Un loup strictement protégé a été froidement abattu en plein cœur du Cantal, et le tireur pourrait s'en sortir avec une simple tape sur les doigts. Face à cette parodie de justice et à l'impunité grandissante face au braconnage, nous relayons l'appel urgent d'un collectif d'associations pour exiger une véritable condamnation pénale. Le 31 janvier 2026, lors d'une battue aux renards organisée sur la commune de Laveissenet, un chasseur a abattu un loup mâle. Lorsqu'il s'est finalement dénoncé aux autorités, sa justification a provoqué l'indignation générale de tous les défenseurs du vivant : il aurait confondu sa cible avec un renard.

Cette fable est purement et simplement scandaleuse tant la différence de taille, de couleur et de morphologie entre un loup, qui peut peser plus de trente kilos, et un renard est manifeste. Tirer sans certitude absolue sur un animal sauvage relève d'une grave négligence et d'un danger inacceptable, non seulement pour la faune, mais aussi pour les autres usagers de la nature. Comment peut-on justifier une telle erreur de tir quand on est censé détenir une arme létale en toute responsabilité ? Le plus révoltant dans cette affaire reste la réaction judiciaire qui se profile : il serait sérieusement question de clôturer ce dossier par un simple « rappel à la loi ».

C'est une absurdité totale et une insulte au droit de l'environnement, le loup (Canis lupus) bénéficiant d'une protection stricte en droit français et européen. Banaliser cet acte de braconnage caractérisé envoie un signal désastreux. Cela revient à laisser penser à certains individus armés que tuer une espèce protégée en France ne coûte absolument rien sur le plan pénal. Nous refusons catégoriquement que la mort de ce loup sombre dans l'indifférence et vienne grossir la triste liste des destructions illégales impunies.

Face à ce massacre inacceptable, Animal Cross, l'ASPAS, FERUS, le Pôle Grands Prédateurs, la SFEPM et de nombreuses autres organisations de protection de la faune ont publié un communiqué interassociatif commun pour faire front. Des plaintes ont été déposées pour exiger que la loi soit enfin appliquée avec la plus grande fermeté et que ces actes de destruction cessent d'être minimisés par les tribunaux. Il est grand temps que la justice française prenne la mesure des atteintes portées à notre biodiversité.