Le cheval serait, dit-on, "la plus noble conquête de l'homme". Pourtant, cela ne l'empêche pas de finir à l'abattoir. C'est donc là le sort que l'homme réserve à ses conquêtes.
Certes, les autres animaux d'élevage mériteraient eux aussi d'être traités différemment. Mais peut-on espérer un jour qu'ils soient enfin respectés en tant qu'êtres vivants, si nous ne respectons même pas ceux qui nous sont les plus familiers ?
À ce jour, le cheval est encore considéré juridiquement comme un animal de rente, c'est-à-dire comme un bout de viande à vendre au plus offrant. Le cheval, les chevaux qui sont peut-être aussi des amis, des compagnons de certains-quelle qu'ait été leur vie, leur destin est le même.
Allié sur les champs de bataille, il nous a suivi dans les grands moments de l'Histoire ; ne mériterait-il pas plus d'égards ? Après avoir fait gagner de l'argent à quelques parieurs, ne peut-il espérer en guise de remerciement qu'un aller simple vers l'abattoir ? Pourquoi lui refusons nous encore une fin de vie digne et paisible ?
Cet animal, d'une grande sensibilité, mérite d'être reconnu. Ne cessons pas de nous battre pour changer les mentalités ; la société doit évoluer pour donner sa place à chacun : animal humain ou non-humain.
Je demande l'abolition de l'hippophagie comme un geste fort et plein de sens, ainsi que l'évolution du statut juridique du cheval vers celui d'animal de compagnie. L'abolition de cette pratique d'un autre temps était l'un des grands combats de Mme Bardot. Malheureusement, elle n'aura pas pu la voir de son vivant : mais son combat doit perdurer et perdurera.
Ne laissons pas l'argent et la loi du plus fort l'emporter toujours sur l'éthique et la reconnaissance de l'autre, qui n'est jamais que le miroir de soi. Il est temps de reconnaître le cheval comme un ami et un compagnon, au même titre que nos chiens et nos chats : en somme, comme un familier. On ne mange pas sa famille.