Nous, membres de Chanteins Collectif Citoyen (Villeneuve 01480), souhaitons obtenir l'abandon du projet de poulailler industriel de 39900 poulets de chair à croissance rapide (cycle de production sur 35 jours - près de 300.000 animaux par an) sur 1911 m2 sans parcours extérieur (densité supérieure ou égale à 20 poulets/m2)
à moins de 350 m du hameau de Chanteins, au regard d'arguments concernant notamment :
- la vie, la santé et la sécurité des habitants (effluents, camions...),
- les impacts environnementaux alors que nous sommes dans la Dombes, région aux plus de 1000 étangs, largement zone Natura 2000 et labellisée RAMSAR pour la conservation des zones humides - enjeu environnemental majeur - à la faune et la flore riche et unique,
- les enjeux liés à l'eau alors que tout le bassin est durablement en alerte renforcée sécheresse,
- les conséquences sur le patrimoine (chapelle romane millénaire à moins de 450m) et bâti en pisé au bord de routes étroites inadaptées à la circulation de camions,
- et les conditions d'élevage des animaux.
Par la voie de la consultation publique, individuellement, nous sollicitons donc de la Préfecture de l'Ain un avis défavorable au projet de poulailler porté par le GAEC 3B et souhaitons que la mairie revienne sur son avis. Mais nous ne sommes qu'environ 80 habitants dans le hameau et
nous avons besoin de vous, habitants des communes voisines concernées par l'épandage, consommateurs, citoyens, associations, médias... pour amplifier notre voix grâce à cette pétition et faire ainsi connaître les enjeux consécutifs à ce projet de poulailler industriel dans notre environnement spécifique. Le temps de la consultation est largement entamé : nous avons jusqu'au 22/09 midi.
7 jours, c'est très court, alors SVP signez et relayez! Merci.------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pour plus d'infos, ci-dessous notre texte complet. Le dossier d'enregistrement d'ICPE est flou et lacunaire, nos arguments sont détaillés, nos questions justifiées et les enjeux importants !A 650km de Forest-Montiers (Somme) aux prises avec un projet de poulailler industriel, un autre village résiste... Notre paisible hameau de Chanteins (01480 Villeneuve) au coeur de la Dombes connaît désormais les mêmes tourments à cause d'un projet d'implantation de poulailler de 39900 poulets (soit près de 300000 animaux par an). Pris par les vacances, la rentrée, les habitants n'ont rien vu venir, pas même le panneau d'avis en bordure de champ - ils étaient à mille lieues d'imaginer cela -, et ont appris fortuitement, la semaine passée, qu'une consultation était en cours pour un tel projet, à 450 m environ du coeur du hameau. Fin de la consultation préfectorale le 22 septembre midi! Nous sommes face à un dossier d'enregistrement d'ICPE flou, avec des contradictions (par exemple sur les zones Natura 2000), des erreurs, des assertions non démontrées...
Pour se représenter Chanteins, il faut imaginer une petite chapelle du XIème siècle toute simple, faite d'empilements de lits de galets; autour, une grappe d'une quinzaine de maisons, essentiellement d'anciennes fermes, centenaires ou bicentenaires, en pisé, et encore une bonne quinzaine de maisons disséminées au gré des chemins qui longent les champs, bois et peupleraies, ainsi que des activités agricoles (céréaliers & élevages) et une pension équestre. Point de grande route qui traverse le hameau mais d'étroits chemins goudronnés. En septembre, les étangs font encore miroiter le soleil, bientôt ils se napperont de brouillard. C'est là que nous avons choisi de vivre, d'élever nos enfants ou de passer notre retraite, d'investir dans notre maison, notre foyer.
Une grande partie d'entre nous, habitants, s'est constituée en collectif avec pour objet commun:
- d'obtenir l'abandon de ce projet de poulailler industriel (demande d'avis défavorable au projet à la Préfecture / demande de révision de l'avis favorable de la mairie) par la voie de la consultation publique;
- d'informer sur les enjeux de ce projet et de soutenir notre démarche en la portant à l'attention du plus grand nombre, notamment par cette pétition.
Nos arguments contre le projet concernent:
1. l'impact évident sur la qualité de vie locale et la valeur des biens dans lesquels nous avons investi, entretenant ainsi le hameau. Le dossier d'enregistrement monté par le GAEC 3B avec la Chambre d'Agriculture fait comme si les habitations étaient loin. Certes elles sont à plus de 100m, distance légale, mais la première maison est à 350m et déjà concernée par la proximité de 2 élevages, dont l'élevage industriel de lapins du même GAEC 3B.
Les maisons même plus éloignées (env 1km) situées dans l'axe Nord-Sud du vent supportent déjà les nuisances olfactives liées à cet élevage de 8000 lapins. Qu'en serait-il avec un élevage de près de 40000 poulets qui prévoit de collecter les effluents liquides dans 2 cuves de 500m3 avec un stockage à l'air libre pouvant durer jusqu'à 6 mois, et un stockage des déchets solides (285 t par an) en cônes sur champ pouvant aller jusqu'à 9 mois?
