Chaque année en France, 80 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme.
Derrière ce chiffre, il y a près de 2 millions d’enfants et de jeunes en grande difficulté. À l’échelle du pays c’est près d’un élève sur six, mais à l’échelle d’une classe, c’est 4 à 5 enfants risquant, peu à peu, de perdre confiance, de décrocher et de voir leur avenir se refermer.
Le décrochage scolaire n’est pas une fatalité. Il peut être évité si l’on agit tôt, au bon moment, avec les bons accompagnements.
Mais aujourd’hui, cette prévention est menacée.
Partout en France, des associations d’éducation alertent. Leurs financements baissent. Leurs équipes sont fragilisées. Conséquence : certaines sont déjà contraintes de réduire leur présence auprès des enfants et des familles.
Récemment en Lozère, la Ligue de l’enseignement, association d’éducation populaire présente depuis plus de 80 ans, a annoncé être en redressement judiciaire et risque de disparaître.
Or, ce qui se passe en Lozère peut arriver ailleurs.
Quand une association ferme, ce ne sont pas seulement des emplois qui disparaissent. Ce sont des enfants, des parents et des territoires entiers qui perdent un soutien de proximité. Et ce sont autant de chances de changer des trajectoires qui disparaissent.
Pourtant, le coût de l’inaction est immense : le décrochage scolaire coûte près de 25 milliards d’euros par an à la France.
Face à cela, l’investissement public en prévention reste très insuffisant : environ 600 millions d’euros par an, dont seulement 100 millions sous forme de subventions aux associations d’éducation. Cela représente environ 300 euros par jeune en grande difficulté.
300 euros pour éviter une rupture qui peut coûter une vie entière.
Les associations d’éducation ne remplacent pas l’école. Elles la complètent en apportant du temps, de l’attention, de l’écoute, des encouragements, des mentors, des repères, des liens avec les familles et avec le monde professionnel.
Elles agissent là où tout peut encore basculer : au moment où un enfant décroche en lecture, où un collégien perd confiance, où un lycéen est tétanisé au moment de faire des choix pour son orientation, où un jeune risque de sortir du système sans solution.
Aujourd’hui, il faudrait agir au moins quatre fois plus pour toucher les 2 millions de jeunes à risque.
Réduire les moyens des associations d’éducation, ce n’est pas faire une économie. C’est prendre le risque de payer beaucoup plus cher demain : en décrochage, en chômage, en pauvreté, en perte de confiance et en fractures sociales.
Nous refusons que la prévention du décrochage devienne une variable d’ajustement budgétaire.
Ce que nous demandons :
La sanctuarisation des financements des associations d’éducation qui préviennent le décrochage scolaire.
Un plan national de prévention à la hauteur des 2 millions de jeunes en difficulté.
Une reconnaissance claire de l’apport des associations aux côtés de l’école, des familles et des territoires.
Parents, grands-parents, citoyens, enseignants, entreprises, bénévoles : nous sommes tous concernés.
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