Pour de nombreux passants, c’est une image presque romantique. Une calèche tirée par un cheval qui trotte au pas sur les pavés d’une vieille ville, ou des petits ânes guidant les touristes au cœur des centres historiques.
Mais si l’on baisse les yeux et qu’on regarde la réalité en face, le décor de carte postale s'effondre pour laisser place à un véritable cauchemar. Travailler des heures durant sur un sol brûlant en plein été, respirer les pots d’échappement, subir le stress permanent des klaxons, de la foule… Les animaux exploités pour les visites touristiques dans nos villes paient un tribut lourd à notre divertissement.
Marcher des kilomètres sur du goudron dur détruit prématurément les articulations et les sabots de ces animaux, conçus pour évoluer sur des sols meubles (terre, herbe). Lors des pics de chaleur estivaux, la réverbération du bitume transforme les rues en véritables fournaises. Forcer un animal à tracter des charges lourdes dans ces conditions, tout en inhalant de la pollution de trafic à pleins poumons, frôle la cruauté.
Un cheval ou un âne, même parfaitement dressé, reste un animal qui peut paniquer face à un bruit soudain ou un comportement imprévu d'un automobiliste. Les accidents de calèche en pleine rue ne sont pas rares et mettent en danger la vie de l'animal comme celle des passants. On nous parle souvent de « patrimoine » ou de « folklore ». Mais la maltraitance ne devient pas acceptable sous prétexte qu'elle est ancienne. Aujourd'hui, notre société évolue.
Face à cette souffrance banalisée, une citoyenne vient de lancer une pétition sur MCA adressée directement aux Maires de France, pour mettre un terme à ces pratiques. Plusieurs grandes villes mondiales (comme Barcelone, Rome, ou encore Chicago et Montréal) ont déjà franchi le pas en interdisant ou en limitant drastiquement les calèches dans leurs centres-villes. Qu'attend la France pour s'engager sur cette voie ?
Signez et relayez l'appel de Violette
Chaque nouvelle saison touristique qui commence est une saison de trop pour ces animaux épuisés dans nos rues. Nous avons le pouvoir de faire bouger les lignes en interpellant directement nos maires. Un tourisme digne du XXIe siècle doit être respectueux de la vie sous toutes ses formes.
