PETITE ASSOCIATION BASTET : LE RETOUR DU RETOUR…
1- MÊME MES RENARDS…nommés ambassadeurs de Bastet, aujourd’hui…
Même mes renards savent se tenir. Ils ont appris à ne plus se disputer les plats posés au pied du vieux chêne qui les attend toutes les nuits, vers 3h du matin, l’heure à laquelle je cesse de croire en Dieu («… On est seuls, vraiment seuls… »), et ce jusqu’au retour de la lumière de l’aube et de mes espérances, indécrottable optimiste et girouette que je suis.
Le plus intrépide de mes renards attend à quelques dizaines de mètres de la maison que je me décide à sortir et à monter dans ma voiture. Je suis une citadine. La nuit, je meurs de peur, l’imagination en roue libre. La campagne est pleine d’yeux qui brillent rouges ou blancs au moindre trait de lumière et on ne sait pas ce qu’il y a derrière ces yeux-là et à quelle distance: une belette, un vampire, un lièvre, un sanglier, un loup, Dieu sait…
Dès que je démarre, Goupil le Renard s’élance dans l’herbe, le long du chemin que je prends toutes les nuits. C’est au premier qui arrivera au pied du chêne près du portail. Goupil file comme une flèche tandis que je roule prudemment sur le chemin de calcaire: chevreuils, sangliers et marcassins, ragondins en rase-mottes y sont peut-être tous à discuter les infos du jour. Goupil est gagnant, bien sûr. « PREM’ ! » souffle-t-il en me contournant de très près. Que je traîne une seconde de trop à servir les portions et il laisse échapper un gémissement de chiot : « Dépêche-toi! J’ai TROOOOP faim! ».
Oui, "mes" renards, même affamés, ont appris à se maîtriser. C’est vrai qu’aux premières plaintes (" Y fait rien qu'à vouloir me piquer mon assiette!… ») et menaces (« T'voir ta gueule dans la forêt… »), j’ai pris ma grosse voix de prof habituée à aligner galopins et ados rebelles:
« Et alors ?! En voilà des manières de voyous ! Jeux de mains, jeux de vilains ! ». Fin quasi immédiate du concert de glapissements: la petite dame n’a pas l’air commode, tout d’un coup. Faudrait voir à voir qu’elle reparte pas avec le souper; ça sent bien bon, d’ici…
Pourrait-on, de la même manière, sermonner les enragés qui nous mettent le monde à feu, à sang et à désespoir ? « Et alors ?! En voilà des manières de voyous ! Jeux de mains, jeux de vilains ! Il y a assez à manger pour tout le monde ! On arrête tout de suite de prendre son voisin à la gorge et de tuer ses petits, on ne le chasse pas de son bout de forêt, on s’occupe seulement du sien et de son assiette à soi! Rompez ! ».
Ils n’écouteront pas, leur âme perdue depuis longtemps. C’est un temps de férocité primitive, le monde dirigé par des barbares psychopathes, rapaces et cruels et qui ne rêvent que destruction matérielle et culturelle, avec un unique mot (pour un seul neurone?) en guise de slogan: « oblitération ». Hélas, il n’y en a pas un pour racheter l’autre.
« C’est çui qui dit qui y est, alors ? », suggère Petite Rousse, témoin de mon accablement. Avec tout ça, pourvu que je n’oublie pas ses crevettes !
« Qu’est-ce qu’il reste ?!… » m’a demandé une amie épouvantée par l’effroyable cruauté affichée partout dans le monde, quel que soit le camp des assassins. Il reste tous ceux qu’on aime, les amours et les amis, toutes les bonnes volontés, la solidarité et l'empathie, l'humour bienveillant et la fantaisie, tout ce qui nous sauve de la désespérante noirceur et de la folie furieuse de nos contemporains.
Il nous reste AUSSI les animaux…Même mes renards… Finalement, on a de la chance, on n'est pas tout seuls. Pas complètement.
« Allons bon! ENCORE une histoire à dormir debout !…Et on sait même pas OÙ elle veut en venir ! Tout ça à lire, c’est trop dur » ! soupirent quelques visiteuses pour lesquelles les histoires, c’est du temps perdu. Si encore je vantais une super crème à faire pousser les cils et tomber les poils des bras, je servirais au moins à quelque chose ! Mais là, les renards, franchement ?! Ça existe encore, ces bêtes-là, à part en garnitures de capuches?