Le dossier repose sur des évaluations théoriques des nuisances; des mesures ont-elles seulement été faites sur l'élevage actuel de lapins? Certains paramètres ne sont pas du tout évoqués. Ainsi quelles seraient les émanations d'ammoniac (irritant pour les voies respiratoires) issues des fosses pour les riverains? Le dossier ne présente aucune évaluation des gaz à effet de serre émis (chauffage, camions, fumier...) et de la pollution induite.
Les poulets seraient confinés dans un bâtiment de 1911m2; qu'en serait-il des poussières chargées de germes et de bactéries qui seraient envoyées dans l'air environnant par les systèmes d'aération? (L214 qui a signifié son opposition au projet donne une estimation de 3km de rayon autour du site pour leurs retombées) Quel impact pour les habitants et leur santé aux alentours immédiats?
2. l'impact sur le patrimoine: le site serait à 450m de la chapelle millénaire de Chanteins. Elle est décrite sur le site de l'Office du Tourisme comme "nichée dans un écrin de verdure". Faudra-t-il corriger comme suit: "nichée dans son écrin agro-industriel"?
La chapelle est à 120m de la "route" qu'emprunteraient les camions. Quel impact pour sa structure de pierres et de galets? C'est une vieille dame résistante mais il ne faut pas la pousser dans les orties!
Certaines maisons en pisé sont implantées directement au bord des "routes" de 3m de large; le passage de camions pourrait provoquer le tassement du sol et fragiliser leurs fondations peu profondes en carons, occasionnant ainsi l'apparition de fissures structurelles. Qui paierait pour les dégâts?
3. l'impact sur les "routes", qui sont en fait des chemins (de la Guesse Moignans, de Chanteins, du Bourdon...). Comment seraient financées les réparations suite au passage des nombreux poids lourds (construction du site, arrivée des poussins et intrants, départ des poulets et déchets, citernes d'eau, maintenance...)?
4. ...et l'impact sur la circulation et la sécurité. Le plan de circulation est absent du dossier, nous comprenons tout juste que certains camions rejoindraient la D66, or les chemins qui y mènent font environ 3m de large, avec des virages sans visibilité, et l'insertion au niveau de la départementale est dangereuse (étroitesse, visibilité extrêmement réduite). Les chemins sont utilisés par de nombreux cavaliers et cyclistes; nous avons déjà connu l'accident mortel d'un cycliste il y a quelques années en plein coeur du hameau. Quand nous nous promenons à pied nous devons nous mettre sur le bas côté, dans l'herbe, pour laisser passer un tracteur ou un gros véhicule. Qu'est-ce qui serait mis en place pour la sécurité des usagers de ces chemins?
5. des impacts environnementaux: la Dombes est parsemée d'
étangs, un havre pour les oiseaux, notamment migrateurs (2ème région en France après la Camargue). Etangs qui sont en zone
Natura 2000 depuis 2008, labellisés
RAMSAR depuis 2023 (pour la protection des zones humides, joyaux fragiles!),
entre lesquels l'eau circule en une alternance séculaire d'assèchement et de remise en eau. Quand on épand quelque part, ça part ailleurs!
Le poulailler industriel, qui relève du régime de l'enregistrement des ICPE (Installations Classées pour la Protection de l'Environnement) se trouverait à
proximité immédiate de tels étangs (env. 500m), figurant en zone Natura 2000, et faisant l'objet de beaucoup de soins de la part de leurs propriétaires en matière d'entretien, de mise en valeur et de protection de la faune et de la flore - une action louée par la LPO.
L'implantation du bâtiment avicole serait en zone ZNIEFF2 ("ensemble naturel étendu dont les équilibres généraux doivent être préservés"). Comment prend-on en compte ces paramètres majeurs?
Le projet passe sous le radar d'études d'impact environnemental et de dangers en restant sous le seuil des 40000 poulets, mais il y en aurait 39900 : quelle différence en termes d'impact?
Quid des effluents liquides qui contiendront fatalement du TH5 (produit de nettoyage qui serait utilisé, selon le dossier du GAEC), hautement toxique pour les organismes aquatiques et qui pourraient donc atteindre les étangs aux abords desquels vivent 15 espèces d'amphibiens dont grenouilles, salamandres, tritons particulièrement sensibles à de telles substances? Quid du phosphore que l'on retrouverait dans les effluents, menaçant les étangs d'eutrophisation?
L'épandage se ferait en zone vulnérable nitrates : le plan d'épandage joint au dossier ne permet pas de comprendre en quoi la directive nitrates serait respectée.
Comment un tel projet est-il possible alors que la question des transferts des produits utilisés par l'agriculture intensive vers les étangs est un point d'attention logique de la Communauté de Communes de Dombes Saône Vallée?
