Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous présenter une interview d'Antenne Zoologie

Derrière ce média, Raphaël Lambert un passionné de biologie qui partage au quotidien des infos insolites et des découvertes sur le monde animal.

Concrètement, c'est le compte qui rend la zoologie accessible, passionnante et souvent très décalée ! 

Dans cette interview, on a discuté de son parcours, de son amour pour les histoires de conservation réussies, des grands mythes sur les animaux, et surtout des actions que chacun peut mettre en place au quotidien pour protéger la biodiversité. Je vous laisse découvrir tout cela sans plus attendre ! 

1) Est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement ? Qui êtes-vous, quel est votre parcours, et comment est née l'idée de créer Antenne Zoologie ?

Je m'appelle Raphaël Lambert. Je suis passionné par les animaux depuis toujours, depuis mes grands livres d'images d'enfant où je voyais les animaux exotiques dessinés sur des cartes du monde. J'ai toujours su que ma vie serait dédiée à “protéger les animaux” sans savoir exactement à quoi cela correspondrait (et on ne peut pas dire que les conseillers d'orientation m'aient beaucoup aidé !). J'ai suivi une licence en Biologie puis un master en Ecologie, où j'ai appris énormément sur le vivant, son fonctionnement complexe et fragile, l'impact des activités humaines et aussi les actions pour le protéger. Suite à ces études, j'ai décidé de faire un service civique en Sensibilisation à l'environnement pour une association nature locale. C'est cette expérience qui m'a fait réaliser que ce que je préférais, c'était parler, informer, transmettre sur ma passion. Et que ça pouvait être un métier !
L'idée de créer une chaine YouTube pour parler des animaux est née à ce moment, pour pouvoir transmettre tout ce que j'apprenais, mais je ne l'ai concrétisée que quelques années plus tard, en 2019. Finalement, Antenne Zoologie est devenu un média surtout actif sur Instagram, un peu sur Facebook, et moins sur YouTube.

2) Quel est le sujet ou l'animal qui vous passionne le plus et que vous aimez le plus faire découvrir aux gens ?

J'aime beaucoup raconter les histoires des espèces qui ont été sauvées de l'extinction. Dans un monde plutôt anxiogène et qui pousse au pessimisme, ça me parait important, inspirant et motivant de rappeler qu'il y a de magnifiques succès, de belles histoires d'humains passionnés qui ont inversé une tendance négative. Et il y en a finalement beaucoup plus qu'on ne pense, à commencer par les vautours et les rapaces dans nos contrées, les rhinocéros blancs en Afrique, le tamarin lion doré, un petit singe du Brésil, l'oie d'Hawaï…
Cela montre aussi que la conservation est une science, avec des mécaniques qui fonctionnent, et qui parfois n'attendent qu'à être répliquées ailleurs. Sauver des espèces et leur environnement, on sait faire ! C'est juste souvent (malheureusement) une question de volonté ou de non volonté politique.

3) Quel est votre point de vue sur le rôle des zoos dans la conservation des espèces ? Sont-ils selon vous indispensables aujourd'hui ?

Les parcs zoologiques sont des acteurs hyper importants dans la conservation des espèces menacées. Parmi les cas que je viens de citer, du vautour fauve en France au tamarin lion du Brésil, les réintroductions issues de zoos ont été essentielles dans la sauvegarde de ces espèces. Mais ce que je dis souvent, c'est que justement ce n'est pas mon point de vue. Les zoos sont reconnus comme acteurs de la conservation par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, qui regroupe des milliers de scientifiques et édite et actualise la fameuse Liste rouge. Le rôle des zoos m'a été enseigné par mes professeurs d'université. La plupart des ONG de préservation qui travaillent sur le terrain sont partenaires de parcs zoologiques. C'est le cas de Save The Rhino International par exemple, du Vulture Conservation Fundation, du Red Panda Network… Moi j'applique le raisonnement scientifique. Si les spécialistes de la conservation intègrent les zoos parmi eux, c'est que c'est le cas. Mais attention : “zoo” veut tout et rien dire. Entre un “zoo” de centre commercial en Russie ou à Dubaï, le “zoo” avec des orange-outans qui font de la boxe en Indonésie, et le zoo scientifique à but non lucratif qui travaille à des projets de reproduction en France ou en Angleterre, ce n'est même pas le même métier. Quand on parle du rôle des zoos, on parle des zoos scientifiques, accrédités en association internationales, comme l'EAZA en Europe. Ce n'est pas la totalité des zoos.

