit des feuilles d’événements indésirables, mais rien ne change », déplore-t-elle.
On m'a parlé d'elle comme d'un animal...
Un système d'alerte défaillant
Dans le dossier transmis à l'ARS, caroline Bigot à joint plusieurs de ces documents. L'un d'eux porte sur une défaillance du système d'alerte.
Les sonnettes de mon service ne fonctionnent plus depuis 2018. Une lumière rouge apparaît dans le couloir, mais pas de bip sur les téléphones. On n'est pas suffisamment regarder si la lumière s'allume ou pas.
Le problème a été mentionné, par mail, aux ressources humaines et à la direction de l'établissement qui auraient, en retour, « prétexté un coût de réparation trop élevé ».
Le lien de l'article :
https://actu.fr/normandie/vimoutiers_61508/privations-et-suspicions-de-maltraitance-a-lehpad-une-aide-soignante-de-lorne-saisit-lars_62780811.html
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