Photo : Grains de riz sur une route, tombés d’une remorque de 10 tonnes
3 juillet 2025
La loi "Duplomb", du nom du sénateur Laurent Duplomb, exploitant agricole, éleveur, ex-président des Jeunes Agriculteurs (JA) futurs FNSEA, LR de Haute-Loire, proche de Laurent Wauquiez, a été votée le 28 juin 2025 par une commission mixte paritaire (CMP), composée de membres qui donnent une part prépondérante au monde agricole productiviste et qui penchent du côté des intérêts de l’agro-industrie. Cette loi, votée par la Sénat, vise à lever les contraintes des exploitants agricoles productivistes. Elle constitue une déplorable régression humaine par son soutien total au système de l’agro-industrie productiviste, lequel est largement reconnu pour ses effets délétères en matière de santé, d’environnement, de pollutions des eaux souterraines, de souveraineté alimentaire. Partout, ce système de production agricole prolifère, tel un cancer.
La culture du maïs, majoritairement par des exploitants agricoles productivistes, occupe des surfaces importantes en France. Elle nécessite d’immenses volumes d’eau dans la période où il n’y a aucune infiltration d’eau dans les sols. Sous la totale dépendance de l’irrigation, elle apparaît d’une totale aberration qui oblige à des combinaisons politiques extravagantes au détriment de toutes les autres activités agricoles mais aussi du fonctionnement naturel des eaux souterraines et superficielles. Les précipitations ne sont elles-mêmes que de l’ordre de 700 à 800 mm dans les plaines agricoles sur une année entière.
En ce début de période estivale 2025, l’irrigation des parcelles de maïs fonctionne partout à fond. Pour un cycle cultural complet, la consommation totale d’eau est comprise entre 450 et 600 mm, avec une moyenne de 500 mm. Ainsi, dans une petite région agricole, si quelques exploitants agricoles, (2 ou 3 seulement), ont semé du maïs sur 250 ha et arrosé avec 500 mm d’eau d’irrigation, leur consommation sur la période de culture s’élève à 1,25 millions de mètres cubes, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de 25.000 habitants !
Dès la fin juin de cet été 2025, c’est aussi la période des moissons de céréales à paille qui battent leur plein. Une noria de puissants tracteurs tire dans un bruit épouvantable des remorques de 10 tonnes remplies à ras bord de grains de blés pour les conduire vers des lieux de stockage.
Depuis l’automne 2024, toute une série d’intervention ont été nécessaires depuis le semis, les débuts de l’irrigation et des premiers traitements chimiques durant le long parcours des 9 mois de la culture du blé.
Alors que la culture traditionnelle du blé pouvait se faire sans irrigation sur des sols vivants et sous des climats adaptés, les blés sélectionnés exigent une consommation importante d’eau sur l’ensemble du cycle dès les semis, variant entre 350 et 500 mm selon les cas-types, pour une moyenne de 435 mm. Ainsi, l’irrigation doit être déclenchée dès le stade épi 1 cm au moment où le blé entre dans sa phase de grande consommation d’eau afin que l’azote apporté par l’engrais puisse être mis à disposition des racines.
Avec les semis et les premiers arrosages, arrivent les traitements réguliers contre les maladies, les ravageurs, les mauvaises herbes. Une vingtaine d’usines du secteur "Produits agrochimiques" sont installées en France pour la "protection des semences" du blé afin de préserver le potentiel de la culture dès le début de la végétation. Il s’agit de lutter précocement contre les maladies transmises par les semences, la carie du blé, les fusarioses, les piétin-échaudage, la septoriose.
Pour lutter contre la carie du blé, la lutte consiste à utiliser un produit systémique tel une triazole, un produit qui rentre dans la sève de la plante. Contre les fusarioses, deux produits sont proposés, le prochloraze qui pénètre superficiellement dans la graine et le triticonazole qui agit de façon systémique. La septoriose se traite avec le prochloraze associé au triticonazole, deux fongicides déjà cités. Le piétin-échaudage se résout dans le cadre d'une approche globale de rotation des cultures. Ouf !
Toute une série d’autres actions sont indispensables d’une part pour la fertilisation en azote, fractionnée en trois apports, le 1er au tallage, le 2ème à épi 1 cm, le 3ème entre 2 nœuds et dernière feuille étalée, et d’autre part pour la lutte contre les adventices (les mauvaises herbes) et contre les ravageurs.
Cette agriculture productiviste se traduit par une noria continue de pulvérisateurs sur les routes et dans les champs durant tout l’automne et tout l’hiver et par une installation de plus en plus précoce des systèmes d’irrigation, souvent dès l’automne.
Cette agriculture produit beaucoup de céréales destinées souvent à l’exportation, au détriment de la souveraineté alimentaire. Une autre agriculture, d’une qualité irréprochable, destinée à une alimentation locale, produite selon des méthodes respectueuses de sols "vivants", est la seule voie pérenne pour lutter contre la malnutrition et pour assurer une bonne santé des populations.
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