Les petits bouts nous tombent dessus comme les pommes des pommiers en automne.
Pour de bon, parfois, car des minettes vont chercher la sécurité pour elles et leurs petits dans des endroits impossibles: un creux sous un avant-toit, un poulailler abandonné et crasseux, un grenier oublié.
D’où un jour dégringolent des petites boules de fourrure mangées de puces… Nous reconstituons laborieusement des fratries dispersées, il ne faut laisser aucun mini félin seul sous ses tuiles ou enfoncé au plus profond de buissons épineux. Maman minette, si elle est sociable, a une chance d’être mise en sécurité. Qu’elle soit devenue trop méfiante et/ou semi-sauvageonne, il ne restera plus qu’à tenter de la piéger plus tard pour la faire stériliser avant de la relâcher.
Les petits bouts nous arrivent souvent avec une conjonctivite qui leur fait dégouliner et se fermer leurs yeux. On nettoie sommairement puis on nourrit, car ça rassure. On nourrit toujours avec la meilleure qualité possible. Pas d’équivalent fast-food pour des petits sans maman et / ou des mamans qui doivent se refaire une santé.
Il faut vite ensuite soigner pour que leur vue ne souffre pas de ces infections et que les dégâts ne gagnent pas la zone ORL. Traitement antibiotique incontournable.
Quand, une nuit d’insomnie ou entre deux biberons, on calcule le prix au kilo de la super pommade ophtalmique (qui existe depuis bien 25 ans, donc création largement amortie) vendue en tubes de 5 grammes, un rapide calcul (serais-je paranoïaque pour me faire ainsi peur?!) on arrive à 4.000 € le kilo…
Je multiplie les regrets des études que j’aurais pu faire si j’avais deviné que mon destin me conduirait non pas à enseigner la littérature à des ados presque toujours morts d’ennui, mais au sauvetage de félins: un BTS (ou même une agrégation) de laiterie avec double option biberonnage ET fabrication de lait maternisé, ou un CAP option recherche en pommade ophtalmo, il y avait de quoi faire. Et ce n’est pas fini !
Car quelquefois, au cours de l’examen minutieux d’une fratrie, on découvre une dépilation suspecte, un petit rond de peau sans fourrure: c’est la teigne. Rien de mortel, juste une mycose, mais contagieuse, et aux humains aussi. Il existait il y a quelques années un super médicament, facile à faire avaler. On pouvait traiter un chaton sur 30 jours pour une douzaine d’euros. Il a disparu. Le seul traitement accessible aujourd’hui coûte presque 110€ par chaton. Comment fait une association quand elle a une fratrie de 4 ou 5 chatons à traiter, ou tout un groupe d’une bonne quinzaine de rescapés ici et au moins autant ailleurs, dans une autre famille d'accueil ?
Pourquoi, mais pourquoi n’ai-je jamais pensé à devenir chercheur en teigne? J’aurais tout fait pour trouver LE bon remède au prix du kilo des fraises Tagada. Pas un centime de plus.
Bref, mes petits mignons espèrent ne pas être oubliés pendant que vous vous faites dorer recto/verso sur les belles plages de France ou d’ailleurs … Pardon, je corrige: j’espère que bien installés sous votre parasol ou accrochés à votre bouée canard, vous n’oublierez pas mes orphelins félins. Même pas à mi-juin, nous en sommes déjà à 24 chatons recueillis et presque 3 fois plus d’adultes… avec teigne, bordures d’oreilles touchées par un sarcome et qu’il va falloir retailler, quenottes entartrées et usées. Et pour tous, progressivement, vaccins, puces électroniques et stérilisations à financer. C’est vertigineux.
Heureusement, pour l’instant, nous échappons au cruel et douloureux typhus et nous avons le soutien indéfectible de nos vétérinaires. Heureusement, un jour ou l’autre, la petite chose qui vous regarde avec tant d’attention, pas très sûre si elle doit avoir peur ou pas, sera assez grande pour être adoptée par de bons humains, et ils seront très heureux ensemble et auront beaucoup d’enfants…
Ah, non. Ça, c’est une autre histoire ! Pas de petits pour nos petits devenus grands ! Nous y veillons ! :-)
Si vous voulez nous aider, c'est ici :
https://www.facebook.com/groups/1637941006388011
Mon adresse :
ASSOCIATION BASTET, Mahine Bridewell
52 route de camarsac
33670 Sadirac
mail : [email protected]
tel : 06 87 16 64 11 pour discuter et nous soutenir dans notre combat
Vous êtes sûr ? Votre mobilisation est importante pour que les pétitions atteignent la victoire !
Sachez que vous pouvez vous désinscrire dès que vous le souhaitez.