Dans les témoignages reçus par le collectif, la constance des faits rapportés est frappante. Les familles décrivent des urgences ignorées. « Mon père est décédé sans qu’aucune ambulance n’ait été appelée malgré un état critique. Il est mort de déshydratation extrême », écrit Anastasia Gilson. Plusieurs proches affirment avoir saisi l’Agence régionale de santé, souvent sans réponse.
Les pathologies chroniques ne sont plus toujours suivies. Des résidents attendent plus d’une heure après avoir sonné, les médicaments sont oubliés, les traitements mal espacés. « Ma grand-mère, d’une dignité remarquable, perd aujourd’hui sa joie de vivre », confie Mickael Tamiozzo. « Elle ne se plaint jamais, mais elle s’éteint à petit feu. »
Le personnel, lui aussi, est à bout. Sous-effectif chronique, plannings aberrants, matériel vétuste. Le lave-vaisselle est hors d’usage, les ascenseurs aussi. « Une seule aide-soignante pour tout l’établissement un soir », signale un proche. Des serpillières mouillées traînent au sol, les cruches d’eau sont retirées la nuit, parfois non remplacées. Les repas ? « Froids, rares, parfois périmés. » Les toilettes, elles, sont souvent sales. Une résidente a été retrouvée sans douche depuis une semaine, faute d’eau chaude, selon les témoignages. Patrick Bosquet, comme d’autres, réclame une réunion en dehors de l’établissement : « Ce n’est plus tenable. » David Violetti, lui, héberge désormais sa mère chez lu
Au-delà de la colère, c’est l’humiliation qui revient dans les mots. Vols d’effets personnels, repas servis dans des assiettes en carton, absence de pare-soleil, personnels non identifiables. « Ma sœur s’est vue voler plusieurs objets de valeur », témoigne Marie-Ange Castaldo.
Face à cette détresse, les familles demandent des mesures concrètes : renfort immédiat du personnel, réparations urgentes, plan de soins affiché en chambre, communication systématique en cas d’hospitalisation. Christelle Iggidr a même porté plainte pour maltraitance.
Le groupe SOS reconnaît une « crise » et promet des mesures
Face aux accusations de familles de résidents, réunies au sein d’un collectif, le groupe SOS admet des dysfonctionnements et assure avoir enclenché un plan d’action pour redresser la situation.
Les mots sont choisis, mais l’aveu est clair. « Nous avons pleinement conscience des difficultés rencontrées au sein de cet Ehpad, qui traverse actuellement un épisode de crise », admet le groupe SOS, gestionnaire de l’Ehpad Michel-Dinet à Villerupt.
Depuis le 25 juillet, un collectif de familles dénonce des « conditions inacceptables » dans l’établissement. Les critiques portent autant sur la qualité des soins que sur le manque de communication avec les proches. Pour désamorcer la tension, le groupe affirme avoir mobilisé ses équipes centrales afin de déployer un plan d’action « structuré et progressif ». Celui-ci doit répondre aux urgences identifiées : renforcer les effectifs, améliorer la qualité des soins, fluidifier la logistique et rétablir un dialogue régulier avec les familles. Une réunion a été organisée le 23 juillet pour exposer les constats et présenter des mesures concrètes. Le lendemain, un document détaillant ce plan a été envoyé à l’ensemble des familles.
Un directeur sur le départ
Dans ce contexte tendu, le directeur actuel a annoncé sa démission, effective le 22 août. Dans un courrier, il évoque « un nouveau projet » personnel. Le groupe précise qu’une directrice d’appui est déjà présente plusieurs jours par semaine pour accompagner les équipes. Une directrice de transition expérimentée prendra le relais, le temps de recruter un successeur.
Selon le groupe SOS, la situation de l’établissement s’explique aussi par sa localisation. « La majorité des tensions rencontrées sont directement liées à des enjeux de ressources humaines qui touchent malheureusement de nombreux établissements en zone transfrontalière », note-t-il. La proximité avec le Luxembourg, où les salaires sont plus attractifs, complique le recrutement et la fidélisation du personnel.
Le groupe affirme travailler « en lien étroit » avec les autorités de tutelle. Le 21 juillet, une inspection conjointe de l’ARS et du Conseil départemental a eu lieu dans l’établissement. L’objectif affiché est de garantir la continuité des soins et d’assurer, à terme, un fonctionnement conforme aux standards du secteur. « Néanmoins, toutes nos équipes sont mobilisées », insiste la direction, qui promet de poursuivre la mise en œuvre des actions engagées « dans un esprit de rigueur et d’apaisement ».
https://www.republicain-lorrain.fr/faits-divers-justice/2025/08/09/villerupt-des-familles-de-residents-de-l-ehpad-michel-dinet-tirent-la-sonnette-d-alarme
Le liende l'article :
Vous êtes sûr ? Votre mobilisation est importante pour que les pétitions atteignent la victoire !
Sachez que vous pouvez vous désinscrire dès que vous le souhaitez.