Nous, citoyennes et citoyens de Belgique, demandons que les efforts imposés à la population s’accompagnent immédiatement d’une réforme profonde des conditions dans lesquelles nos ministres exercent le pouvoir.
Avant de demander encore davantage aux travailleurs, aux familles, aux malades, aux demandeurs d’emploi, aux indépendants, aux enseignants ou aux pensionnés, nous demandons aux responsables politiques d’appliquer à eux-mêmes les principes de sobriété, de responsabilité et de transparence qu’ils imposent à la population.
1. UN SALAIRE PLAFONNÉ À 2 500 € NET PAR MOIS
Un ministre doit pouvoir vivre avec un salaire comparable à celui avec lequel des millions de citoyens doivent payer leur logement, leur alimentation, leur énergie, leurs transports et leur famille.
Un mandat. Un salaire.
2. UN SEUL MANDAT — AUCUN CUMUL
Être ministre est une fonction à temps plein.
Nous demandons l’interdiction du cumul de mandats rémunérés pendant l’exercice d’une fonction ministérielle.
Nous demandons également qu’un ministre ne puisse parallèlement exercer des activités rémunérées de consultant, de conseiller ou toute autre activité privée susceptible de créer un conflit d’intérêts.
On ne peut pas servir simultanément l’intérêt général et multiplier les intérêts particuliers.
3. MAXIMUM 10 ANS DE FONCTIONS MINISTÉRIELLES
Nous demandons qu’une personne ne puisse exercer des fonctions ministérielles pendant plus de dix années cumulées.
La politique doit être un service temporaire rendu à la collectivité.
Le pouvoir ne doit pas devenir une situation acquise à vie.
4. PLUS AUCUN PRIVILÈGE NON STRICTEMENT NÉCESSAIRE
Pas de voiture privée payée par la collectivité.
Pas de courses personnelles.
Pas d’abonnements privés.
Pas de voyages personnels.
Pas de dépenses familiales.
Pas de frais privés transformés en frais professionnels.
Les moyens nécessaires à la sécurité ou à l’exercice concret de la fonction restent évidemment pris en charge.
Pour le reste :
un ministre reçoit son salaire et paie sa vie avec son salaire. Comme les citoyens auxquels il demande de faire des économies.
5. PAS D’ÉCOLE PRIVÉE PAYANTE POUR LES ENFANTS DES MINISTRES PENDANT L’EXERCICE DE LEUR FONCTION
Nous demandons que les responsables qui décident de l’avenir de notre enseignement restent directement confrontés à la réalité du système qu’ils organisent.
Pendant l’exercice d’une fonction ministérielle, nous demandons donc que leurs enfants ne soient pas inscrits dans un établissement scolaire privé payant permettant de se soustraire au système d’enseignement accessible à la population.
Ceux qui décident de l’avenir de l’école doivent avoir confiance dans l’école qu’ils construisent pour nos enfants.
6. UN CONTRÔLE PUBLIC ANNUEL DES COMPTES DU POUVOIR
Une fois par an, des experts financiers et budgétaires indépendants doivent analyser les dépenses des gouvernements et cabinets ministériels.
Salaires.
Cabinets.
Voitures.
Chauffeurs.
Voyages.
Déplacements.
Frais de représentation.
Consultants.
Marchés externes.
Avantages.
Tout.
Et cette analyse ne doit pas être enterrée dans un rapport de centaines de pages que presque personne ne lira.
Nous demandons qu’elle soit présentée et expliquée publiquement sur les chaînes nationales de service public, dans un langage compréhensible par tous.
Combien avons-nous dépensé ?
Pour quoi ?
Quelles dépenses ont augmenté ?
Quelles économies ont été réalisées ?
Quels avantages ont été accordés ?
Et surtout :
pendant que l’on demandait aux citoyens de faire des économies, quelles économies le pouvoir a-t-il faites sur lui-même ?
7. UNE TRANSPARENCE ACCESSIBLE TOUTE L’ANNÉE
Les citoyens ne devraient pas devoir être journalistes d’investigation pour comprendre comment leur argent est utilisé.
Nous demandons un portail public permettant de consulter simplement les principales dépenses liées aux gouvernements et aux cabinets.
L’argent public appartient au public.
8. UNE ÉVALUATION PSYCHOLOGIQUE PROFESSIONNELLE ET INDÉPENDANTE POUR L’ACCÈS À UNE FONCTION MINISTÉRIELLE
Nous demandons une évaluation professionnelle, indépendante et encadrée par la loi, avec des critères identiques pour tous et des garanties de confidentialité et de non-discrimination.
