C’est un dossier noir qui vient d'être mis sur la table et qui secoue l’île de La Réunion. Le collectif AZIR974, qui regroupe dix associations de protection animale, vient de taper du poing sur la table en envoyant un courrier glacial au sous-préfet. Les photos jointes au dossier coupent le souffle : on y voit des chiens de chasse perdus ou abandonnés en pleine forêt, le museau littéralement saucissonné pour les empêcher d'abîmer le gibier.

Les détails donnés par les bénévoles sont révoltants. Pour museler leurs animaux, certains chasseurs n'hésitent pas à utiliser des lacets ou même du fil de fer serré à l'extrême. Résultat : les chiens se retrouvent dans l'incapacibilité totale de boire ou de se nourrir. Condamnés à errer dans les hauts de l'île, ils finissent par mourir de faim et de soif dans des souffrances terribles. Le collectif ne mâche pas ses mots et parle ouvertement d’actes de cruauté.

Les signalements se multiplient ces derniers mois et dressent un bilan terrifiant. En décembre dernier, un chien nommé Mattis a été découvert squelettique et blessé à la Plaine-des-Palmistes, alors que la chasse était fermée. Fin janvier 2026, un beagle a été sauvé au Maïdo, la tête complètement boursouflée par une muselière trop serrée. En mars, c'est un épagneul terrorisé qui a été récupéré aux Makes avec un lacet lui bloquant la mâchoire. Plus récemment, d'autres chiens dans le même état ont été repérés au col de Bélouve et à Sainte-Anne.

Le pire dans cette affaire, c'est que ces pratiques barbares seraient parfois carrément assumées par les chasseurs eux-mêmes sur des groupes Facebook spécialisés, captures d'écran à l'appui. Pour couronner le tout, la plupart de ces animaux ne sont pas identifiés, n'ont aucun suivi vétérinaire et sont utilisés pour du braconnage en dehors des périodes légales.

Face à ce qu'il décrit comme un sentiment d'impunité généralisé dans ce milieu, le collectif AZIR974 demande à l'État de réagir d'urgence. Les associations réclament des contrôles stricts sur le terrain, une répression sévère pour faire des exemples et la mise en place de campagnes de sensibilisation. À ce jour, les autorités n'ont pas encore rendu de réponse publique. Une chose est sûre : le regard posé sur ces dérives ne sera plus jamais le même.

Une pétition a été lancée pour mettre un terme à cette pratique signez-la juste ICI.