C’est une petite fratrie blanche avec mignon bonnet noir ou gris foncé sur les oreilles : irrésistible !
Trois minuscules chatons, nés d’une maman sauvageonne (et sans doute équilibriste) sous un avant-toit et attrapés l’un après l’autre. Colombine est arrivée la première. Une imprudence au bord du toit l’a jetée dans les bras d’une dame compatissante qui me l’a déposée le 31 mai.
Biberon de consolation pour commencer, puis nettoyage approfondi car elle est mangée de puces. Colombine, toute proprette, est ravissante. Petit Pierrot suit le 6 juin. Un peu plus timide que sa soeur, mais aussi tendre, charmeur, câlin, communicatif, émouvant…
Les chatons sont le meilleur remède du monde contre les angoisses générées en cette saison par les accueils incessants et la gestion d’une association de protection animale, petit canot de sauvetage qui ne doit en aucun cas chavirer. Les chatons, même devenus solides félins, sont de toute façon le meilleur remède du monde contre beaucoup d’angoisses et de soucis. Pas tous, mais beaucoup.
Chaque accueil débute par une quarantaine obligatoire avant l’introduction au groupe des autres chatons.
Le bricolage compliqué d’un enclos intérieur laisse de l’espace pour recommencer à courir et jouer : chatons heureux, chatons joyeux, qui ont l’air d’apprécier la douceur du couchage, les biberons réconfortants et la nourriture abondante, la crème de la crème :-)
Puis le 18 juin est arrivé/e le(la) dernier (dernière) de la fratrie. Tout(e) petit(e) et d’une humeur de dogue d’avoir été piégé(e) sur son toit dans une cage-trappe… Le bonnet noir enfoncé jusqu’aux yeux, recroquevillé(e) de terreur, puis prêt(e) à vendre chèrement sa peau. La tétine du biberon en fait les premiers frais. Qui pourrait croire que de si minuscules quenottes seraient capables de décapiter si vite la crème de la crème des tétines? Normalement, cette petite chose aurait dû passer ensuite au nettoyage et au déparasitage. Les puces ne sont pas bienvenues dans la maison et Chaton N°3 est cracra. Avec la fratrie reconstituée, j’ai sous les yeux un avant-après très convaincant :
Deux petits mignons tout frais d’un côté, et de l’autre un(e) diablotin(e) enragé(e) et grisâtre. On va peut-être éviter d’aller tout de suite lui chatouiller le menton...
Pourquoi toutes ces parenthèses en (e) ? Parce que je tiens à mes doigts, peut-être excessivement mais on ne se refait pas. Les moignons, c’est affreusement mal pratique pour des tas de choses, même taper un plaidoyer de plus en faveur d’une petite association aussi méritante que la nôtre (oui oui oui…).
Donc je n’ai pas lavé la petite chose, je n’ai pas passé le peigne à puces, ni le gant humide imprégné d'anti-parasites. Je n’ai pas non plus imprudemment relevé la queue ou tenté de mettre Chaton sur le dos pour savoir s’il s’agissait d’un(e) petit(e) guerrier(guerrière)…Fille ou garçon, on verrait plus tard.
J’ai traité le petit monstre avec une pipette de Stronghold (la crème de la crème, encore…) avant de le/la déposer dans sa grande cage de quarantaine, hors d’atteinte des deux autres qui avaient deux bonnes semaines d’avance.
Petit Monstre est très vite devenu Attila… Qui ne m’accueillait il y a encore peu (très peu…) qu’avec de très convaincants grondements et des coups de pattes destinés à me faire reculer (ce que j’ai fait, plus d’une fois…). Attila soufflait, feulait et grognait comme un petit chien. Ou plutôt comme un très grand dogue. Il / elle me rappelait ces joueurs néo-zélandais qui, à peine entrés sur un stade de rugby, se mettent en formation et scandent des horreurs à l’adresse de l’ennemi, le camp d’en face, tout en se livrant à une gestuelle menaçante qui ne donne pas du tout envie d’aller leur chatouiller le menton.
Pour lui nettoyer sa cage, renouveler eau et croquettes et lui servir sa pâtée (hum… la crème de la crème, bien sûr…), j'ai enfilé, les premiers jours, le gant de cuisine le plus épais qui soit. « Encore la grosse chose bleue ! », soufflait Attila en me voyant approcher. « T’es pas ma mère! », grognait-elle en langage chaton, comme l’aurait fait n’importe quel(le) petit(e) d’humain devant une « belle-mère » détestée quoi qu’elle fasse.
Je sais, mon petit chou, je sais. J’aimerais tellement que tu sois rassuré(e), apaisé(e), heureux(se), pour pouvoir te laisser rejoindre ta fratrie et les autres chatons !
Cela dit, c’est vrai, j’aime beaucoup le bleu, mais je ne suis pas grosse, je suis juste beaucoup plus grande que toi. Et musclée. J’insiste sur ce point, mon petit chou !
Attila a fini par me trouver moins désagréable. Il/elle n’apprécie pas forcément mes câlins (« T’as les mains pleines de DOIGTS! ») mais s’habitue tout doucement à être touché. Je vais finir par regarder de près son intimité: garçon ou fille ?
« Attila » , finalement, comme nom, c’est de l’homéopathie: on soigne le mal par le mal. Peut-être qu’il/elle va finir Petit(e) Ange ? :-)
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