Après un déficit 2024 de plus de 6% du PIB, l’État doit présenter pour 2025 un budget avec une réduction de ce déficit vers les 5%, sous peine d’être sanctionné par l’Europe et surtout par les prêteurs qui vont demander une rémunération plus importante. Rappelons que ce déficit est lié à des raisons structurelles, une mauvaise gestion de la sphère publique depuis des années, mais aussi à la politique clientéliste du chéquier et des « boucliers » par MACRON depuis les Gilets jaunes et la COVID qui a aggravé la dette de 1000 milliards.
Il faut donc trouver des sous, mais le gouvernement BAYROU ayant renoncé aux quelques mesures d’économie proposé par son prédécesseur, par exemple la suppression de quelques milliers de postes de fonctionnaires, est aux abois.
Dans cette situation, la tentation est grande de trouver des boucs émissaires, et on entend de plus en plus la petite musique qui se répand depuis quelques temps dans certains milieux : les retraités sont trop riches, inactifs, ils « prélèvent » une part excessive du PIB et doivent donc être les premiers à faire des efforts car il faut privilégier « le travail ». On a déjà eu un premier effet de cette argumentation avec le gouvernement BARNIER qui souhaitait ne pas appliquer en 2025 la règle de revalorisation automatique des pensions en 2025.
C’est toujours en culpabilisant d’abord qu’on peut mieux assujettir ensuite.
Aujourd’hui c’est l’abattement de 10% du montant des retraites pour le calcul de l’impôt qui est dans le collimateur des partenaires « sociaux », permettant de compenser en partie les conséquences financières de la suppression de la mesure d’âge à 64 ans.
Il convient de rappeler ce que représente la retraite et la signification originelle de cette déduction de 10%.
Sauf cas particuliers, les retraites
contributives ne sont pas une « aide sociale ». C’est la contrepartie d’une contribution effectuée pendant des dizaines d’années ou de trimestres, dans le cadre d’un pacte social et solidaire : je cotise pour les retraités d’aujourd’hui et on cotisera pour moi demain. Il s’agit donc d’un droit et non d’une aumône. Un salaire différé en quelque sorte. Que ce pacte de la répartition, menacé par l’évolution démographique et l’allongement de la durée de vie, dont on devrait se réjouir, nécessite des évolutions, nul ne le conteste. Mais ce n’est pas en gelant les retraites ou en augmentant leurs prélèvements qu’on y parviendra.
On agirait sur l’effet, mais pas sur les causes.
Entendons-nous bien : la solidarité nationale doit s’exercer, notamment en cas de crise financière internationale, catastrophe naturelle ou climatique grave, et les retraités doivent évidemment y prendre toute leur part. Or en l’occurrence, il ne s’agit pas de cela, mais de la
mauvaise gestion des finances publiques par nos gouvernements depuis 40 ans, et singulièrement ces dernières années.
Il n’y a aucune raison pour que les retraités, en tant que tels, paient pour cela.
On en vient maintenant aux
10% d’abattement sur le revenu imposable. Une telle suppression, qu’on espère récupérer pour dépenser ailleurs et non pour réduire la dette, reviendrait à augmenter les prélèvements d’autant ou à réduire le montant net des retraites.
Or quelle est la justification originelle de ces 10% ? Elle réside dans la
différence de situation entre les contribuables qui auto-déclarent leurs revenus (professions libérales, indépendants, commerçants, agriculteurs, artisans ) et ceux sont les revenus sont déclarés par un tiers (salariés, retraités). On estime que les premiers peuvent sous estimer leurs revenus (ou surestimer leurs frais professionnels) d’environ 10%, ce que les autres ne peuvent pas faire et on leur applique alors d’office cette réduction de 10% pour
rétablir l’équilibre. Ce n’est donc pas lié strictement aux frais professionnels, dont les retraités sont par définition exclus, comme on a pu le dire.
Si l’on devait supprimer cet abattement de 10%, il faudrait alors, en toute logique, augmenter de 10% les revenus déclarés par les libéraux et indépendants. Y est-on prêt ? On peut en douter.
Nous disons non à cette mesure et nous disons que nous sanctionnerons dans les urnes le gouvernement et les partis politiques participants à cette opération.S’il vous plait, signez cette pétition pour que les retraités ne soient pas victimes d’une mesure injuste, injustifiée et inefficace.