4) Vous arrivez à rendre la zoologie et l'écologie attractives pour un public qui n'y connaît rien au départ, comment faites-vous ?

Si vous trouvez, merci j'en suis très flatté !
C'est une de mes plus grandes questions en fait. Est-ce que je touche des personnes qui n'y connaissent rien et que j'attire vers les sujets zoologiques ou écologiques, ou est-ce que finalement je ne parle qu'à des gens déjà convaincus ? Ce qui est déjà très bien en soi, d'apprendre et informer les personnes motivées. En tout cas, je tente au maximum d'attraper des angles d'attaques dans la culture générale. C'était l'idée du lancement d'Antenne Zoologie : parler des animaux qui ont inspiré les Pokémons, les super héros, les contes et les histoires. Aujourd'hui, je profite de l'actualité, de phénomènes de société, de “buzzs” pour introduire des sujets plus scientifiques. Parfois ça marche très bien ! Mais c'est toujours un mystère : on ne sait jamais vraiment à l'avance quel post va cartonner et être très partagé, et quel autre va finir plus anonymement.

5) Quel est le plus gros mythe ou idée fausse sur les animaux que vous entendez encore très souvent ? (ou “les” s'il y en a plusieurs)

Je trouve qu'il y a une inquiétante méconnaissance du vivant dans nos sociétés très urbanisées. Et notamment du rapport aux espèces entre elles et envers les humains. Les gens pensent souvent qu'une bonne intention suffit, quand ils nourrissent les oiseaux ou les hérissons de manière non adéquate, qu'ils “recueillent” un bébé animal en s'en occupant eux-mêmes…
C'est compliqué de faire comprendre qu'il ne suffit pas d'aimer les animaux pour savoir les aider ou ce qui est bon pour eux, mais c'est très important.
Sinon parmi les idées fausses, il y a tous les clichés qui circulent encore et toujours : une vipère c'est méchant, le lion est un roi fainéant, le panda géant a des problèmes de libido, le manchot vit sur la banquise… Tout ça, je cherche à le déconstruire !

6) Parmi toutes les infos insolites que vous avez partagées, laquelle a le plus surpris vos abonnés ?

Il y a du contenu qui marche souvent bien, c'est lorsque je dédiabolise un animal qui a mauvaise réputation. J'avais fait un sujet sur la hyène brune, puis plus tard sur les corbeaux de France, et enfin sur l'étourneau. J'ai eu beaucoup de réactions positives de personnes qui avaient appris des infos, et ainsi à mieux les connaître et les apprécier, et qui partageaient à leur réseau. Créer ce sentiment d'engagement sur un sujet, d'appropriation, ça fait très plaisir.

7) Quelles sont selon vous les meilleures actions qu'une personne peut faire au quotidien pour protéger la biodiversité et les animaux sauvages ?

La meilleure action pour moi c'est de savoir qui contacter si on a besoin d'aider la faune sauvage. Connaître le centre de soins le plus proche de chez soi, avoir leur numéro dans le répertoire, et avoir potassé un peu leur site internet pour savoir quoi faire si vous trouvez un animal blessé.
De plus, les centres de soins sont d'excellents relais d'infos sur la nature : apprenez à laisser de la place au vivant. Toute personne qui a un jardin peut faire déjà un geste énorme en arrêtant de tondre au millimètre, en laissant des herbes, en envisageant de remplacer le mur en béton par une haie, au moins sur une partie… Il faut renaturer les lieux qui nous entourent ! C'est cette proximité avec le vivant qui incitera d'autant plus à l'observer.
Il y a une phrase que j'aime beaucoup, qui dit : “Ce n'est pas dur d'être émerveillé par la Nature. Il suffit de la regarder.”
Bien sûr, il y a urgence à changer de modèle social : voter, pousser les politiques locaux et nationaux à prendre des décisions fortes, diminuer sa consommation de viande, de produits fashion ou de nouvelles technologies, ce sont les actes citoyens forts à faire à échelle collective.

