Je m'appelle Michel Sinot. À l'automne 2024, j'ai perdu mon épouse, Liliane, âgée de 82 ans et handicapée à 80 %. Elle ne s'est pas éteinte paisiblement de sa maladie : elle a été emportée au terme de semaines de défaillances, de négligences inadmissibles et de pressions institutionnelles qui me hantent chaque jour.
Après le classement sans suite de ma plainte et le silence méprisant de l'Agence Régionale de Santé (ARS) malgré mes courriers recommandés, j'ai refusé de baisser les bras. En échangeant autour de moi, j'ai compris une vérité insupportable : le cauchemar que Liliane et moi avons vécu à Rodez se répète chaque jour, dans l'ombre, aux quatre coins de la France.
Avant son hospitalisation le 18 septembre 2024, Liliane vivait à la maison. Elle avait ses difficultés, mais elle me souriait, parlait et mangeait ses repas avec l'aide quotidienne de nos soignantes à domicile.
En l'espace de deux semaines en milieu hospitalier et en EHPAD, son autonomie a été littéralement anéantie :
La suppression brutale des soins et des repas : Alors que son médecin traitant réclamait un séjour en Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) pour la maintenir en forme, l'hôpital s'y est opposé. Plus de kinésithérapie, arrêt de l'accompagnement patient pour la faire manger : en quelques jours, on lui a fait perdre le réflexe de déglutition et la parole.
Une négligence corporelle révoltante : On a laissé la fenêtre de sa chambre grande ouverte par une nuit de gel. Au matin, j'ai retrouvé mon épouse congelée, les jambes et les genoux bleus sous une pauvre couverture légère, sans que personne n'ait réagi.
L'accélération par la morphine : Plutôt que de stimuler et d'alimenter une femme qui demandait à vivre, on l'a placée sous perfusion continue de morphine jour et nuit à haute dose, la faisant basculer rapidement dans un état végétatif irréversible.
L'intimidation des familles : Dès que j'ai voulu faire respecter les prescriptions de notre médecin de famille, on m'a menacé d'un signalement au procureur de la République pour forcer l'entrée directe en EHPAD.
Pourquoi ce combat dépasse mon histoire personnelle
La souffrance de mon épouse n'est pas une simple erreur locale : c'est le symbole d'un système de santé à bout de souffle qui, faute de temps et de moyens, choisit trop souvent la facilité de la sédation précoce plutôt que l'effort de l'accompagnement humain.
Nos aînés dépendants ne sont pas des lits qu'il faut libérer d'urgence. Leurs proches ne sont pas des gêneurs qu'on a le droit de menacer de tutelle ou de poursuites judiciaires dès qu'ils osent poser des questions légitimes.
Aujourd'hui, je prends la parole pour Liliane, mais aussi pour vous tous : pour vos pères, vos mères, vos grands-parents et pour chacun d'entre nous demain.
Ce que nous réclamons d'urgence aux pouvoirs publics :
Un contrôle national et systématique des sédations en gériatrie : Rendre obligatoire un double avis médical extérieur et une concertation formelle avec la famille avant toute mise sous protocole morphinique lourd ou sédation continue chez une personne âgée vulnérable.
L'interdiction formelle de l'abandon de soins : Sanctionner les établissements qui interrompent unilatéralement la kinésithérapie de maintien ou l'aide active à l'alimentation des aînés sans motif médical impérieux.
La fin de l'intimidation administrative des aidants : Mettre en place une protection juridique des familles interdisant aux cadres de santé ou aux assistantes sociales de brandir la menace d'un signalement judiciaire pour contraindre un proche à accepter un placement non souhaité.
La création d'une cellule de contrôle indépendante des ARS : Un organe rattaché directement au Défenseur des Droits, habilité à diligenter des inspections inopinées sous 72 heures dès qu'une famille signale une maltraitance ou une négligence grave.
Ne laissons plus nos anciens mourir dans l'indifférence et le froid d'une chambre d'hôpital.
Signez et partagez cet appel citoyen pour faire entendre notre voix, briser le mur du silence et exiger la dignité pour tous nos aînés.
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