Groupe Mammalogique Breton : ces passionnés qui œuvrent pour protéger les mammifères sauvages de Bretagne

Que se passe-t-il lorsqu'une loutre s'installe près d'un cours d'eau, qu'une colonie de chauves-souris élit domicile dans une maison ou qu'un hérisson traverse régulièrement un jardin ? Pour le Groupe Mammalogique Breton (GMB), ce sont autant d'occasions d'en apprendre davantage sur les mammifères sauvages et surtout de mieux les protéger.

Créée en 1988, cette association de protection de la nature travaille depuis près de 40 ans sur les cinq départements de la Bretagne historique. Son objectif est  de mieux connaître les mammifères sauvages, étudier leurs populations, préserver leurs habitats et sensibiliser le public à leur protection.

Avant de pouvoir protéger une espèce, encore faut-il savoir où elle vit, comment elle se déplace et comment évoluent ses populations.

C'est l'une des grandes missions du GMB. Depuis sa création, l'association réalise des inventaires, suit les populations et recueille les observations faites sur le terrain. Ces données permettent notamment d'alimenter l'Observatoire des Mammifères de Bretagne et l'Atlas des Mammifères de Bretagne.

Et chacun peut contribuer.

Le GMB invite les habitants à transmettre leurs observations, y compris lorsqu'il s'agit d'espèces très communes. Les naturalistes bénévoles peuvent également participer à des suivis plus poussés, avec des protocoles spécifiques.

L'association anime notamment des réseaux consacrés aux chauves-souris, à la Loutre et aux micromammifères. Des bénévoles peuvent ainsi participer à des comptages de chauves-souris, rechercher des indices de présence de la Loutre ou du Castor, analyser des pelotes de réjection de chouettes ou encore suivre des terriers de Blaireaux.

Une manière de transformer une simple promenade dans la nature en véritable contribution à la connaissance de la faune bretonne.

Observer les animaux ne suffit évidemment pas si leurs habitats disparaissent.

Le GMB développe donc également un réseau de sites protégés pour les mammifères sauvages. L'association indique gérer aujourd'hui 62 réserves en Bretagne, auxquelles s'ajoutent des sites bénéficiant de conventions, de partenariats ou de protections réglementaires.

Mais la protection ne passe pas uniquement par de grandes réserves naturelles. C'est justement l'une des particularités du travail du GMB : permettre aussi aux particuliers et aux collectivités d'agir à leur échelle.

Le GMB a créé le dispositif « Refuge pour les chauves-souris », qui permet à des particuliers, des collectivités, des associations ou encore des établissements scolaires de s'engager concrètement pour leur protection.

L'idée est assez simple, adapter certaines pratiques d'entretien des bâtiments et des espaces extérieurs afin de laisser davantage de place à ces animaux souvent victimes de travaux ou de rénovations.

Cela peut notamment passer par la réalisation de travaux en dehors des périodes où les chauves-souris sont présentes, l'utilisation de produits non toxiques pour les charpentes ou encore la conservation de certains espaces favorables dans les murs, les arbres ou sous les ponts.

Et le dispositif semble avoir trouvé son public 276 conventions étaient signées dans les cinq départements bretons au 1er septembre 2026, alors que le programme fête cette année ses 20 ans. Né en Bretagne en 2006, il a depuis été repris dans d'autres régions françaises.

Même principe pour la Loutre avec les « Havres de Paix ».

Des particuliers ou des collectivités peuvent ainsi s'engager à préserver des espaces favorables à l'espèce, notamment autour des cours d'eau et des zones humides. Le but est de multiplier les endroits où la Loutre peut vivre avec davantage de tranquillité.

Ces dispositifs reposent sur le volontariat et permettent de faire de la protection de la biodiversité quelque chose de très concret, il n'est pas nécessaire d'être propriétaire d'une immense réserve naturelle pour agir.

Le GMB intervient également lorsqu'un animal sauvage et un humain se retrouvent un peu malgré eux à devoir cohabiter.

Une chauve-souris dans une maison, un blaireau dans un jardin, une loutre près d'une habitation, ces situations peuvent susciter beaucoup de questions.

L'association propose ainsi un service de médiation et de conseil, avec notamment le dispositif SOS Mammifères sauvages. Selon les situations, les équipes peuvent renseigner les particuliers par téléphone ou par mail et, lorsque cela est nécessaire, se déplacer directement sur place.

L'objectif n'est pas simplement de faire partir l'animal à tout prix, mais de trouver une solution permettant autant que possible de préserver la cohabitation.

Derrière toutes ces actions, le GMB s'appuie sur une équipe salariée mais aussi sur un réseau important de bénévoles.

L'association compte aujourd'hui 9 salariés, épaulés par les bénévoles qui participent aux observations, aux inventaires, aux suivis d'espèces, aux actions de médiation ou encore aux opérations de terrain.

Le GMB propose également des formations destinées aux bénévoles, aux professionnels et aux étudiants. L'association organise par ailleurs des événements et produit des outils pédagogiques pour mieux faire connaître les mammifères sauvages et les menaces qui pèsent sur eux.

Car protéger un animal que l'on connaît mal est difficile. Faire découvrir sa vie, ses besoins et les dangers auxquels il est confronté permet aussi de donner envie de le préserver.

Ces derniers mois, l'association s'est notamment intéressée à la présence du loup en Bretagne, au suivi des hérissons, aux petits mammifères menacés du bocage et des zones humides ou encore aux conséquences possibles du développement des énergies renouvelables sur les mammifères.

Si vous voulez en découvrir davantage, rendez-vous sur leur site internet !