Madame la Présidente de l’université Lumière – Lyon 2,
Par communiqué, votre université nous informe que vous avez pris la décision de reporter votre colloque « lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? », sous d'autres formes.
Au nom du « Collectif des musulmans progressistes et laïques », nous avons été reçu par Monsieur Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire national de la laïcité, le 2 octobre dernier. Nous lui avons fait part de notre stupéfaction.
Non que vous invitiez des militants racialistes, indigénistes, islamistes à débattre de l’égalité, ni même que vous accordiez l’onction scientifique au concept d’islamophobie, mais qu’un lieu des savoirs prive ses propres étudiants d’un débat pluraliste. Il est lassant de constater qu’à chaque fois que les laïques se mobilisent pour dénoncer le caractère fascisant de ces organisations avec lesquelles vous dites « travailler en bonne intelligence » pour que des universités comme la vôtre annulent purement ces débats.
D'ailleurs, Nasser Ramdane Ferradj le fondateur et porte-parole de notre collectif, n'a pas revendiqué et négocié les droits des lycéens avec Lionel Jospin, Michel Rocard et François Mitterrand pour faire aujourd’hui interdire des réunions dans les universités.
Et surtout, contrairement à ce type de pratiques, nous, nous sommes prêts au débat. A moins évidemment que le but soit justement d’imposer ce concept d’islamophobie, terme façonné à la mesure de la stratégie politique de la nébuleuse des Frères musulmans visant à nous faire taire, par une étymologie qui oblige à la confusion entre le racisme et le blasphème.
Peut-être n’y a-t-il, dans ce cas, aucun hasard à ce que ces invités-là ne soient pas contredits par d’autres musulmans sur leur vision d’un Islam obsessionnel et totalitaire. Votre université ne saurait ignorer que les sociétés arabes et le monde musulman en général regorgent de féministes, de laïques et de démocrates pour qui chaque concession faite à des forces obscurantistes dans les sociétés démocratiques rend toujours plus difficiles leurs combats pour les libertés et l’égalité.
Tout comme elle ne saurait ignorer que l’antiracisme travesti par « l’islamophobie » prive les étudiants d’avoir les repères pour reconnaître ce qui est de l’ordre du blasphème et ce qui relève réellement du racisme anti-arabe ou de la haine antimusulmane.
C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la présidente, de profiter du temps que vous vous êtes accordé afin de garantir aux étudiants le débat auquel ils ont le droit et de ne pas oublier de nous convier à vos futures tables, à chacune de celle où vous auriez décidé de la présence d’un islamiste et/ou d’un racialiste.
Il en va du pluralisme et donc de la crédibilité de vos travaux dits scientifiques sur ces sujets. Dans l’attente, je vous prie, Madame la présidente, de croire en ma considération républicaine.
Nasser Ramdane Ferradj
Porte-parole du Collectif des musulmans progressistes et laïques
Ancien porte-parole des grèves lycéennes de 1990
ancien vice-président de SOS Racisme