Il plane dans l’air comme une envie de m’oblitérer une fois pour toutes…
Pourtant, c’est vrai : même les renards, libérés petit à petit de leur statut injuste de « nuisibles », même les renards VIVANTS embellissent le monde.
2-QUELQUES NOUVELLES DU FRONT avec toute ma gratitude pour le soutien apporté aux animaux en peine, dont vous reconnaîtrez certains, précédemment évoqués :
Heureusement, il y a aussi les animaux. Dont les Chats, pour ma part. Les félins orphelins, accueillis, consolés, rassurés. Nourris et /ou allaités avec la crème de la crème des aliments puisqu’il n’y a presque jamais de maman pour faire le travail.
Il y a ceux qu’on élève, ceux qu’on soigne (pathologie, maltraitance ou accident) et qu’on remet sur pied avec ou sans chirurgie. Il y a ceux qui pourront partir (ou pas) en adoption et ceux aussi qu’on perd car le vivant n’a qu’un temps.
Nous faisons de notre mieux pour faire face aux difficultés, et aux coûts des difficultés. « Bon, on mangera des pâtes. », ai-je l’habitude de dire quand je dois sortir la carte de crédit de l’association. Je ne plaisante qu’à moitié.
Par précaution, en début d’année, avec le retour de la lumière, nous gardons un oeil vigilant sur les toutes jeunes minettes qui flirtent avec les matous du voisinage. Le réchauffement climatique, c’est aussi la précocité des premières chaleurs. Des petites de 5 mois, à peine sorties de l’enfance, donnent naissance à des chatons au format de souriceaux. Sur l’année, c’est une gestation de plus que ce que Mère Nature avait prévu.
Par solidarité, je continue à livrer en croquettes le maître (qui compte ses centimes) de Rose, la staff au coeur tendre et à la gueule d’enfer, et à ses trois copains Chats, qui mangent comme quatre. On ne peut pas les nourrir que de pâtes ou de riz.
Par loyauté (nous avons promis), nous continuons à alimenter Moumoune, belle croisée siamoise de 13 ans qui a découvert sur le tard le bonheur d’avoir maison et câlins. En janvier, nous avons découvert que Moumoune souffrait de maux de dents. Détartrage et extraction de quelques chicots terrifiants, sous sédation. J’aurais aimé l’être aussi lorsque notre vétérinaire m’a donné la facture, même si elle est parfaitement justifiée.
Par respect de la parole donnée, je continue à suivre Bibou, si craintif que seul le généreux adoptant de son frère Patchi a accepté de l’accueillir. Cinq ans plus tard, je suis toujours là pour Bibou et son protecteur.
Par prudence, nous avons accepté que Piana soit énucléée d’un oeil, trop abimé. Elle s’était déjà habituée à ne voir que d’un oeil, elle a pris très vite ses marques. Dadum, lui, est resté aveugle, ou avec une si pauvre vision qu’il reste prudemment entre maison et jardin, sans tenter d’exploration. C’est un très gentil chat. Mais qui l’adoptera sans crainte?
Par souci de lui épargner davantage de souffrances, nous avons fait endormir (dans les larmes) le tendre Ashoka à la gorge envahie d’excroissances incontrôlables, conséquences d’une maladie auto-immune que ni soins dentaires, ni laser, ni chirurgie, ni phytothérapie et pas même deux greffes de cellules-souches n’ont réussi à stopper. Pas loin de 3 ans de traitements divers, de tentatives inabouties, d’espoirs déçus.
Au nom de la même compassion, nous avons aussi laissé partir Petit Black Jack, après deux ans de diarrhées contre lesquelles nous avons tout tenté, et perdu. Très dur.
La douce Fiesta nous a été enlevée à 17 ans par un cancer. Elle s’est endormie pour toujours dans les bras de sa maman d’accueil. Enterrée dans son jardin.
Mimine, 18 ans, venue de Bastet, vient de s’envoler au paradis des Chats après avoir accompagné pendant toute son enfance et jusqu’à l’âge d’homme le petit garçon de la famille. Beau travail, Mimine!
Yuyu, chaton mignon d’une autre association et pour lequel j’avais rédigé sur ce même site un appel à l’aide, a guéri complètement de sa péritonite infectieuse féline. Laquelle tuait, il n’y a pas si longtemps, 100% des chatons et chats atteints. Merci encore à tous ceux qui se sont sentis concernés.
Le P’tit Pirate, abîmé par un fou furieux, a dû être amputé d’une patte arrière. Ça ne l’a pas empêché de faire craquer toute une famille, pourtant déjà largement équipée en chats Bastet. Le P’tit Pirate est le plus coquin et le plus joyeux des chatons!
