Nous, habitants, riverains et citoyens des communes de Caurel, Saint-Mayeux, Bon Repos-sur-Blavet, Saint-Gelven et des territoires environnants, portons cette pétition à l'initiative conjointe de l'Association contre le parc éolien de Bon-Repos-sur-Blavet - Saint-Gelven et de l'association des riverains du projet éolien de Saint-Mayeux - Caurel.
Deux projets industriels distincts, portés par deux sociétés différentes — Kallista Energy à Caurel/Saint-Mayeux, Vensolair à Bon Repos-sur-Blavet — avancent aujourd'hui à
moins de deux kilomètres l'un de l'autre, sur ce même petit territoire du Centre-Bretagne, éparpillé entre deux communautés de communes (LCBC et CCKB).
Nos deux associations ont choisi d'unir leur voix parce qu'elles font le même constat :
ce territoire est en train d'absorber, en quelques années, une concentration de projets éoliens sans commune mesure avec sa taille — du haut de la crête, on dénombre plus de 100 éoliennes visibles à l'œil nu.
Ce que nous constatons sur notre territoire
En quelques années, deux projets industriels majeurs sont apparus à moins de deux kilomètres l'un de l'autre :
- Le renouvellement du parc éolien de Saint-Mayeux / Caurel, porté par Kallista Energy : les cinq éoliennes actuelles de 75 mètres, en service depuis 2005, seraient remplacées par cinq machines de 130 à 150 mètres — soit près du double de hauteur — avec des implantations modifiées rapprochant certaines installations des habitations.
- Le projet éolien de Saint-Gelven / Bon-Repos-sur-Blavet, porté par Vensolair : de 3 à 5 éoliennes d'une hauteur maximale de 150 mètres, pour une puissance totale de 15 MW, actuellement en cours d'étude.
Pris séparément, chacun de ces projets fait l'objet d'une procédure administrative distincte, comme si l'autre n'existait pas.
Aucune étude cumulative de leur impact conjoint paysager, sonore, sur la biodiversité, sur le cadre de vie n'est aujourd'hui exigée ni réalisée. C'est précisément ce que nous demandons de corriger.
Notre position
Oui aux énergies renouvelables. Oui à ce que nous prenions toute notre part dans les objectifs que la France s'est fixés en matière d'énergie renouvelable.
Nous ne sommes pas des associations « anti-éoliennes ». Nous ne contestons ni le changement climatique, ni la nécessité de sortir des énergies fossiles, ni la légitimité de l'éolien comme l'une des réponses à cet enjeu. Beaucoup d'entre nous vivent depuis des années aux côtés d'éoliennes sans y voir un problème en soi.
Mais nous constatons que
notre territoire a déjà pris une part disproportionnée de l'effort national, sans qu'aucune évaluation ne vérifie si les objectifs collectifs de la France exigent une telle concentration ici plutôt qu'ailleurs. Ce n'est pas à nous de juger si le compte national est atteint ou non — c'est aux pouvoirs publics de le faire, et de s'assurer que cette évaluation existe avant d'ajouter de nouvelles machines à ce qui est déjà en place. La question n'est donc pas « pour ou contre l'éolien », mais où, combien, et à quelle échelle sur chaque territoire.
Oui aux énergies renouvelables. Oui à ce que nous prenions notre part des objectifs que la France s'est fixés. Non à la prolifération et à l'abus.Ce que nous refusons, c'est :
- la multiplication de machines toujours plus hautes — 130, 150 mètres en bout de pale, soit l'équivalent d'un immeuble de 40 à 45 étages — dans des zones rurales peu denses, à quelques centaines de mètres des habitations ;
- la concentration de plusieurs grands projets industriels sur un même petit territoire, sans qu'aucune vision d'ensemble ne soit jamais présentée aux habitants ni évaluée par les pouvoirs publics ;
- un mode de développement qui traite chaque projet isolément, commune par commune, sans jamais additionner ce que chaque territoire est en train d'encaisser cumulativement.
Nos demandes
En signant cette pétition, nous demandons : - Une étude cumulative des impacts des projets éoliens sur le territoire, et non des instructions administratives menées comme si chaque projet était isolé.
- Une pause dans l'instruction de nouveaux projets sur ce territoire, le temps que cette évaluation d'ensemble soit conduite, au regard de la densité déjà atteinte en CentreBretagne.
- Le respect d'une distance minimale aux habitations proportionnée à la hauteur réelle des machines — la règle actuelle des 500 mètres, pensée pour des éoliennes bien plus petites, n'est plus adaptée à des machines de 150 mètres. C'est le cas en Allemagne, en Belgique, en Pologne, aux Pays-Bas, etc.
- Une information et une concertation réelles des riverains, en amont du dépôt des dossiers, et non une fois les études quasiment achevées.
- Une répartition plus juste, à l'échelle nationale, de l'effort de production éolien, pour que certains territoires ne concentrent pas ce que d'autres, ailleurs en France, n'accueillent pas.
Nous ne demandons pas l'arrêt de la transition énergétique.
Nous demandons qu'elle se fasse avec mesure, avec concertation, et avec le souci de ne pas transformer certains territoires ruraux en zones industrielles à ciel ouvert pendant que d'autres en sont exemptés.
Pour une transition plus juste !