À Majorque, un homme a volontairement jeté son chien, encore vivant, dans une benne à ordures. L'animal, retrouvé après avoir été entendu gémir par des éboueurs, était dans un état de santé catastrophique. Condamné à six mois de prison pour maltraitance animale, son interdiction de détenir des animaux a pourtant été réduite à deux ans en appel.
C'est au petit matin, en 2021, dans la commune de Pollença, que des agents chargés de la collecte des déchets ont découvert le chien. Alertés par ses gémissements, ils ont immédiatement prévenu la police locale. À l'intérieur de la benne se trouvait un setter anglais, abandonné alors qu'il était toujours en vie.
Son état était particulièrement alarmant. L'animal souffrait notamment de leishmaniose, de nombreuses plaies, d'une importante fonte musculaire et de graves problèmes cutanés. Une blessure à l'œil droit lui a également fait perdre définitivement la vue de cet œil.
Son propriétaire a été condamné par le tribunal correctionnel de Palma à six mois de prison pour maltraitance animale.
En appel, sa défense a notamment soutenu qu'il pensait que le chien était déjà mort lorsqu'il l'avait jeté dans la benne. Un argument qui n'a pas été retenu par la justice. Les éléments du dossier ont établi qu'il connaissait l'état critique de l'animal et le risque qu'il meure en l'absence de soins.
La peine de six mois de prison a donc été maintenue. Mais la décision réserve une issue particulièrement difficile à comprendre : l'interdiction de détenir des animaux, initialement fixée à trois ans, a été ramenée à deux ans.
Autrement dit, malgré les faits, cet homme pourra à nouveau détenir un animal une fois cette période écoulée.
Comment comprendre qu'une personne condamnée pour avoir abandonné un animal vivant dans une poubelle puisse retrouver, à terme, le droit d'en détenir un autre ?
Trois ans d'interdiction semblaient déjà dérisoires au regard du calvaire subi par ce chien. La réduire à deux ans signifie qu'une fois cette période passée, rien ne l'empêchera en principe d'accueillir à nouveau un animal.
Laissé vivant dans une benne à ordures, gravement malade et blessé, il aurait pu mourir dans des conditions atroces sans l'intervention des éboueurs.
Le chien, lui, a finalement été retiré à son propriétaire et placé définitivement sous la protection d'une structure spécialisée.