Communiqué revendicatif
Un titre de voyage en bonne et due forme pour Mohamed Kadamy
Les associations
dénoncent le soutien complice que l’État français accorde au régime liberticide de Djibouti contre l'opposant Mohamed Kadamy, par le biais de pressions administratives et judiciaires régulières.
En effet, en février 2019, le juge Serge Tournaire, exécutant une commission rogatoire émise par la justice de Djibouti, avait mis Mohamed Kadamy en examen. Mais la Cour d’appel a annulé cet acte en novembre 2020, confirmant le caractère contestable de la demande et l’instrumentalisation de la justice contre un opposant politique.
Depuis le 6 juin 2024, Mohamed Kadamy tente, vainement, de renouveler son titre de voyage. La préfecture de Seine-Saint-Denis l’a fait patienter au-delà des délais habituels, malheureusement déjà très longs. Il a fallu, le 11 juillet 2025, un courrier au ministre de l’Intérieur de deux députés français, Jean-Paul Lecoq et Alexis Corbière, pour que la préfecture se dise prête à prendre les empreintes Mohamed Kadamy, en janvier et en février 2026. Puis, surprise : le 17 juillet 2026, elle a indiqué à Kadamy que sa demande était « clôturée », mettant un terme à la procédure de délivrance du titre sans autres explications.
Selon l'opposant djiboutien Kadamy, « l’ordre serait venu de la présidence de la République française », sollicitée par le président Ismaël Omar Guelleh lors du renouvellement du traité de défense entre la France et Djibouti en août 2025. A ce moment-là, Omar Guelleh aurait carrément réclamé l’expulsion de France de son vieil opposant, pris pour ennemi. Si Emmanuel Macron n’a pas chassé Kadamy, « il aurait pris l’engagement de le faire surveiller de plus près » (https://mondafrique.com/confidentiels/afrique/entente-franco-djiboutienne-contre-un-opposant/)
L’opposant dénonce « un harcèlement transnational exercé par un régime autoritaire contre un opposant en exil avec des répercussions judiciaires et administratives en France. » Il rappelle que le régime semble engagé dans une logique de « succession dynastique et de répression politique à l'intérieur comme à l'extérieur », profitant de la position stratégique de son territoire qui abrite de grandes bases militaires étrangères, notamment la plus grande installation militaire de la France sur le continent.
Les associations Amicale Panafricaine (AP), Collectif de Défense de l'Intégrité et de la Souveraineté des Comores (CDISCOM), Front Nouveau Citoyen (FNC)
Fait à Paris le 12 août 2026
P/AP P/CDISCOM P/FNC
Le Président Le Porte-parole Le Président
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