Nous sommes en plein été, la période de l'année où les abandons d'animaux domestiques atteignent des sommets. Et quelle réponse notre Parlement choisit-il d'apporter à cette misère ? Les armes à feu.
Le Sénat vient de voter un amendement d'une violence inouïe. Ce texte autorise les préfets des territoires d'Outre-mer (DOM) à ordonner, pendant une période de deux mois, l'abattage des chiens errants et divagants.
Qui va presser la détente ? Des agents de l'État, des lieutenants de louveterie, mais aussi de simples détenteurs d'un permis de chasser. Un texte initialement pensé pour réguler les loups en métropole vient d'être détourné pour transformer nos animaux de compagnie en gibier.
Face à cette décision, deux pétitions ont été lancées par le Collectif Chiens & Chats Martinique et l'association Argos42 pour bloquer ce projet de loi avant qu'il ne soit trop tard. Une Commission Mixte Paritaire (CMP) se réunit le 16 juillet 2026 pour trancher définitivement. Il nous reste quelques jours pour empêcher ce texte.
Cet amendement fait mine de répondre à la détresse légitime des éleveurs caprins, ovins et bovins dont les troupeaux subissent des attaques. Le problème est réel. Mais la solution proposée est un non-sens scientifique, éthique et pratique.
L'échec prouvé des abattages : En Martinique, la fourrière euthanasie déjà environ 3 000 chiens chaque année. À La Réunion, les vagues de mises à mort se succèdent également. Le résultat ? Le nombre de chiens errants ne recule pas d'un pouce.
Selon les estimations des professionnels du secteur, près de 90 % des chiens en Martinique ne sont pas identifiés. Ce n'est pas l'animal qui choisit de naître dans la rue ou de rompre son attache, c'est le propriétaire qui viole la loi en refusant de le pucer ou en le jetant sur la voie publique. Pourquoi faire payer cette défaillance humaine à coups de fusil ?
De plus, les chiens errants ne s'isolent pas au fond de forêts de chasse réglementées. Ils vivent à proximité des habitations, des axes routiers, des plages et des villages. Ouvrir le feu sur des animaux domestiques dans ces zones fait peser un risque de balles perdues sur la sécurité de l'ensemble des citoyens des DOM.
Prendre les armes est la solution de facilité des gouvernants qui refusent de financer le droit animal. Le Collectif Chiens & Chats Martinique et Argos42 réclament l'application immédiate de vraies mesures de fond.
Soutenez ces demandes en signant les deux pétitions avant le 16 juillet 2026 :
Pétition 1 : ICI
Pétition 2 : ICI
