Chers signataires,
Je reviens vers vous au sujet de la pétition que vous avez bien voulu signer il y a quelques jours, et je vous en remercie encore très sincèrement.
Depuis, j’ai approfondi le dossier et je peux désormais confirmer ce que j’avais constaté sur le terrain : la logique actuelle n’a rien d’écologique. Il ne s’agit pas de préserver la forêt face aux changements climatiques, mais bien d’une logique de rentabilité à court terme.
Les coupes rases se multiplient dans les forêts françaises, remplacées ensuite par des peuplements de Douglas ou d’essences exotiques — surtout du Douglas, car c’est ce que demande le marché. Les grosses scieries ont disparu, et les gros arbres, impossibles à traiter en France, sont désormais envoyés… en Chine. On pourrait au moins éviter de les abattre.
Concernant l’argument d’un « abattage nécessaire des ongulés » pour permettre aux jeunes arbres de pousser, il s’agit là encore d’un prétexte : il coûterait plus cher de protéger les plants (une hausse de 50–60 % du coût de plantation).
À cela s’ajoute que les baux de chasse constituent une importante source de revenus pour l’ONF.
Voilà la réalité qui se cache derrière le rapport fallacieux dont je vous avais parlé. Certaines forêts n’ont déjà plus de cerfs ; les chevreuils prennent le relais, mais l’on parle désormais de les classer comme nuisibles.
Les choses ont bien changé… Je me souviens d’une visite à l’ONF de Fontainebleau à la fin des années 80, pour des travaux scolaires : la personne qui m’avait reçu était un véritable amoureux de la nature, heureux de partager sa passion pour la forêt et ses habitants. Il n’était pas dans une logique de profit, mais dans une logique de respect et de transmission. Cette époque semble bien loin.
La forêt française est en train de disparaître, et bientôt nous ne pourrons même plus en constater l’état : on en interdira l’accès au nom du risque d’incendie — toujours sous couvert de « réchauffement climatique », qui a bon dos.
À partir de ce constat, notre objectif est désormais de fédérer les associations et de demander fermement à l’ONF et aux ministères concernés de céder des sites pilotes sur lesquels nous démontrerons qu’il est possible de faire mieux qu’eux.
Nous pourrons nous inspirer de ce qui se fait en Suisse, où existent des réserves sans chasse, afin de les mettre au pied du mur et de leur prouver par les faits que leur gestion actuelle est aberrante.
C’est une grande désolation, mais il faut être lucides : pétitions et manifestations ne suffiront pas. Il va falloir être beaucoup plus proactifs et prendre le relais d’institutions gravement défaillantes.
Nous aurons encore besoin de vous pour que ce projet aboutisse. Je reviendrai notamment vers vous pour vous demander de solliciter les associations locales œuvrant pour la faune, la flore et les forêts, afin qu’elles s’impliquent dans cette démarche. Il nous faudra une mobilisation massive. En attendant, merci de continuer à diffuser la pétition.
Merci encore pour votre soutien, et à très bientôt pour la suite.
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