31 août 2023
Nous, le Collectif "Nous sommes l’Eau", nous avons suivi avec beaucoup d’attention le déplacement du "Convoi de l’eau" de Sainte Soline jusqu’à Orléans destiné à sensibiliser les publics :
- sur le principe essentiel que l’élément EAU est un bien commun primordial et vital, que le service de l’eau potable et les besoins des milieux aquatiques sont prioritaires par rapport aux usages économiques de l’eau,
- sur le scandale de l’accaparement privatif de l’eau par quelques gros agriculteurs industriels qui créent d’immenses réserves en eau dans d’innombrables super-bassines.
Nous déplorons que les Responsables de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et Madame la Préfète du Loiret aient finalement refusé la demande de moratoire de l’association "Bassines, non merci". Nous regrettons ce déni de dialogue, ce rejet de toute discussion, avec des défenseurs de l’eau pour tous. Nous voyons dans cette attitude l’expression d’une position désastreuse du Ministère de l’agriculture, qui est fermement opposé à toute demande légitime des citoyens et qui se trouve être un ardent défenseur du système de l’agriculture industrielle mortifère.
Nous avons lu dans le journal "Le Monde" du 26 août 2023 que : "l’Agence de l’eau Loire-Bretagne est l’instance pilotée par l’Etat qui autorise et subventionne ce type de chantiers" [des super-bassins]. C’est un constat alarmant qui valide la mise sous tutelle d’une Agence de l’eau par l’État !
Nous rappelons que depuis la Loi sur l’eau n° 64-1245 du 16 décembre 1964 relative au régime et à la répartition des eaux et à la lutte contre leur pollution, l’eau est gérée en France par grands bassins hydrographiques qui correspondent aux territoires des grands fleuves. Il y six Agences financières de l’eau : Adour-Garonne, Artois-Picardie, Loire-Bretagne, Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée & Corse, Seine-Normandie, qui émettent des redevances et apportent des aides financières selon le principe du “pollueur-payeur”, qui sont les opérateurs de la politique de l’eau sur ces grands bassins, qui définissent leur cadre d’action en fonction des spécificités de leur territoire, de ses particularités hydrologiques et hydrogéologiques, tout en tenant compte des orientations nationales ou des engagements européens.
Nous soulignons que la stratégie de l’eau et des milieux aquatiques est élaborée et validée par des "Parlements locaux de l’eau", appelés des Comités de bassin, instances délibératives qui rassemblent, par grand bassin versant, toutes les parties prenantes (Collectivités locales, Industriels, Agriculteurs, État, Consommateurs, Associations, ONG) qui fixent la stratégie de l’eau et des milieux aquatiques du bassin, qui votent le programme de l’agence de l’eau dans chaque bassin hydrographique et le taux des redevances dans la limite des taux plafonds fixés par la loi. Cette organisation décentralisée permet aux agences de l’eau d’agir pour répondre au mieux aux enjeux propres de chaque territoire.
Nous saluons cette organisation mais nous regrettons que l’État se soit fortement immiscé dans les affaires des Agences de l’eau n’ayant pas hésité à prélever de l’argent sur leur trésorerie et ayant même défini d’autorité dans les années 1990 des opérations de lutte contre les pollutions agricoles, diffuses et ponctuelles, issues de l’agriculture industrielle productiviste, avec des aides financières des Agences de l’eau, telles que :
- les Opérations Ferti-Mieux, Phyto-mieux, Écophyto, pour la lutte contre les pollutions diffuses,
- la Mise en conformité des élevages pour la lutte contre les pollutions ponctuelles,
qui ne sont que de simples effets d’annonces, qui n’ont eu comme effet que l’amélioration de pratiques agricoles alors jugées "aberrantes" mais qui n’ont eu aucun effet sur l’amélioration de la qualité des eaux souterraines et superficielles.
Nous nous indignons contre des aides et des réglementations qui vont à l’encontre du bien commun en favorisant le système de l’agriculture industrielle, son gaspillage et sa détérioration des eaux, sa contribution au réchauffement climatique et à la perte de la biodiversité.
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