Les acteurs de toutes les tauromachies n’ont de cesse de revendiquer haut et fort leurs spécificités autour des vaches et des taureaux. La quintessence du Sud selon eux.
Cependant, derrière une communication festive et bon enfant de la Communauté de communes de Haute-Saône et du comité des fêtes d’Errevet, intitulée « Les Vachettes en Folie », se profile l’implantation d’une pratique qui se heurte à la législation sur la maltraitance animale.
En premier lieu, un long déplacement est imposé aux animaux : les vaches sont transportées par un producteur de spectacles de courses landaises de Saint-Martin de Hynx (40) jusqu’à Errevet, soit une distance de 989 kilomètres x 2, ajoutés au confinement, à la fatigue et au stress d’un long voyage.
Ensuite, l’irrespect de l’animal, chosifié et utilisé à des fins de divertissements, occulte sa qualité d’être vivant doué de sensibilité ainsi que les obligations nécessaires à ses besoins.
L’an dernier, nous nous sommes rendus sur place et nos constatations ont été sans appel. La première vache qui est entrée dans l’arène avait le corps lacéré de toutes parts, elle bavait et semblait apeurée. Elle était encordée afin d’être contrainte à suivre le cordier qui la dirigeait manuellement dans ses déplacements pour qu’un « torero » se tenant sur la trajectoire puisse sauter par-dessus à son approche. D’autres vaches, forcées de sortir du « corral » à l’aide d’une pique, ont été livrées à la surexcitation du public. Ce dernier était invité à leur lancer des ballons et des cerceaux ; le but était de viser les cornes. Affolées, les vaches couraient en tous sens et ne se figeaient que pour reprendre leur respiration. Elles cherchaient désespérément une issue lorsqu’elles étaient heurtées par les objets.
Enfin, les vaches landaises sont issues de la race des taureaux mis à mort dans les arènes et la collusion entre les deux tauromachies est assumée, voire revendiquée par les aficionados. Tête de proue de la corrida, la tauromachie landaise contrevient au bien-être animal et n’a pas sa place dans une région riche de sa culture et de ses traditions.
En conséquence, nous demandons l'annulation de cet événement, et nous invitons les communes concernées de Haute-Saône à se pencher sur la notion de divertissement, en sorte de prévoir dans l'organisation de leurs fêtes de villages des activités récréatives dignes de ce nom, excluant toute souffrance animale.
LES MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DE DEFENSE ANIMALE BELFORT - D.A.B.
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