Elle avait survécu à un piège. Traversé la France. Parcouru près de 500 kilomètres en quête d'un territoire où s'installer. Son histoire avait ému des milliers de personnes.
Aujourd'hui, Pomme est morte.
Cette jeune louve, capturée accidentellement en Normandie au printemps avant d'être relâchée dans les Alpes, a été abattue dans le cadre d'un tir de défense. Une décision qui suscite une immense indignation, tant les circonstances interrogent.
Pourtant, elle avait bénéficié d'une seconde chance.
Lorsque Pomme est découverte prise dans un piège destiné à un autre animal, sa survie est loin d'être acquise. Soignée puis relâchée par les équipes de l'Office français de la biodiversité, elle retrouve sa liberté avec un collier GPS permettant de suivre ses déplacements.
Pendant plusieurs semaines, la jeune louve parcourt montagnes et vallées. Son voyage fascine les naturalistes comme les amoureux de la faune sauvage. Elle semble enfin trouver un territoire où s'établir.
Mais cette liberté sera de courte durée. Dans la nuit du 16 au 17 juillet, Pomme est abattue dans les Alpes-de-Haute-Provence à la suite d'un tir de défense déclenché après une attaque sur un élevage.
L'affaire ne s'arrête pas là.
Selon l'association One Voice, les données du collier GPS de Pomme indiqueraient qu'elle ne se trouvait pas à proximité du troupeau au moment des faits. L'association estime donc que rien ne permet d'affirmer que cette jeune louve était responsable de l'attaque ayant conduit à son abattage et annonce vouloir déposer plainte afin que toute la lumière soit faite sur cette décision.
Si ces éléments étaient confirmés, cela signifierait qu'un animal protégé aurait été tué alors même qu'il n'était peut-être pas l'auteur des dégâts qui lui étaient reprochés.
Le cas de Pomme illustre un débat qui dépasse malheureusement son seul destin.
En France, les loups restent régulièrement victimes de tirs dérogatoires, malgré leur statut d'espèce protégée. Chaque année, les tensions entre protection de la biodiversité et défense des élevages conduisent à des autorisations d'abattage qui divisent profondément.
Pour de nombreuses associations de protection animale, ces politiques ne permettent pas une coexistence durable entre activités humaines et les grands prédateurs. Elles demandent davantage de prévention, un renforcement des moyens de protection des troupeaux et une remise en question des tirs létaux.
Pomme ne reviendra pas.
Mais son histoire rappelle combien la protection des loups reste fragile en France.
Si, vous aussi, vous souhaitez demander une meilleure protection de ces animaux et mettre fin aux attaques répétées contre cette espèce emblématique, vous pouvez signer la pétition portée par One Voice sur MCA.
