À Monsieur le Maire d'Ivry-sur-Seine et aux membres du conseil municipal,
À Madame la Députée de la 10ème circonscription du Val-de-Marne,
À Mesdames et Messieurs les Sénateurs du Val-de-Marne,
À Monsieur le Directeur d'HAROPA PORT,
À la direction de la société SFB Centrale d’Ivry,
À la direction de la société SNB,
À la direction de la société SOFRAT,
La résidence START compte 288 logements et abrite plus de 800 personnes, dont 46 logements propriété de la Ville via la Coop'Ivry Habitat. Elle a été livrée fin 2023 sur un projet initié par la municipalité.
À moins de 20 mètres, sur des terrains de l'État administrés par HAROPA PORT, des entreprises SOFRAT, SNB et SFB stockent et transbordent sables, gravats, béton, et autres matériaux en vrac.
Les poussières issues du sable, des granulats et des gravats ne sont pas de simples salissures. Elles contiennent de la silice cristalline, classée depuis 1997 cancérogène certain pour l'Homme (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer. Son inhalation sous forme de particules fines provoque la silicose — maladie irréversible qui continue de s'aggraver après l'arrêt de l'exposition — et l'ANSES établit un risque accru de cancer broncho-pulmonaire, y compris en l'absence de silicose, ainsi qu'une association avec la bronchite chronique et plusieurs maladies auto-immunes.
Plus largement, les particules PM10 et PM2,5 dégradent la fonction respiratoire, aggravent l'asthme et le risque cardiovasculaire. L'Organisation mondiale de la santé a abaissé en 2021 sa valeur guide annuelle pour les PM2,5 de 10 à 5 µg/m³, en rappelant que des effets sanitaires s'observent y compris à faibles concentrations.
Ces données sont issues d'études en milieu professionnel, où les travailleurs sont protégés par des équipements, une surveillance médicale et une valeur limite réglementaire. Nous, nous sommes chez nous, sans masque, fenêtres closes, avec nos enfants — et personne n'a jamais mesuré ce que nous respirons.
Une résidence de 800 à 1 000 personnes vit à moins de 20 mètres d'un site de vrac à ciel ouvert, sans qu'aucune évaluation d'exposition n'ait jamais été conduite.
Cette situation concerne également les enfants et les familles de l'école Anne Sylvestre, située à proximité. Les élèves sont eux aussi susceptibles d'être exposés aux poussières et aux nuisances générées par ces activités. Cette exposition est particulièrement préoccupante pour les jeunes enfants, qui passent une partie importante de leur journée à l'école et dont certaines classes et espaces extérieurs, notamment la cour des maternelles située à l'étage, se trouvent directement exposés aux poussières et aux nuisances du site. Les parents d'élèves FCPE signataires demandent donc que cette population particulièrement vulnérable soit explicitement prise en compte dans toute évaluation sanitaire et environnementale, et que des mesures de la qualité de l'air, des dépôts de poussières et du bruit soient également réalisées au niveau de l'école.
À l'achat en VEFA, il nous avait été annoncé le départ de ces entreprises et présenté des berges piétonnes. L'activité s'est au contraire prolongée, avec des baux assortis d'objectifs de 100 000 à 180 000 tonnes de vrac par an.
Pour une activité économique compatible avec un quartier habité
Nous ne demandons pas la fin de l'activité économique du quai. Nous ne contestons pas l'intérêt du transport fluvial, qui évite des camions sur la route. Nous demandons que l'activité d'un quai public soit compatible avec le quartier habité que la puissance publique a elle-même décidé de créer ici.
Car c'est une décision publique, et non un hasard. La Ville a initié le projet Start, choisi l'architecte et le promoteur, inscrit des clauses anti-spéculatives au titre de la vente à prix maîtrisé, et détient 46 logements dans la résidence. L'État a soutenu les acquéreurs éligibles par une TVA réduite à 5,5 %. Autour de nous, la même dynamique est à l'œuvre : refonte du quartier Carrefour–Quais d'Ivry au nord, création du Parc des Confluences au sud, ZAC Ivry-Confluences.
Il serait incohérent que le même État, via HAROPA PORT, prolonge un usage industriel à 20 mètres de ces logements. Les concessions actuelles arrivant à échéance en décembre 2029, la décision se prépare dès aujourd'hui : c'est maintenant qu'il faut engager la réflexion, et non dans trois ans, une fois les arbitrages rendus.
D'autres usages sont possibles sur le quai Auguste Deshaies — logistique fluviale propre et conteneurisée, artisanat, économie de proximité, activités culturelles — et ouvriraient la voie à une ambition environnementale (végétalisation partielle, continuité des berges).
En attendant cette évolution, l'activité actuelle doit à tout le moins respecter les obligations qui s'imposent déjà à elle.
Nous demandons aux élus d'Ivry-sur-Seine
Signataires :
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