Nous demandons l’application immédiate du principe de précaution dans l’intérêt supérieur des enfants.
À Saint-Paul (La Réunion), une personne ayant fait l’objet d’une procédure concernant un enfant a repris ses fonctions au sein de la crèche Raharianne, au contact direct de très jeunes enfants, à la suite d’un classement sans suite.
Cette situation suscite une profonde incompréhension et une vive inquiétude.
Nous souhaitons rappeler un élément essentiel souvent mal compris :
Un classement sans suite ne signifie pas que les faits n’ont pas existé.
Un classement sans suite signifie que, à un instant donné, l’autorité judiciaire estime ne pas disposer d’éléments suffisants pour engager des poursuites ou caractériser l’infraction devant une juridiction.
Autrement dit, un classement sans suite n’est pas une déclaration d’innocence.
Il ne permet pas davantage d’affirmer que les faits dénoncés sont faux.
Dès lors, une question simple se pose :
Comment accepter qu’une personne ayant fait l’objet d’une telle procédure puisse retrouver immédiatement un poste au contact quotidien de très jeunes enfants sans que le principe de précaution ne soit appliqué ?
Cette interrogation est d’autant plus légitime que nous connaissons aujourd’hui l’ampleur des violences sexuelles faites aux enfants.
Chaque année en France, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles.
Cela représente un enfant toutes les trois minutes.
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) a recueilli plus de 33 000 témoignages de victimes.
Ses travaux ont mis en lumière les conséquences dramatiques des alertes insuffisamment prises en compte, des signalements minimisés et des mesures de protection arrivant trop tard.
La CIIVISE s’est également déplacée à La Réunion pour entendre les victimes, les familles et les professionnels.
Partout, le même constat est revenu :
Les enfants ont besoin d’être protégés avant qu’un drame ne survienne.
Parce qu’une fois le drame arrivé, il est toujours trop tard.
Notre démarche ne vise pas à remettre en cause la présomption d’innocence.
Notre démarche ne vise pas à se substituer à la justice.
Notre démarche vise à rappeler que lorsque des enfants sont concernés, leur sécurité doit constituer la priorité absolue.
Nous demandons donc :
• L’application immédiate du principe de précaution dans cette situation, impliquant d'écarter cette personne.
• Que les enfants accueillis à la crèche Raharianne bénéficient du plus haut niveau de protection possible.
• Une transparence complète des autorités compétentes sur les mesures prises pour garantir leur sécurité.
• Une réflexion nationale sur les mesures conservatoires applicables aux professionnels travaillant auprès d’enfants lorsque des procédures de cette nature existent.
• Que la protection de l’enfance devienne enfin une véritable obligation de résultat.
Nous refusons d’attendre un drame pour agir.
Nous refusons de considérer qu’il faut prendre le moindre risque lorsqu’il s’agit d’enfants de quelques mois ou quelques années.
Nous affirmons une conviction simple :
Quand il existe un doute, ce doute doit toujours profiter à la sécurité des enfants.
Nous ne demandons pas de condamner sans juger.
Nous demandons de protéger avant qu’il ne soit trop tard.
Signez cette pétition pour exiger l’application du principe de précaution et rappeler que la protection des enfants doit toujours passer avant toute autre considération.
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