Un nom corporate qui sonne comme une promesse de fraîcheur et de nature « Pure Salmon ». La réalité ? Une aberration industrielle XXL en béton armé qui menace de défigurer Le Verdon-sur-Mer, à la pointe du Médoc. Ce projet de ferme-usine terrestre, le plus grand d'Europe, ambitionne de produire 10 000 tonnes de saumon par an. Derrière ce chiffre abstrait se cache un calvaire vertigineux, environ 2 millions de poissons entassés chaque année dans des cuves artificielles.
Le compte à rebours est lancé. Le 2 juillet prochain, le Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) rendra un avis important. Bien que consultatif, ce vote pèsera de tout son poids dans la décision finale de la préfète de la Gironde. Alors que l'enquête publique s'est clôturée sous une avalanche historique d'oppositions citoyennes plus de 23 000 contributions défavorables, la préfecture s'apprête à trancher.
On oublie trop souvent que les poissons ressentent la douleur, le stress et l'anxiété. L'éthologie moderne a définitivement balayé le mythe de l'animal insensible, ce sont des êtres vivants doués de sensibilité. Dans les hangars de Pure Salmon, ces deux millions de saumons passeraient leur existence entière confinés dans des densités extrêmes, nageant en rond dans une eau recyclée en continu sous une lumière artificielle constante. Ils seront totalement privés de la possibilité d'exprimer leurs comportements naturels de poissons migrateurs.
La technologie choisie pour ce projet dépend entièrement d'une alimentation électrique ininterrompue et d'une injection massive d'oxygène. Le moindre bug informatique, la moindre panne de courant ou une défaillance du système de filtrage, et c'est l'asphyxie immédiate.
À l'heure des canicules à répétition, des sécheresses et de la raréfaction de l'eau douce, le projet prévoit de pomper chaque jour environ 6 500 m³ d'eau dans les nappes phréatiques profondes. C'est l'équivalent de près de trois piscines olympiques extraites quotidiennement du sol, avec un risque majeur d'infiltration d'eau salée dans nos réserves d'eau potable.
Le 2 juillet : Ne laissons pas le silence l'emporter
La mobilisation citoyenne a déjà commencé et une pétition a été lancée sur ce sujet. Partagez-la autour de vous et interpellez les élus.
