“Je me souviendrai toute ma vie du matin même de l’accident. Je disais au directeur du CCAS, ‘avec ces problèmes structurels au Balcon de l’Ile Barbe', on va droit dans le mur". Ces mots sont ceux de Bertrand Debeaux, agent de la ville de Lyon, à la suite de l'accident à l'Ehpad municipal de l'Ile Barbe (9ᵉ arrondissement de Lyon) qui a coûté la vie à une résidente jeudi 26 juin.
"On le sentait. On avait tous les indices d’une désorganisation caractérisée au sein de cet établissement. La seule variable que l’on ne connaissait pas, c’était quand", renchérit le secrétaire général FO ville de Lyon.
Le jeudi 26 juin, dix résidentes de l'établissement médicalisé partent en sortie à Grézieu-la-Varenne, accompagnées de trois encadrantes du CCAS et d'une jeune femme en service civique. Parmi ces dix résidentes, quatre se déplacent en fauteuil roulant et trois autres en déambulateur.
Ce jour-là, la canicule fait rage à Lyon. L'accident se produit lorsqu'une des résidentes oriente son fauteuil dans une pente avant de chuter, estime Bertrand Debeaux. Malgré les tentatives de réanimations des secours et le massage cardiaque réalisé par une accompagnatrice du CCAS, la femme succombe à ses blessures.
“On interroge la nécessité de cette sortie alors qu’il n’y avait pas assez de monde et des températures quand même extrêmes", souligne Bertrand Debeaux. Le représentant syndical ajoute que deux des quatre encadrantes disposaient de préconisations médicales les interdisant de réaliser certaines tâches. De plus, il précise que la quatrième encadrante ne fait partie du personnel professionnel du CCAS en raison de son statut de service civique.
"Il n'y avait pas quatre personnes du CCAS", affirme Bertrand Debeaux, contredisant la communication de la municipalité. "Cette jeune fille est suffisamment traumatisée, alors lui rajouter d'autres problèmes, je trouve ça limite. Vous vous rendez compte la responsabilité que l'on fait peser sur ces gens-là ?!", renchérit le représentant syndical qui a conscience que les employées ne pouvaient pas réaliser à bien leur mission dans ces conditions.
"Personne n’est venu les assister"Il déplore également le fait qu'aucun membre de la direction du CCAS ou de l'établissement n'ait fait le déplacement au moment de l'incident et que les quatre encadrantes aient eu à faire leur déposition devant l'officier de police judiciaire seules.
"Personne n’est venu les assister", explique Bertrand Debeaux. "Elles ne voient une personne spécialisée dans la gestion des chocs post-traumatique qu'aujourd’hui. Ça s’est passé jeudi dernier", renchérit l'agent municipal.
Plus qu'un évènement isolé, les syndicats pointent des dysfonctionnements ne permettant pas à l’établissement d'assurer une gouvernance sereine. En avril dernier, Le Figaro révélait la plainte pour agression sexuelle et insultes racistes au sein de l'Ehpad.
"On avait demandé un audit externe pour avoir un visuel des risques psychosociaux, il a été retardé. Il n’a pas encore eu lieu", indique Bertrand Debeaux.
"On attend des réponses. On veut une clarification officielle de la chaîne de décision qui a mené à cette sortie et une reconnaissance des agents comme victimes indirectes dans l’exercice de leur mission. On veut qu’elles soient protégées, qu’elles soient prises en charge, qu’on les aide à faire leur déclaration d’accident, qu’on les accompagne", conclut le représentant syndical.
Contactée, la ville de Lyon "adresse tout son soutien à la famille, aux autres résidents, ainsi qu’aux professionnels particulièrement éprouvés par ce drame". "Une enquête est en cours, donc aucun commentaire ne sera fait à ce stade", a ajouté la ville.
Le lien de l'article :
https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/il-n-y-avait-pas-assez-de-monde-apres-le-deces-d-une-residente-d-un-ehpad-lyonnais-un-syndicat-denonce-des-dysfonctionnements-3180162.html
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