Nous avons recueilli Maya, presque 14 ans, hospitalisée plusieurs fois pour des infections urinaires tenaces et dont le maître, qui l’aimait tant, disait-il, se fiche aujourd’hui de l’état de santé, elle pourrait aller agoniser et mourir sous une voiture, ce n’est plus son problème.
Maya est pensionnaire chez nous depuis un an. Un chèque de 20 euros adressé à la bénévole a clôturé sans vergogne treize ans d’adoption et une prise en charge fidèle de notre part chaque fois que le monsieur séjournait à l’hôpital. Une morale aussi bancale devrait se voir à cent mètres dans le brouillard et lui faire honte publiquement.
Nous entretenons toujours dans un mini refuge, chez une bénévole généreuse, plusieurs dizaines de félins inadoptables (âgés, malades), dont des fratries de sauvageons inoffensifs mais toujours terrifiés. Nous ne sommes pourtant pas terrifiantes (je le jure !) !
Par manque de moyens, nous laissons provisoirement aux soins d’une famille voisine qui fait de son mieux trois chats adultes qu’une très vieille dame a dû laisser derrière elle.
Et puis il y a Maki, le dernier miracle en date, un vrai, un authentique miracle ! Presque 3 ans de recherches obstinées pour de « bons » adoptants, 3 ans de refus polis à des propositions d’adoption en appartement ou même en caravane (« Non, mais on lui mettra un harnais pour pas qu’elle se sauve! »), de RV avortés à la dernière minute.
Maki était interdite de séjour dans la maison de sa protectrice car Première Minette en place ne souffrait pas de concurrence. Affectueuse, paisible, couleur de pain doré tout juste sorti du four, toute jolie mais… une queue deux fois plus courte que la normale. Presque trois hivers dans un cabanon équipé d’un couchage confortable, mais quand l’hiver est rude, l’inconfort l’est aussi. Je commençais à désespérer pour elle.
Or, c’est incroyable, elle vient de susciter un véritable coup de foudre dans le coeur d’une famille de rêve, en pleine campagne.
« Vous êtes tombée de quelle planète? Vous arrivez tout droit de Lourdes, ou bien? », ai-je demandé avec ma meilleure imitation d’accent suisse, stupéfaite par l’enthousiasme exceptionnel et le ton chaleureux de mon interlocutrice réagissant à l’histoire de Maki.
Laquelle, dans la seconde où elle a été déposée dans cette famille-là, était chez elle. Comme si l’une et les autres se connaissaient depuis toujours. Champagne!…
Oui, heureusement, il y a aussi les animaux. Il nous faut continuer à être là pour eux. Pour vous, pour les enfants qui grandissent avec eux, pour les solitaires qu’ils accompagnent. Pour la Vie, qu’ils embellissent. Pour nous tous.
Cependant, qu’est-ce qu’il resterait, sans AUSSI les associations de protection animale?
Or, pour tenir et réussir tout ce pour quoi nous existons, toutes ces vies minuscules que nous sauvons, accueillons, protégeons, il se trouve que nous aussi, associations de Protection Animale, nous avons besoin d’être soutenues.
Peut-être qu’il manque une super « Association de Protection » des « Associations de Protection Animale », puisque l’Etat s’en lave les mains tout en encaissant la TVA avec une régularité d’horloge.
En ce milieu de printemps, moi (petite) présidente de la (petite) association Bastet, moi qui gère aussi bien que je le peux et en conscience la vie de nos protégés et l’accompagnement des quelques bénévoles et familles d’accueil de l’association, je me mange les doigts d’avance à l’approche de l’été et en voyant ce que nous portons déjà.
Puis-je encore solliciter votre attention pour que nous puissions tenir les quelques mois dont chacun de nos petits aura besoin pour arriver jusqu’à sa future famille ? Les félins orphelins sont en train de nous tomber dans les bras comme les pommes des pommiers à l’automne… Et nous ne sommes que fin avril…
Ce soir, je demanderais peut-être à mes renards de me faire une petite place sous le vieux chêne. J’ai déjà mon assiette et je suis très partageuse…
Pour nous accompagner, et nous aider si vous le pouvez, vous pouvez nous retrouver sur notre page FaceBook : Association Bastet 3.
Ou directement à l’adresse de l’association : 52 Route de Camarsac 33670 Sadirac
Portable 06 87 16 64 11
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