Monsieur le Président,
Je vous écris aujourd'hui non pas pour défendre un intérêt personnel ou un parti, étant moi-même apolitique, mais en tant que citoyen préoccupé par la fracture et l'intolérance que génèrent les étiquettes politiques dans notre pays. Cette linéarité impose de fait le choix d'un camp et le rejet de l'autre. Je le vois et le ressens au quotidien : au travail, sur les réseaux sociaux, dans la rue et même au sein de mon entourage où, pour certains, aborder la politique ou les sujets sociaux est à éviter par simple peur du rejet.
C'est un paradoxe moderne. D'un côté, la psychologie et la sociologie nous répètent à juste titre qu'enfermer les individus dans des cases est réducteur. De l'autre, les médias, les politologues et les citoyens continuent d'utiliser massivement les étiquettes « gauche » et « droite », souvent sans savoir ce qu'elles signifient vraiment. Cet outil de repérage, initié lors de la Révolution de 1789 pour différencier à l'origine les royalistes des révolutionnaires, a certes évolué dans ses principes au fil du temps. Cependant, il est aujourd'hui devenu une véritable arme de polarisation, passant d'un rôle de vulgarisation politique censé simplifier le débat, à une caricature systématique des partis, des personnes et des initiatives.
Les politiciens et les médias utilisent désormais ces étiquettes comme des épouvantails politiques afin de transformer des initiatives citoyennes en caricatures dégradantes. Nous le constatons de manière flagrante avec des événements comme « Le Canon Français », dont l'objectif initial est simplement de fêter et de faire découvrir les produits de notre terroir, et qui se retrouve politisé, résumé et calomnié comme un soi-disant rassemblement d'extrême droite. Cette même dérive paralyse les débats au sein de l'Assemblée nationale, où les partis s'opposent aux projets de loi de leurs adversaires par pur esprit de contradiction, faisant primer l'étiquette de l'auteur sur la qualité réelle de l'idée.
Face à ce constat, je vous propose, en tant que citoyen inquiet mais désireux d'apporter des solutions concrètes, la mise en place d'une Convention Citoyenne.
Cette convention aurait pour objectifs :
L'analyse approfondie des conséquences de l'omniprésence des étiquettes politiques « gauche/droite » sur la société française ;
L'étude de la possibilité de leur dépassement au sein de nos institutions ;
L'introduction d'un nouveau mode de scrutin, tel que le jugement majoritaire, pour faire émerger des sensibilités et des candidats aujourd'hui étouffés ou marginalisés par le jeu médiatique traditionnel.
Il est temps de mettre fin à un débat électoral où l'opinion publique se retrouve manipulée par une logique d'affrontement permanent.
Dans l'espoir que cette démarche constructive et ancrée dans le réel retiendra votre attention et pourra nourrir votre réflexion sur le renouveau de nos institutions démocratiques, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération.
Nicolas Blandin
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