Quid encore de la sécurisation des fosses de collecte des effluents liquides ou de la réserve incendie pour éviter que la faune ne s'y noie?
Quid des produits raticides qui seraient utilisés (écrit dans le dossier!) malgré le risque documenté d'empoisonnement secondaire, en particulier pour les chouettes, hiboux moyen-duc, buses variables, faucons qui vivent ici... mais aussi pour de nombreux animaux de la chaîne alimentaire qui contribuent à l'équilibre écologique de la Dombes? Comment seraient-ils protégés? Quid des insecticides prévus alors que vivent en Dombes 2500 espèces d'insectes dont certaines emblématiques?
En cas d'arrêt de l'exploitation l'engagement sur la remise en état du site est vraiment réduit: comme la précédente installation du GAEC au coeur du hameau, les structures seraient-elles laissées à l'abandon, se dégradant progressivement au gré des intempéries ?
6. Avec un focus sur la question de l'eau: le lieu du projet est actuellement en
Alerte Renforcée Sécheresse comme toute la commune et la zone Dombes Sud. Les projections de la Communauté de Communes Dombes Saône Vallée tablent sur une nouvelle baisse de la nappe phréatique de la Dombes de 30% à l'horizon 2050-2070! Or le poulailler consommerait environ 2300m3 d'eau par an. Selon le dossier, l'intégrateur LDC s'engagerait à fournir une cuve tampon de 10.000 l en cas de restriction. Où est le contrat? Selon quelles modalités financières? Qu'est-ce qui nous garantit que l'exploitant ne se servira pas sur le réseau malgré tout? Combien de camions en plus pour alimenter cette petite cuve? Nous sommes en Alerte Renforcée avec des restrictions (contrairement à ce qui est porté au dossier d'enregistrement qui prétend qu'il n'y a pas de restrictions sur Villeneuve), alors pourquoi autoriser un tel projet? En Gironde, un projet de poulailler industriel a bien été abandonnné par la mairie en raison du manque d'eau.
7. la modalité de l'élevage lui-même: nous vivons certes dans un milieu agricole, et nous sommes nombreux à faire nos achats auprès des producteurs locaux en circuit court; ce sont nos voisins, parfois des amis. Mais dans le cas présent, il s'agirait d'un poulailler industriel de près de 40000 bêtes sur 1900m2,soit une concentration de plus de 20 poulets par m2 (ce qui, soit dit en passant, relève d'un système dérogatoire que l'on ne peut obtenir que lorsqu'on a fait ses preuves sur une densité moindre), sans accès extérieur, engraissés en 35 jours pour produire de la "protéine animale" au détriment de la santé de ces animaux (faiblesse des os entraînant des fractures, problèmes respiratoires...):
ce sont les pires conditions d'élevage qui puissent être. Cet élevage respecterait peut-être les minima légaux (sur la tangente) mais pas le bien-être animal! L'article L214-1 du Code Rural et de la Pêche Maritime dispose que "
tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce". Or un tel élevage ne permet pas à l'animal d'exprimer ses besoins comportementaux (importants au même titre que les besoins nutritionnels et physiologiques): une poule doit pouvoir courir, battre des ailes, se percher, gratter le sol, prendre des bains de soleil et de poussière... sinon elle est en suradaptation dans un milieu incompatible avec ses besoins et générateur d'un grand stress (qui se mesure par des analyses de taux de cortisol). Les consommateurs savent-ils vraiment ce qu'ils mangent?
Nous dénonçons donc un projet plus industriel qu'agro, dont
LDC (CA 2025 de 7,2 milliards d'Euros, n°1 de la volaille en France avec des marques comme Maître Coq, Marie, Le Gaulois...) est l'intégrateur et contribue au financement.Ce poulailler ne serait qu'un maillon d'un process industriel, et c'est une usine que l'on cherche à nous imposer, avec les flux logistiques, la pollution, la consommation d'eau et d'énergie, la production de déchets, etc. que cela implique, ce, tout près d'un patrimoine bâti millénaire et au sein d'une nature magnifique aux équilibres fragiles consacrée comme telle par la Convention Ramsar. Nous avons l'impression d'un
affreux non-sens, d'un projet à contretemps et à contre-courant, y compris de la politique environnementale et alimentaire affichée par la Communauté de Communes Dombes Saône Vallée (cf. leur site),
aveugle aux enjeux de l'eau, de l'environnement, de la santé humaine et animale. Nous nous sentons floués.
Nous sommes un petit hameau, et peu nombreux face à un tel géant, nous comptons donc sur votre soutien pour amplifier notre voix en signant cette pétition.
Nous aurions devant nous le mois de consultation complet, nous oserions demander 39900 signatures pour éviter à 39900 poulets l'enfer au coeur d'un paradis. Mais nous n'avons qu'une semaine. Signez et relayez massivement à vos contacts SVP. Merci!