Madame Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, députée au parlement du Myamar,
Monsieur Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères,
Messieurs et Mesdames, Conseillers au Conseil de Sécurité de l'ONU,
Messieurs les Présidents et Madames les Présidentes d'associations et organisations des Droits de l'Homme,
Depuis la prise du pouvoir par la junte militaire, en 1962, les déplacements forcés et les persécutions des minorités ethniques sont un phénomène courant en Birmanie.
Les Rohingyas, minorité musulmane convertie au XVième, installés dans l’État de l’Arakan (ou Rakhin), sont une des cibles privilégiées du pouvoir birman qui a nié leur nationalité et les considèrent comme immigrés clandestins.
En effet, une loi promulguée en 1982 a déchu les membres de cette minorité de leur citoyenneté, les transformant en apatrides et étrangers dans leur propre pays.
En 1978, 200 000 d'entre eux ont fui la Birmanie et se sont réfugiés au Bangladesh, afin d'échapper aux persécutions lancées lors d’un recensement.
En 1991-1992, un deuxième exode eut lieu. 260 000 Rohingyas fuirent pour éviter leur enrôlement dans des travaux forcés.
Depuis le mois de mai 2012, les persécutions contre les Rohingyas se multiplient. La communauté bouddhiste, majoritaire dans l’Arakan, poussée et appuyée par les autorités militaires, empêche l’acheminement des denrées alimentaires et produits de première nécessité vers les villages.
Assassinats et viols sont commis dans l’impunité.
Des mosquées et des villages entiers sont brûlés.
Ces exactions, menées sur les 800 000 Rohingyas résidant encore dans leur pays d’origine, constituent un véritable génocide.
Les Rohingyas qui tentent de joindre le Bangladesh frontalier sont refoulés. Ce pays est déjà saturé des migrations précédentes et ne peut les recevoir.
Cette situation intenable risque de dégénérer en un conflit entre les deux États voisins.
Nous appelons les différentes associations et organisations des droits de l’homme afin qu’elles exigent que ces endroits soient visités par des médias indépendants et des équipes d’investigation, car aucun groupe humanitaire n’a accès aux réfugiés Rohingyas.
La répression qui s’abat sur cette minorité s’est horriblement accrue depuis le lancement de réformes soutenues par Washington, et la visite de Mme Hillary Clinton.
Nous demandons à toutes les instances de faire pression sur le gouvernement birman afin que cessent le massacre de cette minorité qui est, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, la plus persécutée au monde.
Nous demandons à Mme Aung San Suu Kyi, Députée, et Secrétaire Générale de la L.N.D, d’intervenir au Parlement birman pour abroger la loi qui dénie leur citoyenneté birmane aux Rohingyas.
Nous demandons à Mr Laurent Fabius, Ministre des Affaires Étrangères, et à Mrs et Mmes les conseillers au Conseil de Sécurité de l’ONU de provoquer une résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU qui condamne la crise humanitaire que constitue le massacre des Rohingyas et qui prenne toutes mesures qui contraindraient efficacement le régime birman.
Dans l'attente veuillez agréer, Messieurs et Mesdames, l'expression de ma considération.