La semaine dernière, nous saluions la victoire des mobilisations citoyennes contre le transfert des dauphins de Marineland vers des parcs commerciaux espagnols. Bloquer ces départs de la honte était une étape indispensable, mais la bataille n'est pas finie pour autant. Il ne suffit pas de dire non à l'Espagne, il faut aujourd'hui offrir une vraie perspective d'avenir à ces animaux.

Quatre dauphins femelles attendent toujours dans les bassins d'Antibes depuis la fermeture du parc en janvier 2025, tandis que les onze cétacés de Planète Sauvage restent plongés dans l'incertitude. L'association C'est Assez ! vient de lancer une pétition décisive pour interpeller la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre délégué Mathieu Lefèvre. Il est temps de transformer les discours ministériels en actes en transférant ces dauphins vers le sanctuaire marin de Tarente, en Italie.


Le Gouvernement français avait lui-même affirmé sa volonté de ne pas réexpédier ces dauphins vers le circuit commercial et de privilégier la voie des sanctuaires marins. Cette solution existe bel et bien.


En Italie, le San Paolo Dolphin Refuge, porté par l'organisation Jonian Dolphin Conservation, a désormais obtenu toutes les autorisations officielles. Étendu sur sept hectares de zone marine protégée, ce refuge offre aux dauphins la possibilité de quitter enfin le béton pour retrouver le milieu naturel, la houle et les éléments, tout en bénéficiant d'un suivi vétérinaire de pointe.


Cette piste n'a d'ailleurs rien d'une utopie, le site de Tarente a déjà fait l'objet d'expertises menées par des vétérinaires mandatés par le ministère français, qui ont rendu un avis favorable à l'accueil de ces animaux.


Déplacer des cétacés d'un bassin artificiel à un autre n'est pas une solution neutre, c'est un risque vital. L'actualité récente vient de nous le rappeler de la plus tragique des manières quelques jours seulement après son transfert vers l'aquarium Shedd de Chicago, la femelle béluga Peekachu, âgée de 23 ans, est morte brutalement.


Nous ne pouvons pas laisser les quatre dauphins d'Antibes et ceux de Planète Sauvage subir cette loterie mortelle au gré des intérêts financiers de l'industrie du spectacle. Les garder prisonniers de l'incertitude ou les ballotter entre delphinariums est irresponsable.

L'association C'est Assez ! demande aux autorités françaises de prendre leurs responsabilités sans plus attendre :


  • Un positionnement officiel immédiat en faveur du transfert des quatre dauphins de Marineland vers le refuge marin de Tarente.

  • L'engagement sans délai des démarches administratives, scientifiques et diplomatiques nécessaires à leur acheminement.

  • Une concertation entre l'État, la Jonian Dolphin Conservation, Marineland et Planète Sauvage pour planifier l'accueil de l'ensemble des cétacés concernés.

  • Le gel de tout nouveau transfert commercial, tant qu'une solution de sanctuaire n'est pas définitivement validée.

La France doit tenir sa parole : signez l'appel de C'est Assez !