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À l’attention de Madame la Cheffe de l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale
Madame la Cheffe de l’Inspection générale,
Nous vous soumettons une demande formelle d’inspection concernant deux membres de la gendarmerie : un ancien officier désormais en reconversion dans le secteur privé, et un officier de réserve opérationnelle en activité. Leur implication respective dans une procédure commune, marquée par la coexistence de rôles distincts, soulève des interrogations déontologiques légitimes.
Le 16 novembre 2019, en forêt de Retz, Elisa Pilarski, jeune femme enceinte, perdait la vie à la suite d'une attaque de canidés alors qu'elle promenait Curtis, le chien de son compagnon. Ce jour-là, fête de la Saint-Hubert, une chasse à courre était organisée par l’équipage du « Rallye de la Passion », dont le maître d’équipage a par la suite été placé sous le statut de témoin assisté.
Parmi les invités de cette chasse figurait, à titre privé, le commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Aisne, le lieutenant-colonel Jean-Charles Metras. Parallèlement, l’équipage a choisi pour assurer sa défense Maître Guillaume Demarcq, par ailleurs officier de réserve au sein de la gendarmerie nationale.
Cette démarche vise à faire toute la lumière sur d'éventuels conflits d’intérêts et sur le strict respect des règles déontologiques applicables aux militaires d'active et de réserve.
1. Concernant le lieutenant-colonel Jean-Charles Metras
Bien que le parquet ait rapidement confié les investigations à une unité extérieure à son autorité pour parer toute suspicion, la présence sur les lieux du commandant de groupement au moment des faits continue de soulever des questions :
Quel a été son rôle précis sur les lieux avant l'arrivée des enquêteurs ? Pourquoi aucune mesure immédiate d’assistance ou de signalement officiel n'a-t-elle été effectuée lors de sa rencontre avec le compagnon de la victime ?
Pour quels motifs a-t-il quitté la chasse prématurément, comme rapporté durant la procédure ?
Toutes les garanties d’impartialité et de réserve ont-elles été observées dès les premières heures de l’intervention ?
La mutation intervenue début janvier 2020 outre-mer, suivie de son départ vers le secteur privé, présente-t-elle un lien institutionnel avec le traitement de ce dossier ?
2. Concernant l’avocat et officier de réserve Guillaume Demarcq
Le choix par l'équipage d'un avocat exerçant conjointement des responsabilités d'officier de réserve au sein de l'institution chargée d'une partie des constatations initiales appelle plusieurs éclaircissements :
Quelle était son affectation précise au sein de la réserve de la gendarmerie nationale en novembre 2019 ?
Selon quelles modalités et à quelle date l'équipage a-t-il sollicité son ministère ?
Existait-il des liens professionnels, hiérarchiques ou de service antérieurs entre le lieutenant-colonel Metras et l’officier de réserve Demarcq ?
Le cumul de ses prérogatives d’officier de réserve et de conseil de la défense a-t-il fait l'objet d'un examen de compatibilité déontologique ?
Notre requête :
Afin de garantir la confiance du public dans l’impartialité des services de l’État et d’apporter des réponses claires à des interrogations persistantes, nous vous demandons d'ordonner l'ouverture d'une enquête administrative et déontologique approfondie.
Cette inspection devra vérifier si l'ensemble des règles professionnelles, devoirs de réserve et obligations déontologiques applicables au personnel de la gendarmerie ont été scrupuleusement respectés.
Nous vous prions d’agréer, Madame la Cheffe de l’Inspection générale, l’expression de notre haute considération.
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