Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les membres du Conseil de sécurité de l’ONU,
Il y a dix ans, la communauté internationale s’engageait à protéger les professionnels de santé dans les conflits.
Le 3 mai 2016, le Conseil de sécurité des Nations Unies adoptait à l’unanimité la résolution 2286, condamnant les attaques contre les blessés et les malades, les personnels médicaux et humanitaires, leurs moyens de transport et leurs équipements, ainsi que les hôpitaux et autres structures médicales.
Dix ans plus tard, plus de 17 000 incidents affectant les soins de santé ont été documentés. Près de cinq chaque jour.
Derrière ces chiffres, il y a des médecins, des infirmières et infirmiers, des ambulanciers, des secouristes… tués ou blessés alors qu’ils tentaient de sauver des vies. Et chaque jour, de nouvelles attaques touchent des structures de santé, des ambulances ou des soignants.
C’est au nom de ces professionnels de santé, au nom de mes collègues humanitaires, que je vous écris.
Je suis le Dr Mego Terzian. Pédiatre et médecin humanitaire, ancien président de Médecins sans Frontières France, je dirige actuellement l’ONG Mehad, qui intervient en zones de conflit en s’appuyant en priorité sur les compétences des professionnels de santé locaux.
J’ai consacré ma carrière à venir en aide à ceux qui sont privés de soins, partout où le droit à la santé est bafoué. J’y ai côtoyé des travailleurs humanitaires de santé d’un courage et d’un dévouement extraordinaire. Leur sécurité a toujours constitué la priorité de nos équipes.
Mais ces dernières années, leur vie et leur capacité à soigner sont directement menacées par la multiplication des attaques visant les structures et les professionnels de santé.
Rien que depuis le début de l’année 2026, 379 attaques ont eu lieu en Ukraine, 164 en Palestine, 15 en Syrie et 1 au Yémen, les différents pays d’intervention de notre ONG.
Ces attaques, en plus de menacer mes collègues et confrères, mettent également à mal l’ensemble de nos actions de santé sur le terrain, compromettant l’accès aux soins pour les populations locales, déjà fragilisées par des systèmes de santé mis à terre.
Il y a dix ans, avec la résolution 2286, le Conseil de sécurité condamnait ces attaques et demandait à toutes les parties aux conflits armés de respecter pleinement leurs obligations au titre du droit international.
Dix ans plus tard, les condamnations ne suffisent plus.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, nous vous demandons aujourd’hui de traduire ces engagements en actes et d’agir pour obtenir :
Votre engagement, aujourd’hui, est fondamental, et doit être celui-ci : que plus aucun professionnel de santé supplémentaire ne meure pour avoir voulu sauver des vies.
Préserver la vie des soignants, c’est préserver l’humanité.
Vous êtes sûr ? Votre mobilisation est importante pour que les pétitions atteignent la victoire !
Sachez que vous pouvez vous désinscrire dès que vous le souhaitez.