Calvaire silencieux à Alençon (Orne). Ce jeudi 17 septembre 2026, deux hommes âgés de 40 et 63 ans ont comparu devant le tribunal correctionnel pour des faits de sévices graves et d'actes de cruauté envers leurs cinq chiens et cinq chats. L'affaire, mise en délibéré, verra sa décision rendue le 22 octobre prochain.

Une découverte fortuite au milieu de l'immondice

Les faits remontent au 2 novembre 2025. À l'origine, les forces de l'ordre interviennent en pleine nuit pour un individu alcoolisé retranché à son domicile. Une fois sur place, les policiers découvrent un logement dans un état d'insalubrité extrême, classé ultérieurement par un expert comme impropre à la location.

À l'intérieur, le constat sanitaire est accablant : dix animaux sont entassés dans l'obscurité. Un chien est découvert dans un état de maigreur extrême, tandis que plusieurs chats sont enfermés dans des cages saturées d'urine et d'excréments, sans le moindre point d'eau accessible. Selon la SPA, représentée à l'audience, l'ensemble des animaux présentait des pathologies lourdes laissées sans soins : otites chroniques, lésions dentaires et griffes démesurément longues.

À la barre, les deux prévenus ont reconnu la dégradation de leurs conditions de vie tout en niant toute violence physique intentionnelle. Affirmant qu'il leur arrivait de se priver de nourriture pour subvenir aux besoins de leurs bêtes, ils ont plaidé la bonne foi et mis en avant un récent déménagement vers un logement propre.

Une ligne de défense écartée par la représentante du ministère public, Lucie Bougard, rappelant qu'aimer un animal implique impérativement d'avoir la capacité financière et matérielle d'assumer son bien-être au quotidien. Le parquet a requis quatre mois d'emprisonnement pour le plus jeune prévenu, ainsi qu'une amende de 600 euros couplée à une interdiction de détention d'animaux durant cinq ans pour son coprévenu, en plus de la confiscation définitive de l'ensemble des victimes.

Mais rappelons-le, aujourd'hui une interdiction de détention d'animaux ne sert à rien, car sur le terrain, rien ne  permet aux refuges de savoir si le futur adoptant est frappé par cette interdiction. Si vous ne l'avez pas encore fait, rejoignez les 160 000 personnes qui demandent la création d'un fichier accessible aux professionnels afin d'éviter aux auteurs de maltraitance de récidiver. Je signe la pétition