Chaque établissement a un plan incendie. Pourquoi pas un plan de protection de l'enfance ?
Si demain une école ouvrait ses portes sans extincteurs, sans exercices d'évacuation, sans plan de sécurité et sans personnel formé, personne ne l'accepterait.
Pourquoi ?
Parce que nous avons compris qu'un risque grave exige une prévention organisée. Nous n'attendons pas qu'un bâtiment brûle pour agir.
Nous imposons des procédures. Nous formons les adultes. Nous réalisons des contrôles. Nous faisons des exercices. Nous construisons toute une culture de prévention.
Non parce que les incendies peuvent être totalement évités, mais parce qu'ils peuvent être rendus moins probables. Parce que leurs conséquences peuvent être limitées. Parce que chaque vie sauvée justifie l'effort.
Alors une question s'impose : Pourquoi appliquons-nous cette logique lorsqu'il s'agit du feu, mais pas lorsqu'il s'agit de protéger les enfants des violences sexuelles ?
Car le risque est connu. Depuis des décennies, les scandales se succèdent dans les écoles, les clubs sportifs, les institutions religieuses, les colonies de vacances et les structures d'accueil. À chaque fois, le même scénario. Les faits sont découverts après des mois ou des années. Les victimes parlent lorsqu'elles le peuvent. Les adultes réalisent qu'ils ont vu sans comprendre. Puis la société promet que cela ne se reproduira plus. Jusqu'au scandale suivant.
Imagine-t-on répondre aux incendies de cette manière ? Imagine-t-on attendre que le bâtiment soit réduit en cendres pour se demander s'il aurait fallu former le personnel ? Imagine-t-on attendre des dizaines de victimes pour installer des alarmes ?
Bien sûr que non. Parce que nous savons qu'une société responsable n'attend pas la catastrophe pour organiser sa prévention. Pourtant, c'est exactement ce que nous continuons de faire lorsqu'il s'agit de protéger les enfants.
Nous avons rendu obligatoire la prévention du risque incendie. Nous devons désormais rendre obligatoire la prévention du risque d'atteinte aux mineurs.
Nous demandons la création d'un Plan de Prévention des Risques d'Atteintes aux Mineurs (PPRAM) dans tout établissement accueillant régulièrement des enfants. Comme pour la sécurité incendie, ce plan doit être obligatoire, documenté, contrôlé et audité.
Il doit comprendre :
La formation obligatoire de tous les personnels ;
La vérification des antécédents conformément à la loi ;
La désignation d'un référent protection de l'enfance ;
Des protocoles clairs de signalement ;
Des règles écrites encadrant les interactions entre adultes et mineurs ;
Des audits réguliers garantissant l'application réelle des mesures.
Nous avons accepté de mobiliser des moyens considérables pour prévenir les incendies parce que nous avons compris qu'une vie vaut davantage que le coût de sa protection. Il est temps d'appliquer cette même évidence à l'enfance.
Car lorsqu'un bâtiment brûle, nous faisons tout pour que cela ne se reproduise plus. Lorsqu'un enfant est détruit, nous ne devrions jamais attendre le prochain drame pour agir.
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