C'est officiel, le ZooParc de Beauval abandonne son projet de centre d'accueil pour dauphins. Une annonce que nous attendions depuis plusieurs mois et qui constitue une véritable victoire pour les plus de 44 000 signataires de la pétition lancée par C'estAssez!
Mais cette victoire mérite d'être fêtée avec nuance.
Car si nous nous réjouissons de voir disparaître le projet de nouveaux bassins pour les cétacés, nous savons aussi que l'abandon de Beauval laisse aujourd'hui planer de nombreuses inquiétudes sur l'avenir des dauphins concernés.
Une mobilisation qui aura porté ses fruits
Depuis plusieurs mois, certaines associations se mobilisent contre le projet porté par Beauval, initialement présenté comme un Centre d'Études, de Recherche Scientifique et de Sauvegarde pour Dauphins.
Le projet devait notamment permettre d'accueillir des dauphins provenant de delphinariums européens, dont ceux de Marineland d'Antibes, fermé au public en janvier 2025, et de Planète Sauvage. Beauval envisageait une vaste installation composée d'une dizaine de bassins et de plusieurs lagons, avec une capacité d'accueil d'environ 25 dauphins.
Sur le papier, le projet se voulait différent des anciens delphinariums : pas de spectacles, pas de logique commerciale affichée et un objectif présenté comme scientifique et centré sur le bien-être des animaux.
Mais cela ne suffisait pas.
Car derrière cette nouvelle appellation se posait une question, était-on réellement en train de sortir de la captivité des cétacés ou simplement de créer une nouvelle infrastructure permettant de la prolonger ?
L'un des principaux points de désaccord concernait la reproduction.
Beauval avait d'abord indiqué qu'aucune reproduction n'était prévue à court terme. Mais son directeur, Rodolphe Delord, avait également expliqué que la reproduction pourrait devenir nécessaire à l'avenir pour des raisons liées à la constitution et à la socialisation des groupes.
Autrement dit, la porte n'était pas définitivement fermée.
Cette perspective inquiétait particulièrement les associations mobilisées contre le projet. Faire naître de nouveaux dauphins en captivité aurait signifié maintenir durablement une population captive alors même que la France s'est engagée à tourner la page des delphinariums.
La question des transferts était également au cœur des inquiétudes. Beauval avait expliqué que des animaux pourraient, dans certaines circonstances, être transférés vers d'autres établissements présentant des conditions d'accueil jugées équivalentes.
Pour les opposants au projet, cela soulevait une autre question, peut-on réellement parler de sanctuaire si les animaux continuent à circuler entre des structures zoologiques ?
C'est précisément ce que la pétition dénonçait.
L'idée n'est pas d'être pas opposés à l'idée d'un véritable refuge ou sanctuaire pour les dauphins. Au contraire.
Le 25 août 2026, après plusieurs mois d'études et d'expertises, Beauval a finalement annoncé qu'il renonçait à son projet. Le zoo évoque notamment le coût du projet, estimé à environ 45 millions d'euros, les recours juridiques et l'absence de garanties suffisantes de la part de l'État.
Mais l'abandon de Beauval ne signifie malheureusement pas que les dauphins sont désormais sauvés.
La question de leur devenir reste entière car l'objectif n'est pas qu'ils restent dans des installations vétustes.
Ni que la seule réponse à cette situation soit de les envoyer vers des bassins pour les maintenir sous un système de captivité dont notre société cherche justement à sortir.
Parce que la fin d'un projet de delphinarium ne doit pas simplement déplacer le problème ailleurs.
L'abandon du projet de Beauval nous donne aujourd'hui l'occasion de demander encore plus fortement aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités et de construire cette solution.
Bravo à toutes celles et ceux qui ont signé la pétition. Cette mobilisation a montré qu'une grande partie du public ne veut plus voir se multiplier les structures de captivité pour les cétacés.
Cette victoire doit être le début d'une véritable sortie de la captivité des cétacés.
Merci aux plus de 44 000 signataires d'avoir fait entendre leur voix. Cette victoire est aussi la vôtre.
