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Le 2 septembre 2026, Madame le Maire de Châteney (70240), en Haute-Saône, a pris un arrêté permanent interdisant de déposer de la nourriture « en tous lieux publics et privés » afin d’attirer les animaux errants, sauvages ou redevenus tels, notamment les chats.
Nous, habitants, propriétaires, riverains, personnes concernées par la protection animale, et SENSIBLES au sort des animaux, demandons le retrait de cet arrêté.
Nous comprenons la nécessité d’éviter les dépôts incontrôlés de nourriture lorsqu’ils sont effectivement susceptibles de provoquer des nuisances, des problèmes de salubrité ou d’attirer des rongeurs.
Mais nous considérons qu’une interdiction générale et permanente du nourrissage, applicable sur l’ensemble de la commune et jusque dans les lieux privés, ne constitue pas une réponse satisfaisante à la présence et à la multiplication des chats errants.
La municipalité reconnaît elle-même, dans la publication accompagnant son arrêté, l’existence d’un « nombre exponentiel de chats ».
Or, interdire de nourrir ces animaux ne les fera pas disparaître et n’empêchera pas leur reproduction.
Une démarche avait déjà été entreprise avec une association de Vesoul afin de rechercher avec la commune une solution à la prolifération des chats errants, notamment par leur stérilisation.
Des échanges ont eu lieu et une réunion a été organisée.
Cette démarche n’a finalement pas abouti, notamment faute de solution permettant d’accueillir temporairement les chats pendant leur convalescence après stérilisation, la possibilité de disposer à cette fin d’un local communal n’ayant pas été acceptée par la municipalité.
Il est donc regrettable qu’après l’échec de cette recherche de solution, la réponse apportée aujourd’hui consiste à interdire le nourrissage des animaux.
Pour expliquer sa décision, la municipalité indique publiquement :
« Vu le nombre exponentiel de chats et le coût élevé de la stérilisation, le budget de la commune ne permet pas de faire cette prise en charge. »
Cette affirmation nous conduit nécessairement à nous interroger sur les choix et priorités budgétaires de la commune.
Châteney consacre notamment des moyens au fleurissement et à l’embellissement du village, avec en particulier l’installation et l’entretien d’importants bacs de fleurs.
La commune fait également le choix de maintenir l’éclairage public durant la nuit, alors que l’extinction nocturne est pratiquée dans plusieurs communes environnantes. Et ce malgré l'impact constaté sur la faune (chiroptères) et la flore.
Nous ne contestons ni le principe du fleurissement du village ni la nécessité d’un éclairage public lorsqu’il est justifié, programmé et mesuré.
Mais dès lors que la commune invoque elle-même publiquement son budget pour expliquer qu’elle ne peut pas participer à une politique de stérilisation des chats errants, il est légitime que les habitants s’interrogent sur les priorités retenues et sur les économies qui pourraient éventuellement permettre de dégager des moyens pour rechercher une solution durable.
Un budget communal traduit aussi des choix.
Si le nombre de chats est réellement devenu « exponentiel », comme l’affirme la municipalité, nous demandons que la recherche d’une solution durable à cette situation fasse partie des priorités examinées.
La rédaction de l’arrêté soulève par ailleurs des interrogations très concrètes.
Que se passe-t-il, par exemple, lorsqu’un habitant s’absente et demande à un voisin, un proche ou un tiers de venir nourrir son chat à l’extérieur de son domicile, alors que la nourriture déposée peut également attirer un chat errant ?
La question se pose d’autant plus que l’interdiction s’étend expressément aux lieux privés.
De même, pourquoi l’arrêté vise-t-il de manière aussi générale les « animaux sauvages » ?
Quelle est alors sa portée à l’égard des autres pratiques de dépôt de nourriture concernant la faune sauvage, notamment l’agrainage des sangliers, qui relève par ailleurs d’une réglementation spécifique ?
Ces exemples illustrent les difficultés auxquelles peut conduire une interdiction aussi largement formulée.
Nous demandons :
– le retrait de l’arrêté permanent du 2 septembre 2026 portant interdiction de nourrir les chats errants ;
– l’ouverture d’une véritable concertation entre la municipalité, les habitants et les associations de protection animale ;
– la recherche de solutions permettant de maîtriser durablement la population de chats errants, notamment par la stérilisation et l’identification ;
– l’examen des moyens financiers susceptibles d’être consacrés à cette politique au regard de l’ensemble des priorités budgétaires de la commune.
Protéger la salubrité du village, maîtriser la population de chats errants et agir de manière responsable envers les animaux sont des objectifs parfaitement conciliables.
La faim ne constitue pas une méthode de régulation d’une population animale.
Nous demandons donc à la municipalité de retirer l’arrêté du 2 septembre 2026 et de privilégier une réponse concertée, responsable et durable au problème de la prolifération des chats errants.
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