Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, Monsieur le Premier ministre,
Nous, l’association
C’est Assez !, engagée depuis de nombreuses années pour mettre fin à la captivité des cétacés, vous demandons de prendre une décision cohérente avec les engagements que vous avez vous-mêmes pris :
offrir aux derniers dauphins de Marineland et de Planète Sauvage une véritable alternative à la captivité, en permettant leur transfert vers le San Paolo Dolphin Refuge de Tarente, en Italie.
Depuis la fermeture définitive de Marineland en janvier 2025, l’avenir de ses cétacés reste marqué par les décisions, les projets et les revirements. Sur les douze dauphins présents à Antibes, huit ont finalement été transférés à Malaga en juillet dernier.
Quatre femelles sont aujourd’hui toujours à Marineland. Les onze dauphins de Planète Sauvage pourraient, eux aussi, se retrouver confrontés à une nouvelle période d’incertitude. Pourtant, le Gouvernement avait clairement indiqué que les dauphins n’avaient pas vocation à être envoyés en Espagne, estimant que cette destination ne présentait pas suffisamment de garanties en matière de bien-être et pouvait les exposer à une nouvelle exploitation commerciale.
Vous aviez également affirmé vouloir « poser les bases d’un modèle exemplaire de transition vers les sanctuaires marins ».
Nous partageons pleinement cette ambition. Aujourd’hui, une solution concrète existe.À Tarente, le
San Paolo Dolphin Refuge, développé par la Jonian Dolphin Conservation, dispose désormais des autorisations officielles nécessaires à son fonctionnement. Étendu sur sept hectares de zone marine, il permet aux dauphins de quitter les bassins artificiels pour évoluer dans un environnement marin plus vaste et naturel, tout en bénéficiant d’un suivi vétérinaire et scientifique.
Cette solution n’est d’ailleurs pas nouvelle pour les services de l’État : le refuge de Tarente avait déjà été étudié dans le cadre des réflexions sur l’avenir des cétacés de Marineland, et des vétérinaires mandatés par le ministère avaient rendu un avis favorable à l’accueil de dauphins dans cette structure.
Alors, qu’attendons-nous pour leur donner cette chance ?
Nous ne souhaitons pas que ces animaux restent prisonniers de l’incertitude ni qu’ils deviennent les victimes d’une succession de transferts entre établissements de captivité. L’actualité récente nous rappelle d’ailleurs les risques que peuvent représenter ces déplacements : quelques jours après son transfert vers le Shedd Aquarium de Chicago,
la femelle béluga Peekachu, âgée de 23 ans, est morte brutalement.Nous vous demandons donc solennellement de
revoir la stratégie concernant les quatre dauphins encore présents à Marineland et de faire du refuge de Tarente une priorité.
Nous vous demandons :
- de vous positionner officiellement en faveur du transfert des quatre dauphins de Marineland vers le San Paolo Dolphin Refuge de Tarente ;
- d’engager sans délai les démarches administratives, scientifiques et diplomatiques nécessaires à leur transfert ;
- de travailler avec la Jonian Dolphin Conservation, Marineland et Planète Sauvage afin d’évaluer les modalités d’accueil, immédiates et futures, des dauphins concernés ;
- de garantir que ces animaux ne seront plus déplacés d’un établissement de captivité à un autre à des fins commerciales ;
- de poursuivre, parallèlement, les réflexions et les actions permettant la création d’autres sanctuaires marins.
Dans l’attente, nous vous demandons de n’autoriser aucun nouveau transfert et de maintenir les animaux là où ils sont, auprès de leurs soigneurs et dans les meilleures conditions possibles.
La France a aujourd’hui l’occasion de transformer ses paroles en actes. Si le sanctuaire constitue réellement, comme l’affirme le Gouvernement, « la seule solution éthique » pour les cétacés, alors les dauphins de Marineland doivent eux aussi pouvoir en bénéficier.
Il est temps de leur offrir autre chose qu’un nouveau bassin.
Il est temps de leur offrir un refuge.Nous vous demandons de choisir Tarente, tout en travaillant dès maintenant à l’émergence d’autres sanctuaires.
Pour eux. Pour leur avenir. Et pour que la fin de Marineland ne soit pas simplement le début d’une nouvelle histoire de captivité.
Nous comptons sur votre responsabilité et votre engagement