8) Et justement, dans les premiers pas pour s'engager, quelle place peuvent avoir les pétitions selon vous ?

Les pétitions me paraissent surtout en premier lieu un bon moyen pour ne pas se sentir seul(e)s. Le découragement, l'anxiété écologique est forte quand on a l'impression que le reste du monde s'en fout. Donc déjà, je pense qu'une pétition fait du bien à celles et ceux qui la signent et la partagent, cela crée une communauté. Ensuite, elles peuvent avoir un impact réel sur certains sujets. Je dirais qu'au vu de la simplicité du geste à accomplir, ça ne coûte rien et ça peut être utile ! Finalement, c'est un peu comme du contenu d'influenceurs sur les réseaux : on ne sait jamais vraiment lequelle prendra de l'ampleur ou pas. Mais ça me semble être toujours la référence statistique pour peser auprès des décideurs.

9) Si vous aviez le champ des possibles qu'elle est votre grand rêve ou le projet que vous aimeriez développer avec Antenne Zoologie dans les prochaines années ?

Si je n'avais pas de contraintes, je pense simplement que je consacrerai beaucoup plus de temps à Antenne Zoologie, qui ne m'a jamais fait gagner un centime pour le moment, et donc je dois travailler à côté.
Je pourrais continuer de partir sur le terrain, rencontrer, interviewer, filmer des personnes qui travaillent à la protection de la nature pour les mettre en lumière. J'ai déjà commencé cette année avec un beau séjour très productif dans le Sud-Est de la France ! Et j'explorerai aussi plus de supports : podcasts audios, twitch,des plate-formes avec un autre public.
J'aimerais beaucoup aussi écrire des livres, adressés à des niveaux différents, pour parler du monde de la protection des animaux.

10) Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui veut s'engager mais ne sait pas par où commencer ?

De regarder ce que font les autres ! C'est tout bête, mais quelqu'un qui ne sait pas par où commencer, je lui dirais de suivre des comptes de vulgarisateurs et d'activistes, de lire, d'assimiler des idées et des informations. Et de voir ce qui matche avec ses compétences et envies. Tout le monde peut apporter quelque chose pour aider à protéger le vivant et à apaiser les relations entre les humains et leur environnement. Cela peut prendre des formes très différentes ! Dans les actions concrètes comme je disais : se rapprocher d'un centre de soins et les aider, regarder comment laisser de la place à la nature autour de soi… Et bien sûr, signer des pétitions, voter en conscience : “soyez vous-même le changement que vous voulez voir dans le monde”.

11) Comment les citoyens peuvent-ils suivre vos actions et vous soutenir ?

Antenne Zoologie se trouve facilement sur Instagram, Facebook, Youtube et Tiktok ! J'ai cité dans l'ordre les réseaux selon mon activité. Instagram est le support principal aujourd'hui, sur les autres je reposte globalement la même chose, mais tout change si vite. Me suivre, commenter, interagir, partager ça aidera énormément. Ensuite, je suis ouvert à toute aide et participation. Quand j'ai créé ce média, je ne lui ai pas donné mon nom, ce n'est pas “Raphaël wild” ou “Raphaël Zoologie” car à mon sens, tout le monde peut venir et contribuer. J'ai déjà été aidé par des amis sur du montage vidéo, sur de l'apport de contenu scientifique pour des articles, etc.
Et si vous connaissez une maison d'édition, un lieu qui peut accueillir des conférences ou des présentations sur les animaux et leur protection, n'hésitez pas à penser à moi !