Diriger un ministère signifie pouvoir prendre des décisions affectant des millions de personnes et gérer des responsabilités considérables.
Nous demandons parallèlement une évaluation obligatoire des connaissances relatives à la déontologie, aux conflits d’intérêts, au fonctionnement démocratique, à la gestion de crise et à l’utilisation de l’argent public.
Plus le pouvoir confié est important, plus les exigences doivent être élevées.
Ce sont ces revendications que vous signez.
Parce qu’avant de demander encore un sacrifice à la population, nous voulons que ceux qui les décident démontrent qu’ils sont prêts à appliquer à eux-mêmes cette exigence.
Vous pouvez vous arrêter ici.
Mais si vous voulez comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à formuler ces demandes, voici ce qui motive notre colère.
Nous voyons notre modèle social changer.
Une mesure.
Puis une autre.
Puis encore une autre.
Le chômage limité dans le temps.
Les flexi-jobs étendus.
Davantage de possibilités d’heures supplémentaires.
Des règles du travail toujours plus flexibles.
Des malades davantage contrôlés.
Certains médicaments auparavant intégralement remboursés pour lesquels une participation minimale est désormais demandée.
En Flandre, un schoolbonus qui n’est plus versé à toutes les familles.
Des commerces autorisés à ouvrir sept jours sur sept jusqu’à 21 heures.
Des enseignants qui manifestent.
Des professionnels du soin et du social qui alertent.
Des associations qui luttent pour maintenir leurs activités.
Des familles qui gagnent trop pour certaines aides mais pas suffisamment pour arrêter de compter.
À un moment, il faut regarder l’ensemble.
Et ce que nous voyons nous inquiète.
Nous refusons que la Belgique devienne une société où la protection collective recule pendant que chacun est prié d’acheter individuellement sa propre sécurité.
Travaillez davantage.
Épargnez davantage.
Assurez-vous davantage.
Débrouillez-vous davantage.
Vous perdez votre emploi ? Débrouillez-vous.
Vous tombez malade ? Débrouillez-vous.
Votre famille dépasse légèrement un plafond ? Débrouillez-vous.
Vous êtes un petit indépendant face à une multinationale ? Débrouillez-vous.
Nous refusons cette logique.
Nous refusons un modèle organisé autour d’une réalité profondément inégalitaire : les ultra-riches peuvent toujours acheter leur sécurité.
De meilleurs soins.
Une meilleure assurance.
Un logement inaccessible aux autres.
Une retraite confortable.
La possibilité d’absorber plusieurs années difficiles sans craindre de tout perdre.
Pendant que celui qui dépend de son salaire doit espérer ne jamais tomber.
Ce n’est pas notre modèle.
Notre modèle s’est construit sur un autre choix.
La sécurité sociale.
La concertation.
La mutualisation des risques.
Les services publics.
L’accès aux soins.
La protection des travailleurs.
La solidarité.
Nous pouvons améliorer ce modèle.
Nous pouvons combattre ses abus.
Nous pouvons le réformer.
Mais nous n’accepterons pas qu’il soit progressivement remplacé par une société où la sécurité devient un privilège que chacun doit acheter.
Nous refusons qu’il soit toujours demandé aux mêmes.
Nous ne refusons pas la responsabilité.
Nous demandons qu’elle commence aussi au sommet.
Nous ne refusons pas les économies.
Nous demandons que ceux qui les décident montrent l’exemple.
Nous ne refusons pas la politique.
Nous demandons une politique qui écoute et qui rend des comptes.
Vous voulez de la sobriété ?
Soyez sobres.
Vous voulez de la responsabilité ?
Soyez responsables.
Vous voulez contrôler l’utilisation de l’argent de la sécurité sociale ?
Acceptez que nous contrôlions avec la même rigueur l’utilisation de notre argent par ceux qui gouvernent.
Parce que cet argent n’est pas le vôtre.
Nous sommes les travailleurs.
Les indépendants.
Les familles.
Les enseignants.
Les soignants.
Les travailleurs sociaux.
Les demandeurs d’emploi.
Les malades.
Les pensionnés.
Les étudiants.
Les associations.
Notre sécurité sociale n’est pas à vendre.
Notre solidarité n’est pas une faiblesse.
Notre argent public doit être transparent.
Et ceux qui exigent nos sacrifices doivent être les premiers à partager l’effort.
Vous êtes sûr ? Votre mobilisation est importante pour que les pétitions atteignent la victoire !
Sachez que vous pouvez vous désinscrire dès que vous le souhaitez.