24 février 2025
Dans la mythologie, Égérie est une nymphe des sources associée au culte de la déesse Diane du village de Némi situé à 25 km au sud-est de Rome dans le bois d'Aricie. Elle était la compagne du deuxième roi mythique de Rome, Numa Pompilius (-715 à-673) qui la consultait régulièrement avant de publier des lois.
A l’époque moderne aussi, une égérie est une femme, une conseillère, qui est utilisée pour promouvoir une cause ou un produit, qui inspire un créateur, une personnalité, un groupe, une marque ou un mouvement.
Au salon de l’Agriculture 2025, l’égérie est une vache de race limousine, Oupette, sans cornes.
Depuis 2011, chaque salon de l’agriculture a désormais son égérie choisie dans le respect d’un certain nombre de critères comme l’alternance race laitière et race à viande, l’équilibre entre races à petits effectifs et grandes races, ou encore l’équilibre entre les territoires. Les vaches élues sont classées ici selon qu’elles ont, ou pas, des cornes, On trouve, avec des cornes, Valentine en 2012, Bella en 2014, Cerise en 2016, Fine en 2017, Haute en 2018, Ideale en 2020, Neige en 2022, Ovalie en 2023. On voit, sans cornes, Candy en 2011, Filouse en 2015, Imminence en 2019, Oreillette en 2024, Oupette en 2025. https://www.salon-agriculture.com/fr-FR/a-voir/vache-egerie-salon/anciennes-vaches-egeries.
Sans conteste, ce sont les vaches avec des cornes qui ont la plus belle allure et qui bénéficient d'ailleurs du meilleur bien-être animal.
Oupette, qui se distingue par sa houppette sur la tête, est démunie de cornes, comme la majorité des vaches actuelles. Elle est le symbole visible de l’agriculture industrielle qui transforme des êtres vivants en des choses destinées à produire.
Il y a une trentaine d’années, seules les vaches de la race Holstein, la plus spécialisée en production laitière, championne du monde en quantité de lait produit, pouvant atteindre 10.000 à 12.000 litres sur une période de 305 jours, étaient dépourvues de cornes. C’était d’ailleurs d’une tristesse absolue que de regarder, dans les pâtures, ces vaches qui semblaient si décharnées et si malheureuses.
Hélas ! Il semble que l’absence de cornes se soit répandue dans l’indifférence quasi-générale. La vue de vaches mutilées est devenue la norme pour les vaches "à lait" et une habitude largement répandue chez les vaches "à viande", à tel point qu’on ne se pose plus la question du bien-fondé de cette pratique.
Les souffrances causées aux bovins par l’écornage sont sous-estimées. Depuis les années 1950, l’élevage moderne consiste à adapter l’animal à l’outil de production. Mais une vache sans cornes est-elle encore une vraie vache ? L’amputation provoque une blessure psychique très profonde et elle constitue une insulte au Vivant, une insulte à la Beauté de la nature. https://www.animal-cross.org/ecornage-des-vaches/
Cette illustration par les souffrances infligées aux vaches est une façon visible de caractériser le système de l’agro-industrie dont les pratiques consistent à tout artificialiser dans le but de produire toujours plus, au détriment de la qualité des sols, des eaux souterraines, des aliments.
En cet fin d’hiver, il est hallucinant de croiser dans les zones céréalières une noria de tracteurs qui tirent des plateaux agricoles chargés de dizaines de sacs de 600 kg d’engrais en provenance de pays exportateurs dont la Russie, l’Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Algérie, le Nigeria, l’Égypte. Ces engrais vont servir à la production intensive de céréales, blés, maïs, tournesols, destinées elles-mêmes à l’exportation. Voilà le problème !
Exporter au lieu de Nourrir ! C’est le scandale de l’agriculture française affirme l’association "Terre de liens" dans son copieux rapport publié le 17 février 2025, consacré à la souveraineté alimentaire. La France a perdu sa capacité à nourrir sa population ! Elle exporte la production de 43 % de ses terres, soit 12 millions d’hectares, mais en contrepartie elle doit importer aujourd’hui l'équivalent de 10 millions d’hectares de terres. Entre agriculture et alimentation, il y a une dissonance : "accro aux intrants importés pour produire en masse et tenir la cadence des exportations, la France accroît ses importations, qui ont doublé en 20 ans, pour remplir nos assiettes." https://terredeliens.org/national/actu/souverainet%C3%A9-alimentaire-un-scandale-made-in-france-17-02-2025/.
Comment espérer dans ces conditions retrouver un bon état qualitatif des eaux souterraines ? Les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) vont-ils être la solution ? Ils ont pour objectif de relocaliser l'agriculture et l'alimentation dans les territoires en soutenant l'installation d'agriculteurs, les circuits courts, les produits locaux, Ils s’appuient sur des démarches de terrain, volontaires, collectives. Dans quelle phase en sont-ils ? Sont-ils déjà opérationnels ? Sont-ils nombreux ? https://agriculture.gouv.fr/quest-ce-quun-projet-alimentaire-territorial
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