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Appel à pétition adressé au Premier ministre et à la ministre chargée de la Transition écologique
La chasse implique l’usage d’armes à feu dans des espaces souvent partagés avec des riverains, des promeneurs, des cyclistes, des travailleurs forestiers et d’autres usagers de la nature. Elle exige donc un niveau de compétence, de vigilance et d’aptitude qui ne peut pas être considéré comme définitivement acquis le jour de l’examen initial. Aujourd’hui, le droit de chasser suppose la réussite à un examen puis, pour chaque saison, la validation du permis. Une formation décennale obligatoire à la sécurité existe également. Toutefois, cette remise à niveau ne constitue pas un nouvel examen d’aptitude et ne suffit pas, à elle seule, à garantir durablement la maîtrise des règles essentielles : identification certaine de la cible, respect de l’angle de sécurité, prise en compte de l’environnement et manipulation sans danger de l’arme.
Des faits récents qui imposent de maintenir l’exigence
Les bilans de l’Office français de la biodiversité montrent à la fois les progrès accomplis et la persistance d’un risque grave. Pour la saison 2024-2025, l’OFB a recensé 100 accidents faisant 103 victimes (les erreurs de cible comme confondre un chien pour un sanglier ne sont pas comptabilisés comme accident mortel), dont 11 décès. Les 11 accidents mortels ont eu lieu lors de chasses au grand gibier ; cinq étaient des auto-accidents. Seize non-chasseurs ont été victimes d’un accident corporel, dont trois grièvement. Le non-respect de l’angle de 30 degrés demeurait la première cause d’accident lors des chasses au grand gibier, tandis que les mauvaises manipulations ou tenues de l’arme restaient fortement impliquées. Pour la saison 2025-2026, le bilan fait état de 92 accidents et de quatre décès, tous parmi les chasseurs, dont trois auto-accidents. Dix non-chasseurs ont néanmoins été blessés, dont quatre grièvement. Ces chiffres sont plus faibles qu’il y a vingt ans, mais ils rappellent qu’une erreur d’identification, un tir dans un angle interdit ou une mauvaise manipulation peut encore tuer ou mutiler. Chaque décès récent est un exemple concret de l’irréversibilité de ces fautes. Sources : bilan OFB 2024-2025 et bilan OFB 2025-2026.
Nous demandons un examen initial renforcé
Nous demandons que l’examen du permis de chasser accorde une place déterminante aux mises en situation pratiques et à la sécurité. La réussite pourrait être conditionnée à l’obtention d’au moins 85 % des points, avec élimination immédiate en cas de faute mettant une personne en danger : tir sans identification certaine, franchissement de l’angle de sécurité, arme dirigée vers autrui, déplacement dangereux avec une arme chargée ou mauvaise appréciation de l’environnement. La formation préalable devrait comprendre davantage d’exercices encadrés, notamment sur les tirs fichants, les ricochets, les distances, la signalisation d’une battue et la coexistence avec les autres usagers des espaces naturels.
Nous demandons une validité limitée, une aptitude régulièrement vérifiée et un âge maximal fixé à 70 ans
Le permis ne devrait plus ouvrir un droit définitif sans nouvelle évaluation. Nous proposons une revalidation pratique et théorique tous les 10 ans, en présentiel, portant sur les gestes de sécurité, l’identification de la cible et la maîtrise de l’arme. Une attestation médicale périodique devrait vérifier les capacités directement nécessaires à une pratique sûre, notamment la vision, l’audition, la mobilité, la coordination et l’absence de contre-indication incompatible avec le port d’une arme. La fréquence de ce contrôle pourrait être renforcée lorsqu’un professionnel de santé le juge nécessaire.
Nous demandons également que la loi fixe à 70 ans l’âge maximal pour pratiquer la chasse et pour obtenir la validation annuelle du permis de chasser. À compter du soixante-dixième anniversaire, cette validation ne pourrait plus être délivrée ni renouvelée. Cette limite d’âge, claire et uniforme, aurait pour objectif de renforcer la prévention des accidents et la protection de l’ensemble des usagers des espaces naturels.
Notre appel
Nous, signataires, demandons au Gouvernement d’ouvrir sans délai une concertation associant l’État, l’OFB, les fédérations de chasseurs, les professionnels de santé, les associations d’usagers de la nature et les représentants des collectivités. Cette concertation devra déboucher sur un projet de loi renforçant l’examen initial, instituant une revalidation périodique réellement évaluative, organisant un contrôle médical proportionné, fixant à 70 ans l’âge maximal pour chasser et améliorant la traçabilité des formations, suspensions et accidents. Il ne s’agit pas de stigmatiser les chasseurs, mais d’appliquer à une activité armée un principe simple : la capacité à pratiquer en sécurité doit être démontrée au départ, vérifiée régulièrement et limitée dans le temps. Nous appelons le Premier ministre et la ministre chargée de la Transition écologique à faire de l’objectif « zéro mort, zéro blessé évitable » une priorité nationale et invitons chaque citoyenne et chaque citoyen attaché au partage sûr des espaces naturels à signer cette pétition.
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